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Gaston, un petit Belge de 4 mois, bientôt illégal dans son propre pays!

08 févr. 2020 à 09:00Temps de lecture12 min
Par Anne-Sophie Bruyndonckx

L'histoire d'amour qui unit Pierre et Adrien est de celles qui soulèvent des montagnes. Et de montagnes, il en est drôlement question dans ce récit. Autant vous le dire dès le début : si vous allez jusqu'au bout, vous n'aurez pas de happy end. Pas encore. Car l'infinie patience et la persévérance dont ces deux papas ont fait preuve pour fonder leur famille sont une nouvelle fois mises à rude épreuve aujourd'hui. Mais l'espoir qui les anime sera notre fil rouge. Et si un gros point d'interrogation demeure quant au moment où tout ceci se terminera, "à refaire, on le referait deux fois!", affirment-ils, un grand sourire aux lèvres.

Leur fils, Gaston, est né le 12 octobre 2019 en Californie. Il dispose donc d'un passeport américain, en vertu du droit du sol existant aux Etats-Unis. La petite famille est de retour au plat pays depuis le 16 novembre dernier. Et depuis le 16 novembre, Gaston vit avec ses parents. En Belgique. Mais sous visa touristique. Qui expire donc au bout de 3 mois.

Faites les comptes, allez-y! Vous y êtes? Absolument, vous avez raison! Le 16 février 2020, le visa de Gaston ne sera plus valable. Tic, tac, tic tac. C'est dans une semaine. "Mais Gaston est Belge!", me direz-vous? Eh bien oui ... et non. Oui car ses deux parents le sont. Ils sont nés en Belgique, ont toujours vécu en Belgique, travaillent en Belgique, paient leurs impôts en Belgique. Mais non, car la commune où résident Pierre et Adrien refuse d'inscrire leur fils dans ses registres. Sans numéro de registre national, pas non plus de sécurité sociale. Alors que se passe-t-il?

Vous l'aurez peut-être deviné ou compris. Gaston est né suite à processus de Gestation Pour Autrui (GPA) réalisé aux Etats-Unis. Isabel est la femme qui l'a porté pendant quasi neuf mois. Elle est Américaine. C'est en quelque sorte la cigogne qui s'est posée sur le toit de ses papas.

Face à l'absence de loi encadrant la GPA en Belgique, l'agent de l'état civil rencontré par Pierre et Adrien ne savait pas quoi faire. Ou plutôt, il avait peur de mal faire. Alors, il a décidé de ne rien faire. L'affaire a donc été renvoyée devant le Procureur du Roi. Et celui-ci n'a pas reconnu la validité des documents officiels remis par les deux hommes. Des documents pourtant délivrés par un tribunal américain et valables chez nous en vertu d'accords internationaux. Le Procureur ne reconnait pas non plus la paternité du papa se trouvant sur le certificat de naissance de Gaston. Alors que celui-ci est bien le père biologique du petit. Pour la famille de Gaston, c'est l'incompréhension. Voici leur histoire.

"Let's do it!"

Pierre et Adrien sont ensemble depuis plus de 6 ans. Ils se marient à l'été 2017 et se décident à fonder une famille. La GPA, ils en ont déjà entendu parler par des amis. Ils savent que c'est un processus long et compliqué. Ils savent également que la Belgique n'a pas légiféré sur la question. Et que de ce point de vue là aussi, l'aventure dans laquelle ils se lancent risque d'être semée d'embuches.

Qu'à cela ne tienne! Ils veulent devenir pères. Ils ne voient pas pourquoi ils ne le pourraient pas. Ils sentent que leur couple est fort et prêt à affronter tout cela. Ils se renseignent, en parlent à leur famille, leurs amis. Epluchent des tonnes de documents, fouillent des multitudes de sites Internet. Et se disent "Let's do it"!

