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Belgique

"Georges-Louis Bouchez a été d’une clarté totale par rapport aux thèses puantes de l’extrême droite devant l’opinion flamande"

L'invité de Matin Première : Louis Michel

Débattre avec l’extrême droite sur un plateau télévisé ?

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26 avr. 2022 à 07:10 - mise à jour 26 avr. 2022 à 11:463 min
Par A. Dulczewski avec T. Gadisseux

Georges-Louis Bouchez, président du MR, aurait-il brisé le cordon sanitaire en débattant avec le président du Vlaams Belang sur une chaîne flamande ? La question s’est posée la semaine dernière. Interviewé par La Première ce mardi matin, Louis Michel est revenu sur le sujet. Louis Michel était en effet le président des libéraux lors de la signature de ce code de bonne conduite par les partis démocratiques francophones. Un code qui précisait qu’il fallait refuser de débattre avec un parti d’extrême droite.

Un élément déterminant dans le fait qu’il n’y ait pas de parti d’extrême droite côté francophone

Mais pour Louis Michel, "Georges-Louis Bouchez n’a commis aucune faute", insiste-t-il, puisqu’il "n’a pas débattu dans l’espace francophone. Il s’est exprimé devant l’opinion flamande, un espace où il n’y a pas de cordon sanitaire." Ainsi, "Georges-Louis Bouchez a débattu avec ce personnage (Tom Van Grieken) et a dézingué son discours. Et il a été d’une clarté totale par rapport aux thèses puantes de l’extrême droite devant l’opinion flamande."

L’ancien président des libéraux admet cependant qu’il n’aurait lui-même "sans doute pas débattu avec l’extrême droite", expliquant avoir lui-même "une position d’une radicalité totale vis-à-vis de l’extrême droite."

Les autres partis ont demandé au MR de clarifier sa position par rapport au cordon sanitaire suite à cette affaire. Mais Louis Michel "ne voit pas pourquoi il y aurait des raisons d’isoler le MR." Selon lui, "le MR est même sans doute encore plus convaincu de l’utilité cordon sanitaire que les autres partis."

Selon Louis Michel, il faudrait néanmoins "sans doute ajouter des éléments dans ce texte, comme les nouvelles menaces". Ainsi, souligne-t-il, "il est clair que les dérapages des réseaux sociaux sont un danger gravissime pour la démocratie. Et le fait que des partis religieux – intégristes – puissent participer à une élection ou participer au débat public, c’est tout aussi horrifiant que l’extrême droite. Il faudrait donc ajouter ça au texte".

Louis Michel insiste sur l’importance fondamentale du cordon sanitaire : "Je crois que le cordon sanitaire politique et médiatique a été un élément déterminant dans le fait qu’il n’y ait pas de parti d’extrême droite côté francophone. Bien sûr qu’il faut le garder. Et Georges-Louis Bouchez est totalement d’accord avec ça."

Elections françaises

Ancien ministre des Affaires étrangères et commissaire européen, Louis Michel est également revenu sur les résultats de l’élection présidentielle en France. Il a défendu Emmanuel Macron, réélu président, face à ses critiques. "Je pense que les gens ont eu peur face aux différentes crises que l’on a connues", explique-t-il. "Et quand les gens ont peur, le premier sur lequel on tape, c’est le président".

Il est arrogant parce qu’il est plus malin que vous

Louis Michel a vanté les qualités d’Emmanuel Macron. "Il est l’un des rares présidents qui aime aller débattre sur le terrain. Macron parle avec les gens. Mais il respire tellement l’intelligence, la connaissance technique que ça donne l’impression qu’il a toujours raison". Macron n’a cependant pas toujours fait preuve du plus grand sang froid et, à plusieurs reprises, il a sorti des petites phrases piquantes qui n’ont pas été appréciées. Des phrases telles que "Je traverse la rue et je vous en trouve du travail", s’adressant aux chômeurs. Mais pour Louis Michel, cela montre juste que "les hommes politiques ont les mêmes défauts que vous. Ils ont aussi le droit de relâcher la vapeur".

L’ancien président des libéraux a également comparé Georges-Louis Bouchez à Macron. "Ce sont deux hommes extrêmement brillants", souligne-t-il. Ajoutant que : "Quand on est brillant comme ça, on suscite très souvent l’envie. Et quand on ne sait pas attaquer quelqu’un sur le fond, on l’attaque en disant qu’il est arrogant. Mais il est arrogant parce qu’il est plus malin que vous."

Selon Louis Michel, "la situation en France n’est guère différente à ce qu’on vit chez nous. Il y a des peurs qui sont réelles et justifiée : le Covid, la guerre en Ukraine et la question lancinante du pouvoir d’achat." Dans ce contexte, ajoute-t-il, "le pouvoir d’achat doit devenir la priorité des priorités. Les autorités doivent adopter des mesures."

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