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Societe

Gabriel Ringlet: "Mgr Léonard nous mettait toujours en décalage horaire"

Gabriel Ringlet à propos de Monseigneur Léonard: « Il aura été un évêque terriblement atypique. Il a été à contresens de l’histoire catholique. Il faut regarder le monde avec plus de sympathie. »
06 mai 2015 à 06:52 - mise à jour 06 mai 2015 à 07:032 min
Par Jean-Claude Verset

Souvent critique et parfois en opposition avec Monseigneur Léonard, Gabriel Ringlet constate que l’archevêque de Malines-Bruxelles n’aura pas fait avancer la cause des catholiques. " Il y a eu une rupture avec la société civile, le contraire du chemin montré par le Pape François ".

Sans aller jusqu’à reconnaître une rupture au sein de l’église, l’ancien professeur d’université définit Monseigneur Léonard comme un homme de polarisation. "Sa personnalité a été occultée par le personnage. Il nous mettait toujours en décalage horaire ". Et de citer son homélie consacrée à l’avortement, le jour de Pâques, alors que le monde entier célébrait la résurrection du christ. "Pourquoi le dire de cette façon-là, ce jour-là ?".

Sa façon de présenter le sida comme une justice immanente a, de même, contribué à forger cette image radicale : " Souvent c’était une question de forme, mais sur les questions éthiques c’était une question de fond. Il faut parler plus sereinement de ces sujets et laisser aux autres la possibilité d'apporter leurs arguments."

Les côtés positifs occultés

C’est ce type d’attitudes qui, selon Gabriel Ringlet, a occulté les côté positifs de celui qui fut le primat de Belgique et dont il salue les qualités de pasteur et de théologien. " Les médias n’ont jamais évoqué son grand sens social, ni son sens pastoral. Souvent il prenait une position trop radicale. Il aurait dû dire ‘je suis contre l’avortement mais je suis prêt à écouter les arguments des autres’. "

Gabriel Ringlet ne souscrit pas à la définition de Christian Terrasse, rédacteur en chef de la revue Golias, qui décrit Monseigneur Léonard comme "Une parenthèse dans l’histoire de l’Eglise de Belgique. " Mais sa sentence est à peine moins critique : "Il aura été un évêque terriblement atypique. Il a été à contresens de l’histoire catholique. Il faut regarder le monde avec plus de sympathie. "

Les affaires de pédophilie mal gérées

La 'parenthèse' de 5 ans de Monseigneur Léonard aura été marquée par les affaires de pédophilie. A-t-il su trouver les mots? Pour le théologien, " le point de départ était catastrophique", mais il a eu la sagesse de rester à l’arrière-plan lorsque l’évêque Harpigny de Tournai s’est imposer.

Qui pour le remplacer?

Connu pour son franc-parler, Gabriel Ringlet défend d’emblée l’éventuelle candidature de Monseigneur De Kesel de Bruges : " On lui reproche d’avoir été parfois un peu mou lors des affaires sur la pédophilie, mais c’est une personnalité ouverte. Je n’imagine pas un choix de François qui n’irait pas dans le sens de ce que lui-même souhaite : un vrai dépouillement, une vraie priorité à l’évangile. "

L’Eglise va changer… lentement

Mais si un changement doit intervenir dans l’Eglise de Belgique, cela devra se faire par la base "au niveau de l’homme et dans les communauté. Les gens doivent prendre leurs responsabilités. "

A propos de la discussion animée sur les cours de philosophie, Gabriel Ringlet appelle une nouvelle fois à plus de dialogue: "C’est fondamental. Il faut une Église en dialogue dans l’accueil chaleureux de ceux qui ne pensent pas comme elle, notamment sur le plan éthique. Aux homosexuels, il faut dire ‘sentez-vous chez vous chez nous’. y compris jusqu’au mariage. Si déjà on pouvait avoir une avancée pour les divorcés remariés, ce serait déjà un grand pas. " Le prochain synode sur le mariage aura fort à faire.

Jean-Claude Verset

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