"C'était inconnu pour nous, donc on a vraiment du au début apprendre à connaître qui faisait quoi. Et qui pouvait nous aider pour quoi surtout", explique Pierre. "On a assez vite souhaité mettre des priorités", enchaine Adrien. "Et ce qui était le plus important, pour nous, c’était l’aspect médical de la chose. On voulait maximiser nos chances de réussite et avoir un enfant en bonne santé." C’est pourquoi Pierre et Adrien se tournent vers les Etats-Unis. Un pays qui a plusieurs années d’expérience en matière de GPA. Les règles sont claires. Le processus sûr. Les documents officiels et légaux. De plus, on y trouve de nombreuses agences de mères porteuses, des donneuses d'ovocytes, et des hôpitaux.

Leur choix se porte alors sur l'ORM Fertility Center de Portland, en Oregon. ORM pour Oregon Reproductive Médicine. Le centre a très bonne réputation et possède le deuxième meilleur taux de réussite du pays en matière de GPA. Pierre sort une grosse farde de la bibliothèque. "Ca ce sont nos papiers Ce sont tous les documents, ce qu’on a depuis le début", explique-t-il. "On s’est dit on garde tout, parce que ça vaut la peine. Même pour nous." Dans la pile d'une dizaine de centimètres de feuilles, il s'arrête au chapitre ORM, et poursuit. "Quand on est arrivé la première fois à Portland, c'était le 1er mars 2018. Et voici ce qu'on a reçu : notre agenda de la journée." De 9h à 15h, tout est balisé : tests sanguins, tests d'urine, consultation avec le Docteur Bankowski, don de sperme, etc.

Visite à l'ORM Feritlity Center

Portland, centre-ville
Portland, centre-ville Anne-Sophie Bruyndonckx

Nous sommes dans les quartiers bourgeois de Portland, non loin du centre-ville. Les avenues sont larges. Les façades plutôt chics. Sur un coin, l’ORM Fertility Center ressemble plus à un hôtel qu’à un hôpital. Dans la salle d’attente : des canapés confortables, de la musique très lounge, quelques plantes. Six médecins, spécialistes de la fertilité, travaillent ici. On y trouve des laboratoires, des salles d'opération et de nombreux bureaux. Nous avons rendez-vous avec le Docteur Brandon Bankowski. La cinquantaine, les cheveux bien coiffés et les dents ultra blanches. Il travaille ici depuis 2005. "Nous étions alors environ 25. Et aujourd'hui, notre équipe est d'environ 150 personnes." Le Docteur Bankowski est très accueillant. C'est lui qui a suivi Pierre et Adrien. "Nous voyons des patients d'ici, de partout aux Etats-Unis et d'une trentaine de pays à travers le monde. Nous faisons à peu près 500 transferts de GPA par an. La GPA représente la moitié de mes consultations."

L'ORM Fertility Center de Portland, Oregon.
L'ORM Fertility Center de Portland, Oregon. Anne-Sophie Bruyndonckx

L'ORM Fertility Center dispose aussi d'un programme de dons d'ovocytes. Les candidates y sont triées sur le volet. "Les donneuses d’ovocytes ont dans la vingtaine et n’ont en général pas d’enfants. Elles doivent passer des tests psychologiques et génétiques, et se faire dépister d’éventuelles maladies infectieuses. On fait 3 tests de qualité différents sur leurs ovocytes. Et on accepte environ 6% des donneuses qui postulent." Précisions importantes pour le Docteur Bankowski : leur casier judiciaire est passé au peigne fin. Et comme tout se monnaie sérieusement aux Etats-Unis, ces donneuses sont bien évidemment payées. Comptez entre 7000  et 10 000 dollars pour un cycle complet allant de la prise de médicaments à l'opération de prélèvement. A noter que chez ORM, les ovocytes ne sont pas congelés. Les médecins travaillent avec des œufs frais. Ils estiment avoir un meilleur taux de réussite en procédant de la sorte. Il n’y a donc pas de banque d’ovocytes. Mais un fichier de donneuses potentielles mis à disposition des patients. "On leur donne en fait un mot de passe spécial pour accéder à une base de données cryptée", explique Brandon Bankowski. "Actuellement il doit y avoir 50 ou 60 donneuses disponibles. Les parents voient des photos des donneuses, ils voient leur historique médical, familial. Ils voient pourquoi elles veulent devenir donneuses, ce qu’elles ont étudié à l’école, quelle mention elles ont reçue, quel est leur livre préféré … Il y a beaucoup d’informations sur elles!" 

