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Moteurs Formule 1

Gaëtan Vigneron après l’accident de Guanyu Zhou : "On a directement compris que c'était très sérieux"

04 juil. 2022 à 15:23 - mise à jour 04 juil. 2022 à 16:25Temps de lecture2 min
Par Antoine Hick

C’est l’image qui a énormément fait parler au Grand-Prix de Grande-Bretagne : la sortie de route ultra spectaculaire et potentiellement dramatique de Guanyu Zhou, dès les premiers hectomètres de course. Heureusement, et presque miraculeusement, le Chinois s’en est sorti indemne et la course a donc pu être poursuivie. Aux commentaires du Grand-Prix et donc forcément aux premières loges de l’accident, Gaëtan Vigneron est revenu sur ces images choc au micro de Charlie de Wasseige.

"On a tout de suite compris que c’était vraiment très sérieux parce qu’il y a eu directement un drapeau rouge" a entamé notre commentateur. "C’est-à-dire que la direction de course a très vite compris qu’il y avait un très gros incident. Il y avait deux pilotes visés, Alex Albon et Guanyu Zhou. Il n’y a pas eu d’images, c’est une nouvelle politique de la F1 depuis le décès d’Ayrton Senna. On se souvient qu’on le voyait allongé sur la piste, on lui faisait des massages cardiaques, il y avait des traces de sang. C’est fini, depuis ce jour-là, on ne montre les images que quand on est à 100% sûr de l’état des pilotes impliqués."

Voir le Chinois sain et sauf constitue-t-il donc un miracle ? "Oui et non. Oui dans le sens où ça aurait pu se finir évidemment beaucoup plus mal, il faut garder en tête que le sport automobile est – et restera – un sport dangereux et qu’un jour la balance penchera dans le mauvais sens. Mais les progrès sont énormes et c’est une matière vivante, qui n’arrête jamais. La FIA est déjà occupée à examiner tous les détails de l’accident pour essayer d’améliorer les choses."

Plusieurs éléments ont sauvé la vie de Guanyu Zhou

La question qu’on se pose dès lors est la suivante : quels sont les éléments qui ont pu sauver le pilote chinois ? "Il y a plusieurs choses" détaille Vigneron. "Il y a d’abord les circuits, qui se sont beaucoup améliorés au niveau des zones de dégagement et des murs de protection. Il y a aussi le halo, cette protection en titane qui protège la tête du pilote et qui a déjà fait ses preuves à de nombreuses reprises. Il y a le système Hans, qui est une armature en kevlar qui protège la tête, le cou et les cervicales du pilote et qui est relié au casque par des sangles. Il y a la cellule de survie qui est une sorte d’habitacle en carbone dans lequel s’intègre le baquet du pilote. Mais n’oublions pas les gants biométriques que les pilotes ont aujourd’hui. Quand les services médicaux et d’extraction arrivent sur les lieux, ils peuvent désormais, grâce à ces gants, intervenir de la meilleure des manières possibles parce qu’ils ont déjà reçu tout un nombre d’informations vitales au préalable."

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Quelques aspects sont encore à améliorer

Les voitures sont-elles devenues indestructibles ? "Quand on voit l’état de la voiture, on voit bien qu’elles ne sont pas indestructibles. Mais c’est sûr qu’aujourd’hui, les pilotes sont bien protégés. Mais dans le cas de Guanyu Zhou dimanche, il y a derrière le pilote, au niveau de la boîte à air, une sorte d’arceau de sécurité qui est censé résister à des charges horizontales ou verticales. Cela a joué dans un premier temps mais ensuite ça s’est complètement désintégré, il n’y a plus aucune trace de cet arceau. C’est certainement le point #1 sur lequel la FIA risque de travailler parce qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a un autre aspect qui peut interpeller, c’est le petit espace entre le mur de pneus et le grillage censé protéger les supporters. La voiture s’est retrouvée coincée, si elle avait pris feu, je ne sais pas comment on aurait pu sauver le pilote."

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