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Politique

Gaz, électricité, mazout et carburants : 300 euros d’économie par foyer, selon le gouvernement

Énergies : nouveau train de mesures d aide - est-ce suffisant?

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Ce mardi matin, le gouvernement a présenté, en conférence de presse, les détails des mesures adoptées pour alléger les factures énergétiques des ménages, suite à la flambée des prix de l’énergie.

C’est lundi soir, vers 23h00, que le gouvernement, réuni en comité restreint, est parvenu à un accord.

La TVA sur l’électricité, déjà réduite précédemment, sera prolongée jusqu’à fin septembre.

Le gaz se verra aussi appliquer une TVA réduite à 6% à partir du mois d’avril et jusqu’à la fin septembre.

Pour les personnes qui se chauffent au mazout, une réduction de 200 euros s’appliquera à la facture. Même chose pour celles se chauffant au gaz propane.

Les carburants à la pompe, essence et diesel, feront l’objet d’une réduction des accises de 0,175 euro par litre. Selon les calculs du gouvernement, cela représenterait une diminution de 10 euros sur un plein de 60 litres. Un système de cliquet inversé doit intervenir à partir d’un 1,7 euro/litre. Une évaluation est prévue à la mi-juin.

Quant au tarif social élargi, dont bénéficie un ménage sur cinq, il est prolongé jusqu’au 30 septembre. Le coût total des mesures est évalué à 1,3 milliard d’euros. Ce coût est financé en grande partie par les recettes fiscales supplémentaires induites par la hausse des prix, soit 1,08 milliard d’euros. "On rend plus que les recettes fiscales additionnelles perçues", a précisé le Premier ministre, Alexander De Croo.

Cet effort s’ajoute au 1,1 milliard d’euros de soutien décidé en février.

Réduction des accises sur l’essence et le diesel dans les prochains jours

Les prix à la pompe, c’est l’un des points sur lesquels le gouvernement s’est mis d’accord pour agir afin d’alléger "le poids qui repose sur les épaules des ménages et des entreprises", comme l’a expliqué le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V).

"Aussi vite que possible, nous allons baisser les accises sur l’essence et le diesel de 0,175 euro par litre", a expliqué le ministre des Finances. Selon les calculs de ce dernier, cela représente une diminution "pour un litre, d’environ 9%", soit "pour un plein de 60 euros, une réduction de 10,50 euros".

Cette diminution des accises sera d’application "aussi vite que possible", selon Vincent Van Peteghem. L’arrêté doit encore être signé par le roi et publié, "d’ici le week-end", espère le ministre des Finances. "Cela veut dire que ces mesures interviendront plus vite qu’en France et qu’aux Pays-Bas, où cela se fera le 1er avril", a ajouté le Premier ministre, Alexander De Croo.

Le coût de cette mesure est de 2 millions d’euros par jour pour le diesel et de 1,26 million d’euros par jour pour l’essence. Un système de cliquet sera mis en place, selon lequel les accises reprendront en cas de baisse de prix dès que le prix maximum repassera sous les 1,7 euros par litre.

Une évaluation est prévue à la mi-juin 2022, puis un suivi mensuel sera effectué.

200 euros pour ceux qui se chauffent au mazout ou au propane

Dans la logique de la réduction de 100 euros accordée sur la facture d’électricité, le gouvernement prévoit une réduction de 200 euros pour les ménages qui se chauffent au mazout ou au propane. C’est plus le cas en Wallonie qu’en Flandre. Le gouvernement estime à 21% le pourcentage de ménages qui utilisent le mazout.

C’est en principe le fournisseur de propane ou de mazout qui déduira de la facture d’achat la prime de 200 euros. Ce principe a déjà été utilisé en 2005. "Ce mécanisme de 2005 sera dupliqué", a expliqué Pierre-Yves Dermagne (PS), ministre de l’Economie et du Travail. Pas de panique pour ceux qui ont déjà acheté du mazout ou du propane cette année. "On tient compte d’un élément de rétroactivité. Toutes celles et tous ceux qui ont commandé du mazout et du propane depuis le premier janvier 2022 bénéficieront de cette prime", a ajouté Pierre-Yves Dermagne.

