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Gardes-frontières: "Une nécessité opérationnelle si on veut sauvegarder Schengen"

Pour l'eurodéputé Gérard Deprez, si l'on veut sauver Schengen, il faut mieux contrôler ses frontières extérieures
16 déc. 2015 à 12:10 - mise à jour 16 déc. 2015 à 12:10Temps de lecture2 min
Par Sarah Hammo

Ce mardi, la Commission européenne a proposé de créer un corps de gardes-frontières européens. Ces gardes pourraient être déployés à n'importe quelle frontière extérieure de l'espace Schengen, et même dans les pays qui n'en font pas la demande. Dans ce cas, cela ne pourrait se faire qu'en situation d'urgence. C'est un grand pas vers plus d'intégration européenne que la Commission propose de franchir puisque cela touche directement à la souveraineté des États.

Ce projet de corps européen va maintenant être examiné par les députés européens et les États membres. Et il suscite déjà pas mal de réticences de la part de pays qui n'ont aucune envie d'abandonner ce gros morceau de leur souveraineté.

L'un des points qui risque de fâcher dans ce texte, c'est évidemment le fait de pouvoir déployer ce corps européen dans un pays qui n'en aurait pas fait la demande. L'eurodéputé belge libéral Gérard Deprez (MR) insiste, le texte du projet prévoit cette option si et seulement si un État fait preuve de "carence manifeste".

"Sauvegarder le principe de libre circulation"

La Grèce notamment a longtemps résisté à faire appel à ses partenaires européens pour surveiller ses côtes où débarquent pourtant l'essentiel des personnes qui viennent chercher refuge en Europe. Gérard Deprez évoque ce cas précis : "Les Grecs sont débordés compte tenu du nombre d'îles qu'ils ont et du nombre de réfugiés qui aboutissent sur ces îles. Ils n'ont pas les capacités en termes d'hommes ni en termes d'équipements pour faire l'enregistrement de toutes ces personnes. Le texte dit que si un État membre ne se rend pas compte qu'il est débordé, les autres sont en droit, légitimement, de prendre des décisions qui feront que les frontières soient davantage contrôlées". Or, ajoute Gérard Deprez, la frontière grecque, c'est aussi celle de Bruxelles, Paris ou Berlin, Schengen oblige.

Schengen est sévèrement critiqué par certains États membres qui considèrent cet espace de libre circulation comme l'un des facteurs qui ont permis aux terroristes de perpétrer les différents attentats notamment sur le sol français en janvier et en novembre. Le déploiement de cette garde européenne serait-elle une façon de sauver Schengen ? Pour Gérard Deprez, l'Union européenne n'a pas vraiment le choix : "Si on veut préserver la liberté de circulation à l'intérieur de Schengen, ce qui à mes yeux est essentiel, on doit prendre la responsabilité de contrôler davantage les frontières extérieures. (...) Parmi les terroristes qui ont opéré à Paris, il y en a deux qui sont entrés par le flux des réfugiés. Donc le contrôle des frontières extérieures est une nécessité opérationnelle si on veut sauvegarder le principe de libre circulation".

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