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Fusillade de Tucson: l'Amérique fait ses adieux à la plus jeune victime

Fusillade de Tucson: l'Amérique fait ses adieux à la plus jeune victime

La fillette est la plus jeune des six personnes tuées lors de la fusillade survenue pendant un rassemblement politique, qui a fait également 14 blessés, dont la parlementaire Gabrielle Giffords, grièvement touchée à la tête.

Les funérailles de la petite fille se dérouleront à l'église catholique Sainte Elizabeth Ann Seton de Tucson à 13H00 locales (20H00 GMT).

Deux heures avant le début de la cérémonie, plusieurs centaines de personnes se pressaient sous un soleil radieux devant l'église moderne en pierre rose, située dans un quartier résidentiel de Tucson, ville plantée en plein désert.

Nombreux étaient ceux vêtus de blanc, comme l'avait demandé la famille de la petite Christina-Taylor. Certains se donnaient la main, d'autres arboraient des roses jaunes, rouges ou blanches.

Discrets, les agents de sécurité tenaient la presse à l'écart de la cérémonie.

Christina-Taylor Green avait vu le jour le 11 septembre 2001.

Peu avant la messe, un drapeau américain de six mètres sur neuf, détérioré au moment des attentats commis ce jour-là au World Trade Center de New York, a été déployé entre les échelles de deux camions de pompiers à l'extérieur de l'église où aura lieu la cérémonie.

La famille de la petite fille devra passer sous le drapeau pour entrer dans l'église.

Mercredi soir, lors d'un poignant hommage aux victimes à Tucson, Barack Obama a réservé un traitement particulier à la petite fille, affirmant qu'en elle, "nous voyons tous nos enfants".

Dans son discours retransmis à la télévision et prononcé devant 27.000 personnes, le président américain a aussi tenté d'apaiser la polémique sur la violence du débat politique aux Etats-Unis, qui fait rage depuis le drame.

"Seul un discours public plus mesuré et honnête peut nous aider à faire face à nos difficultés, en tant que pays, d'une façon qui rendra (les victimes) fières", a-t-il déclaré.

M. Obama a aussi annoncé à la foule que l'élue démocrate blessée samedi avait ouvert les yeux pour la première fois depuis la fusillade. Mme Giffords bouge désormais aussi bras et jambes lorsque cela lui est demandé, ont révélé jeudi ses médecins, parlant "d'un grand bond en avant" vers son rétablissement.

Les propos du président ont fait mouche même chez ses plus virulents opposants.

"A un moment où notre nation en avait besoin, le président Obama a tenu la nuit dernière des propos émouvants. Bravo", a écrit dans un tweet Donald Rumsfeld, ancien secrétaire à la Défense (2001 à 2006) de George W. Bush.

Plusieurs voix à gauche ont récemment dénoncé l'usage d'images et de métaphores sur les armes dans le discours politique, en particulier chez les ultraconservateurs de la mouvance du "Tea party".

L'égérie des ultraconservateurs Sarah Palin s'est insurgée contre un tel amalgame, recourant à l'expression "blood libel" (crime rituel), qui fait référence historiquement aux fausses accusations dont ont été victimes les juifs, accusés de tuer des enfants pour utiliser leur sang.

Des associations américaines de lutte contre l'antisémitisme ont regretté l'emploi de cette expression.


AFP

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