Après l’électricité, le gaz bénéficie aussi d’une TVA de 6%

Le précédent paquet de mesures "énergies" adopté par le gouvernement en février avait abaissé à 6% la TVA sur l’électricité. Au vu de l’évolution de la situation sur les marchés de l’énergie, cette mesure est prolongée jusqu’à la fin septembre.

Le gaz se verra aussi appliquer, jusqu’à fin septembre, un taux de TVA de 6%.

Ces mesures sont jugées nécessaires par le gouvernement en raison du caractère irrationnel des marchés du gaz et de l’électricité. "Les prix que nous voyons aujourd’hui pour l’électricité et le gaz ne reflètent pas la réalité", a estimé la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen). Selon elle, il n’y a pas de pénurie qui justifierait une telle flambée des prix.

C’est aussi le point de vue partagé par le Premier ministre, Alexander De Croo. Celui-ci a déjà plaidé, la semaine dernière, au sommet européen de Versailles pour que l’Europe prenne des mesures. Il attend à présent des propositions de la Commission européenne. Elle travaille actuellement sur trois éléments, a précisé le Premier ministre, "les surplus financiers des producteurs, des achats groupés de gaz au niveau européen et regarder comment fixer un plafond aux prix""Le marché libre est le meilleur système", a précisé Alexander De Croo, "mais quand ce marché libre devient fou, il faut agir".

Des aides pour les entreprises

Les entreprises sont aussi touchées par les conséquences de la guerre en Ukraine et par le dysfonctionnement des marchés de l’énergie et des matières premières.

Conscient de cela, le gouvernement a aussi décidé de prolonger le "chômage temporaire Corona", "en fait un chômage temporaire de force majeure", a précisé Pierre-Yves Dermagne, le ministre de l’Economie et du Travail. Ce sera le cas jusqu’à la fin juin. "C’était important, c’était une demande des partenaires sociaux", a ajouté le ministre.

"Beaucoup d’entreprises vont être impactées dans leur compétitivité", a précisé David Clarinval (MR), ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME.

La Banque Nationale et les partenaires sociaux chargés de repérer les difficultés à venir

La crise accentuée par la guerre en Ukraine risque de multiplier les difficultés pour les entreprises belges et pour l’économie du pays.

Le gouvernement associe donc la Banque Nationale et les partenaires sociaux à une sorte de mission de surveillance. "Une réflexion avec la Banque Nationale et les partenaires sociaux pour identifier les impacts de ces crises sur le fonctionnement de nos entreprises et chercher des mesures d’accompagnement", a expliqué le ministre Dermagne.

Les tensions sur les marchés des matières premières et les risques de pénurie laissent en effet entrevoir les importants défis que devront relever les entreprises dans les prochaines semaines et prochains mois.

"Dans trois semaines, nous n’aurons plus d’huile de tournesol en Belgique. Cela veut dire que les entreprises qui fabriquent, par exemple, des frites, vont devoir changer leur production et cela nécessitera des adaptations si l’on veut continuer à exporter des frites et des pommes de terre", a donné en exemple David Clarinval, le ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME. 

Les autres exemples donnés qui compliqueront la vie des entreprises sont l’augmentation du prix de la tonne de fer, passé de 600 euros à, aujourd’hui, 1600 euros, et la multiplication par trois du prix des engrais azotés.

Les tarifs de la SNCB n’augmenteront pas au 1er juillet

Confrontée aussi à la hausse des prix de l’énergie, la SNCB souhaitait augmenter ses tarifs de 4,5% dès le 1er juillet prochain. Ce ne sera pas le cas.

Le gouvernement fédéral a décidé que la SNCB n’appliquerait pas cette augmentation. En revanche, l’Etat fédéral prendra la différence à sa charge et versera une compensation à la SNCB, soit un montant estimé à 13 millions d’euros en 2022, a expliqué le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo). 

"Le train est plus que jamais une solution pour une mobilité bonne et bon marché", a ajouté Georges Gilkinet. Cette mesure permettra "aux prix du train de rester stable et, par rapport à l’augmentation des carburants, d’être encore plus concurrentiels", a précisé le ministre Ecolo.

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