Les parents d’intention rencontrent ici une équipe de 7 professionnels, allant du médecin, au psychologue, en passant par le conseiller financier. Une vingtaine d’autres personnes travaillent aussi en coulisse sur chacun des cas. Tout ce petit monde est géré par un coordinateur. Une coordinatrice, dans le cas de Pierre et Adrien. C’est Kylie Warren. "Ce que je fais c’est que j’essaie de rendre cela le plus facile possible", nous dit-elle. "Je collabore avec toutes les parties. Ca va du laboratoire, aux conversations avec le Docteur Bankowski, le processus de création des embryons. Je recueille tous les rapports médicaux. Je m’assure que toutes les pièces médicales soient prêtes et claires, avant d’aller à l’étape suivante." Kylie est vraiment l’élément central. LA personne ressource. Pierre et Adrien se sont beaucoup attachés à elle. Elle aussi parle d’eux avec pas mal d’émotion. Notamment lorsqu’elle se remémore leur premier contact. "Je me souviens que j’ai eu une conversation skype avec eux. J’étais très excitée pour eux, parce qu’ils avaient beaucoup d’énergie, d’enthousiasme. Ils étaient juste excités. Ils étaient très souriants. Tellement prêts à se lancer !" 

Au final, Pierre et Adrien ne seront allés qu'une seule journée sur place. Une fois la donneuse d'ovocyte sélectionnée, ils décident de constituer plusieurs embryons. Un test est ensuite effectué pour déterminer lequel de ces œufs est le plus robuste. Le plus susceptible de s'accrocher. Restera alors à envoyer leur mère porteuse sur place. Et à croiser les doigts pour que le transfert fonctionne.

Le choix de la mère porteuse

Retour en Belgique, et nous nous intéressons à cet autre choix crucial dans le parcours de parentalité de Pierre et Adrien. Celui de la mère porteuse. Un choix réalisé là encore, à distance. Les deux papas sélectionnent pour cela une agence, et reçoivent divers CV leur permettant de faire un premier tri. "Notre choix s'est porté sur Isabel", raconte Adrien. "On l'appelle Izy, c'est plus facile.  Ce qu’on a reçu en premier, c’est ça. C’est vraiment son CV", explique-t-il en sortant de sa grosse farde un nouveau papier. "Son nom Isabel, sa date de naissance, partner age, donc son mec, est-ce qu’elle a une assurance spéciale, non. Est-ce qu'elle fume. Tu reçois vraiment tout, son CV médical et physique." Des premières questions simples et pratiques. Qui appellent des réponses tout aussi simples.

Par après, Izy a du répondre à un questionnaire de personnalité. "Et ça, c’est ce qui était vraiment intéressant", se souvient Pierre. "Elle disait avoir envie de le faire car elle pensait pouvoir être une bonne mère porteuse. Mais en plus, elle souhaitait offrir une meilleure vie à son fils. Ca ne peut donc pas être uniquement un geste gratuit. Et c'est ce qui nous as rassuré. C'était donnant-donnant. Il y avait un vrai échange." L'instinct de Pierre et Adrien les poussent donc à choisir Isabel. Plusieurs appels vidéo sont organisés. D'abord avec l'agence. Puis sans intermédiaire. Et le courant passe plutôt bien.

Pierre et Adrien voient physiquement Izy à deux reprises. Deux fois, ils la rejoignent en Californie. Avant la grossesse, pour faire connaissance. Puis pendant la grossesse. A la fin du mois d’août. Ils visitent alors l’hôpital, rencontrent sa gynécologue, le personnel infirmier. Ils assistent à une échographie. Ils passent en fait par toutes les étapes classiques de futur papa. A ceci près qu’entre temps, les liens se tissent par écran interposé. "On aime beaucoup converser par messenger. On a pris l’habitude de discuter comme ça et ça se passe très bien", explique Adrien.

Baby boy is coming : naissance dans le hall de l'aéroport

Nous avons donc souhaité parler à Izy. Un rendez-vous skype est fixé avec elle. Mais juste avant que ce jour n’arrive, Pierre nous envoie un message de panique! Isabel venait de perdre les eaux. Six semaines avant la date de terme. Les deux papas semblent stressés, mais heureux. Ni une ni deux, ils bouclent leurs valises et s'envolent pour la Californie!

