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Belgique

G. Deprez: "Certains espèrent que cette coalition sera Le Grand Soir de droite"

G. Deprez: "Certains espèrent que cette coalition sera Le Grand Soir de droite"
06 sept. 2014 à 11:05 - mise à jour 06 sept. 2014 à 11:194 min
Par RTBF

Il répète: "Je n'aime pas la N-VA", mais il dit beaucoup de bien de ce "partenaire de nécessité" qui s'est comporté jusqu'à présent très loyalement. Gérard Deprez dit aussi l'importance de la déclaration du parti nationaliste de s'en tenir au socio économique, même s'il reconnaît que nombre de dossiers seront par essence communautaire, comme par exemple le survol de Bruxelles. Il dénonce par ailleurs le fait que ce sont les autres partis francophones qui se sont comportés de manière "confédérale"

Pourquoi Kris Peeters ne veut-il plus être Premier ministre ?

"Cela a été une surprise totale, En tout cas, du côté du MR, nous ne l'avions pas vu venir. Et je pense que du côté des autres partenaires qui sont occupés à négocier maintenant, on ne l'a pas vu venir non plus. Beaucoup d'éléments qui ont joué. Nous avons pensé, dans un premier temps - je vais vous dire la vérité - que c'était un coup de poker du CD&V, parce que connaissant l'appétit de ce parti, nous nous sommes dits : " Ah,. ils sont occupés à faire une manœuvre pour avoir les deux postes, Premier ministre et commissaire européen. "(..) Et finalement, je ne pense pas que ce soit le scénario. Par ailleurs, ils avaient un sentiment de responsabilité à l'égard de Marianne Thyssen. Mais que l'on mette sur le même pied un poste de commissaire européen et un poste de Premier ministre, ça ne tient pas la route! On ne peut pas nous faire croire à quelque chose comme cela. Je pense que monsieur Kris Peeters s'est trouvé mal à l'aise. Il a fait toute sa carrière au niveau régional, il découvre le fédéral et peut-être qu'il se sent moins en familiarité avec les matières du fédéral et avec les partenaires. " Gérard Deprez évoque également la difficulté du moment pour un futur gouvernement qui se retrouve dans une période complexe et avec une situation extérieure, sans croissance, avec de la déflation, qui ne rendra pas les choses faciles. Il évoque dès lors la peur de l'aile gauche du CD&V face aux annonces et aux fuites faites dans les journaux par ceux qui croient avec cette coalition à l'arrivée du "Grand Soir de droite".

Certains, dites-vous, ont fait dans la presse des indiscrétions sur des mesures qui allaient soi-disant être sur la table des négociations et de nature à irriter toute personne du centre et du centre gauche. Quelles sont ces idées que vous refuseriez et qui combleraient ces partisans de "Grand Soir de droite"?

"Il n'y en n'a pas eu beaucoup du côté francophone. Ca a surtout circulé dans la presse flamande." Ce sont les allocations de chômage dans la durée, par exemple? "Des choses comme cela, oui !" Mettre au travail les chômeurs ? "Si c'est un travail volontaire, on peut discuter. Vous avez d'ailleurs des formules dans lesquelles on a fait des titres-service pour essayer de trouver une solution pour un certain nombre de personnes qui sinon étaient totalement exclues du marché du travail. Donc vous pouvez trouver des mécanismes de cet ordre-là ! Ce sont des solutions à imaginer. Mais a partir du moment où vous voulez forcer à travailler et dans des activités qui peuvent entrer en concurrence avec le secteur privé, vous allez avoir un secteur de gens au rabais, payés au rabais, qui vont faire la concurrence à des entreprises saines qui peuvent résister sur le marché. Donc qu'est-ce que vous avez gagné ? Vous supprimez théoriquement du chômage d'un côté .pour le créer de l'autre " Vous êtes contre alors? "Tout cela dépend des modalités. Allez, si on parvient à trouver une solution pour des chômeurs qui sont depuis longtemps hors travail, qui n'ont pas de perspective d'être réengagés et qui peuvent se valoriser par l'exercice d'une activité professionnelle avec une rémunération complémentaire comme les titres-service. Moi, je dis : oui. Si c'est simplement pour les punir, je dis : non !"

Comment Didier Reynders est-il aujourd'hui ?

"Ce qui vient d'arriver à Didier est lourd à supporter. Ma conviction est qu'il espérait vraiment être commissaire. Et, je trouve que c'est très injuste ce qui lui arrive, d'autant que quand je vois le fonctionnement de la commission européenne et les tâches devant lesquelles elle va se trouver, c'était le meilleur profil. " Il y a un champ énorme qui s'ouvre devant lui puisque Charles Michel, pendant la campagne électorale, a déclaré que le meilleur Premier ministre du MR serait Didier Reynders? "Vous me retrouvez cette déclaration ? Parce que je suis circonspect quand je vous entends. Mais il était vice-Premier ministre à l'époque ! Les élections n'avaient pas eu lieu. Charles est président de parti maintenant. Allez !" Donc c'est Charles Michel qui sera Premier ministre ? "Je vous dis que le futur Premier ministre, sur base des accords actuels, sera un membre de la famille libérale. Je ne vous en dirai rien de plus. Si ce Premier ministre devait être francophone, ça se décidera après que les formations politiques qui vont constituer, se seront mises d'accord sur un programme . Je suis comme Jean-Luc Dehaene, figurez-vous: "je réponds au problème quand le problème se pose" . Le refus du CD&V d'être Premier ministre, ne va-t-il pas créer un problème interne au MR entre Reynders et Michel? "Il n'y a pas de problèmes internes au MR. Tout ce qui s'est passé maintenant, s'est passé dans la plus parfaite entente entre tous les responsables du MR. " Il va falloir quand même gérer Didier Reynders. "Gérer, on gère tout le monde. Chacun se gère d'abord aussi, hein. Moi, j'ai eu des coups dans ma vie, mais je me gère d'abord, hein. " Didier Reynders est un homme blessé aujourd'hui ? "Je pense que le coup qu'il vient de recevoir, et sur le plan politique et sur le plan personnel, est injustifié et très lourd et très difficile à supporter. Oui."

Êtes vous d'accord avec Louis Michel qui dénonçait l'ingérence de Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission euroépenne, dans les affaires belges - il soutenait la nomination d'une femme et on disait sa préférence pour Mariane Thyssen contre Didier Reynders ?

"Je connais bien Juncker et je l'aime bien. J'ai confiance en lui, je trouve que c'est un homme intelligent, raisonnable, courageux. Mais je pense qu'il aurait dû s'abstenir de faire une déclaration qui n'avait aucun intérêt et qui n'a rien apporté au moulin.Marianne Thyssen est une bonne candidate mais je pense que le profil de Didier Reynders pour certains types de responsabilités dans la commission est supérieur et eut été meilleur".

Béatrice Delvaux

Le Grand Oral - Gérard Deprez

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