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Gel de l’indexation ou grille contraignante des loyers : de vraies solutions pour le logement?

17 mai 2022 à 08:49 - mise à jour 17 mai 2022 à 09:55Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Selon l’observatoire des loyers, entre 2004 et 2018, la hausse a été de 20% en plus de l’indexation légale. C’est évidemment bien plus que la hausse des revenus. Alors que faire pour maîtriser la hausse des loyers ? Geler l’indexation ou mettre en place une grille contraignante pour les réguler?
QR l’actu fait le point sur cette thématique avec 
José Garcia, secrétaire général du syndicat des locataires, et Olivier de Clippele, vice-président du syndicat des propriétaires et copropriétaires.

Grille contraignante des loyers ?

Actuellement, des grilles de loyers existent, mais elles restent purement indicatives. Le syndicat des locataires souhaiterait que ces grilles deviennent rapidement contraignantes afin d'éviter les abus qui seraient légion :" Ce système permettrait d’éviter que certains propriétaires ne fixent le prix du loyer à la tête du client, ou simplement sur le bon vouloir du bailleur ".

En France, les logements sont classés en fonction de certains critères, et pour chaque catégorie, il existe des prix maximum à ne pas dépasser. Pour le syndicat des propriétaires, l’exemple français n’est clairement pas à suivre : 

"Ceux qui veulent une grille contraignante selon l’exemple de la France doivent savoir que les prix sont en moyenne plus élevés que chez nous. Les particuliers investissent peu dans l’immobilier alors que chez nous, on signe chaque année près de 200.000 baux privés... Cela représente 200.000 propriétaires qui font confiance à leurs investissements, ainsi qu'à leurs locataires. Il ne faut pas rompre cette confiance. En France, on a dérégulé le marché et on a fait fuir les propriétaires ".

Aide aux locataires ?

Quand la pression sur les locataires est trop forte comme dans les grandes villes et particulièrement à Bruxelles, Olivier de Clippele plaide pour une 'allocation loyer' qui puisse venir en aide aux locataires. De son côté, José Garcia estime qu’il faudrait surtout revoir nettement à la hausse le nombre de logements sociaux, ce qui, à l’entendre, aurait un effet bénéfique sur l’ensemble des prix des locations.

Et comme l'indique le syndicat des propriétaires, il faut compter sur le privé pour régler cette pénurie de logements sociaux via les immobilières sociales (AIS). " A Bruxelles, les propriétaires qui confient leurs biens à une AIS se voient exonérer du précompte immobilier. La formule fonctionne puisqu’ils sont près de 7.000 à avoir fait ce choix. Il faut savoir que depuis la création de la région bruxelloise, il y a près de 30 ans, il n’y a pas eu d’augmentation significative du nombre de logements sociaux... Et sur la même période, le privé a créé près de 100.000 logements ".

Gel de l’indexation de loyers ?

Si les propriétaires souhaitent indexer les loyers, José Garcia plaide pour que cet argent soit investi dans l’amélioration des logements. " Nous demandons également que cette indexation soit réduite à 2% ".

Pour le syndicat des propriétaires, le gel de l’index ne serait pas une bonne solution. " Cela va aggraver la situation parce que si vous faites des sauts d’index, les jeunes qui eux doivent trouver un logement pour la première fois, vont avoir des loyers nettement plus élevés. Je souligne aussi que l’indexation fait partie de notre culture. Si l'on remet en cause l’indexation des loyers, on remettra également en cause l’indexation des salaires. Et puis enfin, si l'on gèle l’indexation des loyers, alors il faut bloquer également les baux sinon vous poussez les propriétaires à chercher de nouveaux locataires. Bloquer et geler, tout cela va amener à une crise du logement comme en 76-77 ".

 

 

 

 

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