Quelques jours plus tard, ils nous appellent et nous racontent cette folle journée. "Il était 16h, on était à la maison dans notre canap' en train de regarder la télé. Izy nous envoie un message pour nous dire qu'elle a perdu les eaux. Une demi heure après, elle nous dit je suis à l’hôpital, et elle nous envoie juste : Baby boy is coming !" Des billets d’avion sont réservés en urgence. Pierre et Adrien filent à l’aéroport de Bruxelles National. Un premier vol doit les emmener vers Francfort. "On arrive à l’aéroport à Bruxelles. Et une heure avant notre vol vers Francfort, elle nous appelle et elle nous dit voilà c’est maintenant. On a assisté depuis le hall de départ de Zaventem à l’accouchement par Facetime. C’est surréaliste! Assis sur les banquettes là, devant la gate. A distance on disait push, push, push. Good job, good job ! Il y avait des Japonais autour de nous. Ils devaient se dire mais qu’est-ce qu’ils racontent ?! " Et une bonne histoire à raconter à Gaston plus tard, une!

Gaston restera 2 semaines à l’hôpital. Un grand centre de néonatalogie situé à San José. Le prix, pour un seul jour d’hospitalisation : 5000 dollars. Heureusement, Pierre et Adrien parviennent in extremis à souscrire à une assurance, qui leur évitera un surcoût … le calcul est vite fait … d’environ 75 000 dollars.

La Californie : entre rêve et angoisse

Les premiers biberons californiens de Gaston
Les premiers biberons californiens de Gaston Anne-Sophie Bruyndonckx

Pierre, Adrien et Gaston se sont installés dans un petit village à environ deux heures au sud de San Francisco. Leur Airbnb est une toute petite maison, située dans le fond d'une toute petite rue. Non loin : la plage, les palmiers et les vagues du Pacifique. Le paysage fait rêver. La carte postale ferait pâlir d'envie plus d'un Belge resté au plat pays en plein automne! Mais les trois garçons n'ont pas vraiment le temps d'en profiter. Ils doivent impérativement récupérer le passeport de Gaston. Car pas de passeport et pas de retour en Belgique possible pour lui. Or le temps presse, puisque la nouvelle petite famille est supposée rentrer en Belgique dans une semaine. D'autant que tout ne se passe pas exactement comme prévu. La journée qui commence en ce 7 novembre, s'annonce longue et stressante.

"On va essayer de récupérer aujourd’hui le birth certificate, donc le certificat de naissance de Gaston", nous explique Pierre. "C'est un papier indispensable à toutes démarches. Normalement on devrait déjà avoir ce document. Mais il se fait que l’hôpital n'a pas correctement communiqué avec les autorités." 

Izy est là elle aussi. Elle doit nous accompagner, car son nom va figurer sur le certificat de naissance. Un jugement certifiera ensuite qu’elle renonce à ses droits. Tout le monde embarque donc à bord de la voiture de location. Direction : San José! "C'est la ville dans laquelle Gaston est né, et qui en fait est le chef lieu du County. C’est donc là que tous les papiers pour lui se trouvent. Dès qu’on doit faire une démarche administrative, on doit aller jusque San José." La route sera longue. En Californie, les embouteillages sont légions. Nous en profitons donc pour parler avec Isabel.

"J’ai commencé à penser devenir mère porteuse, il y a peut-être 5 ans. Quand mon propre fils avait 2 ans. Je voulais le faire. Je ne savais juste pas comment commencer le processus. J'aime être enceinte. Mais je ne voulais pas avoir plus d’enfants moi-même. J’ai donc pensé que je pouvais aider quelqu’un d’autre à avoir un bébé." Izy a 30 ans. Elle a un fils de 7 ans, Owen. Elle nous confie qu'il adore Gaston et qu'il demande régulièrement après lui. "Il pense que c’est une bénédiction. Je lui ai parlé de ce projet avant de rencontrer Adrien et Pierre. Je lui ai dit qu’on allait rencontrer de nouveaux amis. Qu’on allait les aider à construire une famille. Et que ça voulait dire faire un bébé pour eux !" Dans la vie d'Izy, il y a également Georges son compagnon. Qui l'a toujours soutenue.

