Régions Brabant wallon

Future gare d’Ottignies : deux associations émettent leurs critiques en matière d’accessibilité

C’est principalement l’accès aux quais, via la future gare passerelle, qui pose question pour les deux associations

© SNCB

Le projet avait été dévoilé par la SNCB en 2021. Il est aujourd’hui soumis à enquête publique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette future gare passerelle, durable et multimodale, ne fait pas l’unanimité. La CCATM avait déjà émis ses réserves il y a quelques mois. Aujourd’hui, ce sont deux associations d’usagers de la gare, Navetteurs.be et le GRACQ, qui se joignent pour se positionner contre ce projet dans sa forme actuelle. Pour elles, la SNCB doit revoir sa copie pour ce qui est de l’accessibilité. Le cheminement des personnes à mobilité réduite, des parents de jeunes enfants en poussette et même des cyclistes serait nettement plus compliqué. "La gare passerelle aura un dénivelé très important : plus 12,5 mètres vers les guichets, moins huit mètres vers les quais. Pour les personnes qui n’ont pas de problème de mobilité, c’est faisable. Mais les personnes qui ne sont pas capables d’emprunter des escaliers ou des escalators devront toutes passer par les ascenseurs, et là il y a un vrai risque d’engorgement", argument Corentin Genin, du GRACQ. Les associations notent aussi les risques de pannes de ces dispositifs.

Maintenir le couloir sous voies ?

Leur proposition est donc de maintenir l’actuel couloir sous voies de la gare, dont le projet prévoit la suppression. "Il y a là une opportunité à saisir vu que la SNCB prévoit dans ses plans de rabaisser la gare des bus de cinq à six mètres, ce qui veut dire qu’elle sera au même niveau que le couloir sous voies actuel. Il faut donc le maintenir selon nous pour créer cette connexion et un cheminement sans aucun dénivelé pour les voyageurs", suggère-t-il. Il faudrait toutefois aménager une pente douce pour permettre aux usagers tels que les cyclistes d’accéder aux quais en transportant leur vélo. La SNCB de son côté rétorque qu’elle "a opté pour un projet de passerelle qui tient compte de la topographie du terrain, de la dimension actuelle non conforme du couloir sous voies et de la réalité budgétaire". Autrement dit, l’aménagement proposé par GRACQ et Navetteurs.be, les travaux d’excavation et d’aménagement nécessaires, coûteraient trop cher. De plus, la pente de moins de cinq pourcents requise prendrait beaucoup trop de place selon l’opérateur.

Séance d’information

Les associations pointent également du doigt dans leur communiqué la taille et la disposition des ascenseurs, ainsi que la passerelle principale, qui ne permettra pas une liaison cyclable optimale. Pour elles, comme pour d’autres, le caractère multimodal de la gare peut encore être fortement amélioré : "C’est chouette que la SNCB ait prévu des stationnements vélos conséquents, en différents endroits, note Corentin Genin, mais si elle ne prend pas compte des recommandations que nous avons citées, elle risque de passer à côté d’une vraie opportunité, d’enjeux fondamentaux. Je ne vais pas vous réexpliquer la situation climatique et environnementale qu’on connaît actuellement. Combiner le vélo et le train, c’est l’avenir si on veut permettre aux gens de se passer de leur voiture". Le débat se poursuivra certainement ce 12 septembre, lors de la soirée d’information prévue à la maison communale d’Ottignies.

Le GRACQ plaide pour le maintien de l'actuel couloir sous voies

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