Futur vaccin contre le coronavirus : il n'y aura pas moins de contrôles "sous prétexte qu'on veut aller vite"

Le vaccin pourrait être disponible au printemps 2021

© skaman306 - Getty Images

28 oct. 2020 à 07:19 - mise à jour 28 oct. 2020 à 07:19Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première

Alors qu’il y a un nouveau pic des hospitalisations, Xavier De Cuyper, administrateur général de l’AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé), fait le point au micro de La Première sur les futurs vaccins contre le coronavirus : "Nous espérons évidemment tous l’avoir très vite. Un vaccin permet de contrer le virus et de le freiner. Je pense que d’après les informations dont on dispose aujourd’hui, on devrait être relativement optimiste d’avoir un vaccin à partir du printemps. Je ne vais pas faire un pari parce que je pense que ce serait un peu audacieux, mais à partir du mois d’avril 2021, on devrait pouvoir espérer avoir un vaccin disponible pour nous".

Portefeuille

"En tant qu’Européens, on essaye bien sûr de travailler ensemble, et je crois qu’il faut le souligner cette fois-ci. Plutôt que de courir chacun derrière les mêmes produits, les 27 États membres se sont mis ensemble pour travailler avec la Commission européenne, qui a été mandatée pour chercher des vaccins et passer des contrats. C’est évidemment très particulier puisque nous passons des contrats avant même de savoir si l’entreprise qui est d’accord de passer contrat avec l’Union européenne va finir par mettre le vaccin au point et surtout de le voir valider. Il n’est bien entendu pas question d’acheter quelque chose qui ne fonctionne pas. Les Européens sont dans la course, et nous pouvons être fiers, en particulier en Belgique, car nous avons aussi des entreprises importantes. Donc, partout au niveau européen, on travaille avec la même volonté d’offrir un vaccin. Et je peux vous dire qu’il y a tellement d’inconnues quand on développe un vaccin que nous avons décidé de travailler avec un portefeuille. Nous essayons d’avoir une palette de produits qui sont théoriquement de bons produits parce qu’ils ont été bien développés, mais on n’est pas du tout sûr qu’in fine, lorsqu’ils auront passé tous les stades, et notamment les fameuses phases d’essai, qu’ils s’avéreront être sûrs et efficaces", poursuit-il.


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Plusieurs laboratoires travaillent en Belgique, et notamment du côté de la KULeuven, dont le vaccin arriverait plus tard, en 2022, mais permettrait à la population de se protéger à vie contre le Covid-19. "Je pense qu’il faut rester optimiste tout en restant prudent. Effectivement, la Belgique est un terreau d’entreprises pharmaceutiques et aussi de beaucoup de recherche, notamment au niveau des universités. Avec la KUL et son hôpital universitaire, où il y a là un candidat prometteur. Mais très modestement, il dit qu’il préfère travailler avec une perspective de 2022 plutôt que de 2021. Il travaille sur un vaccin qui existe, celui de la fièvre jaune, et, d’après les informations dont on dispose, il pourrait être un vaccin, comme celui de la fièvre jaune, qu’on n’utilise qu’une fois. On devrait donc se faire vacciner une seule fois dans sa vie, là où tous les candidats actuels sont plutôt des vaccins qui seront probablement de type saisonnier, c’est-à-dire comme celui de la grippe", poursuit le patron de l’AFMPS.

Autorisations

Certains ont peur des vaccins ou n’y sont pas vraiment favorables. Va-t-on encourager la population à se faire vacciner en Belgique ? "Il faut bien savoir que les vaccins ne seront autorisés qu’après avoir passé toutes les étapes indispensables. On ne fait pas une différence parce qu’on est pressé. L’Agence européenne du médicament est chargée de faire l’évaluation scientifique et je peux vous assurer qu’il n’y a pas de tolérance, sous prétexte qu’on veut aller vite, à être moins sévère dans l’analyse qui est faite. Donc, en soi, il n’y a pas de différence entre un vaccin de la grippe qui doit passer chaque année cette évaluation et celui en cours de développement. La deuxième chose, c’est que le risque zéro n’existe bien sûr pas. Vous avez entendu qu’il y avait des essais qui avaient été interrompus, donc c’est bien la preuve qu’on fait attention, que chaque fois qu’il y a un incident, il y a une vérification indépendante qui est faite, et lorsque tout est en ordre, on recommence l’essai. Je peux vous assurer qu’on est nombreux à contrôler avec beaucoup de sérieux. Il faut quand même toujours se dire que la virulence d’un virus peut être diminuée et freinée par d’autres types de produits que le vaccin, mais le vaccin reste quand même la meilleure réponse pour essayer d’induire une immunité contre ce virus-là", conclut-il.

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