Elle l'affirme déjà : "Gaston va énormément me manquer. Il me manque d'ailleurs déjà. Mais je sais qu’il est entre de bonnes mains. Et puis, je savais à quoi m’attendre. Je savais que j’allais aider quelqu’un à avoir un bébé." Izy projette de venir en Belgique pour le premier anniversaire de Gaston. "Bien sûr, nous allons rester en contact!  Pierre et Adrien le souhaitent aussi. Ca fait partie de notre accord. D'ailleurs, si le bébé a besoin de moi plus tard, je serai disponible!" Conquise par l'expérience, la jeune femme envisage aussi de se relancer dans une deuxième GPA.

Certificat de naissance en poche!

Deux bonnes heures de route (d'embouteillages) plus tard, nous voici arrivés à San José. Sur place, dans les bureaux de l'administration, la tension est à son comble. "Faut arriver à convaincre les gens de faire passer notre dossier avant les autres", annonce Adrien dans un demi sourire. Pierre ajoute : "si ça marche moi je pleure!" Tout le monde rigole. De ces rires qui oscillent entre un trop plein de nervosité et un grand besoin d'hurler son impatience. Le stress monte encore d'un cran.

Les deux papas prennent place derrière un ordinateur. Ils doivent eux-mêmes remplir les différents éléments qui se retrouveront sur le certificat de naissance de leur fils. Dans la case papa, l'un des deux hommes. Dans la case maman, Izy. "Ca c’est parce que de retour en Belgique on doit pouvoir inscrire l’enfant avec un père et une mère", explique Pierre. Et puis, un tribunal a déjà remis un jugement indiquant qu'Izy renonce a ses droits. Et qu'Adrien et Pierre sont les deux papas de Gaston.

Pas de chichis, ils demandent dix copies. On ne sait jamais! "J'ai jamais été aussi heureux de dépenser mon argent", lâche Adrien dans un soupir. L'attente qui suit vire à l'insupportable. Mais fidèle à son caractère optimiste, Pierre ajoute : "C’est quand même génial de vivre ce moment avec Isabel et Gaston. C’est notre histoire, on l’a fait ensemble. Et on l’a fait jusqu’au bout ensemble. C’est génial! C’est surréaliste! Et si ça fonctionne, c’est super!"

Le numéro A 314 est appelé. La dame derrière l'épaisse vitre veut voir le bébé. Pas pour vérifier qu'il existe. "Just to see him". "It's such American", s'amuse Izy. Car tout le monde le sent. Le dénouement est proche. Les rires nerveux refont surface. Et tout à coup, Adrien reçoit la petite pile de papiers. Il fait les comptes. 10! Tout y est… "On va pouvoir rentrer chez nous", s'exclame Pierre! "As eazy as that", enchaine Adrien. "Tout ce stress pour ça". Des goutes de sueur sur le front et le ventre encore un peu noué, la petite troupe quitte San José. C'est qu'il va falloir penser à refaire les valises!

Restera encore à récupérer le passeport de Gaston. Un passeport américain. Et faire apostiller tous les documents reçus, c'est-à-dire certifier leur valeur juridique pour qu’ils soient bien reconnus en Belgique.

La suite de l'histoire vous la connaissez. Après deux ans et demi de démarches, Gaston et ses papas sont de retour en Belgique. Heureux comme jamais! Ils ont entrepris l'aventure de leur vie en sachant qu'elle ne serait pas facile et que leur parcours serait semé d'embuches. Ils savaient que de retour chez eux, les démarches ne seraient pas terminées. Et que la procédure d'adoption qui allait suivre, serait un nouveau combat avec leurs nerfs. Mais Pierre et Adrien savaient aussi que ce parcours était légal. Quoique vous pensiez de la GPA, c'est important de le souligner. Dans cette folle aventure, personne n'a enfreint aucune loi. Sauf peut-être, un certain Procureur du Roi …

(suite, au prochain épisode)

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