Furlan démissionne. Et après?

Philippe Walkowiak

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26 janv. 2017 à 10:44 - mise à jour 26 janv. 2017 à 10:44Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

L’affaire Publifin est devenue l’affaire Furlan, Stéphane Moreau (PS) était la cible mais c’est Paul Furlan (PS) qui quitte ses fonctions. Sans que finalement, rien ne soit réglé sur le fond. La nébuleuse Nethys existe toujours, la confusion intérêt privé/intérêt public demeure et le gouvernement wallon PS-CDH en est toujours aux déclarations d’intentions.

On l’a répété ici : le PS souhaite voir Stéphane Moreau quitter le mayorat d'Ans ce qui ne changera rien à la situation puisqu’il restera au conseil communal, tirant les ficelles de la nébuleuse Nethys, placera un fidèle à la maison communale et aura toutes les chances d’être réélu confortablement en octobre 2018.

Furlan, fusible

L’attention s’est vite déplacée de Publifin vers le cabinet de Paul Furlan, de Liège vers le Hainaut.

Le monde politique belge est si petit que l’on retrouve souvent les mêmes noms à bien des étages, les casquettes sont souvent multiples y compris en Flandre et à Bruxelles.

Dans le gouvernement wallon, 5 ministres sur 8 sont aussi bourgmestres ou échevins, au fédéral, c’est 10 sur 18.

La composition d’un cabinet ministériel répond à des critères " coutumiers " : équilibre entre vieux briscards, jeunes diplômés, déchus qu’il faut recaser et proches du ministre. On retrouvait cet équilibre chez Paul Furlan comme on le retrouve aussi au fédéral, par exemple, chez un ministre-bourgmestre qui a un de ses échevins comme directeur de communication et des élus de son arrondissement à des postes-clés.

Que va changer la démission de Paul Furlan ? On rappellera Maxime Prévot dans Matin-Première ce mercredi : "Scalper Furlan ne ferait pas avancer le schmilblick."

Pour Paul Furlan, l’accumulation était devenue trop forte. Légalement irréprochable sans doute, mais politiquement insupportable.

Système

Paul Furlan avait entamé une réforme des intercommunales wallonnes, réduisant leur nombre de près de moitié. Manifestement, cela n’a pas suffi. Mais est-ce que cette réforme allait dans le bon sens ? N’était-ce pas plutôt tout un système qu’il fallait remettre en question ? Le cumul des mandats, même réduit, n’induit-il pas le cumul des intérêts ?

Publifin/Nethys est devenu l’archétype de l’ingénierie en matière d’intercommunales. Des intérêts publics qui se délitent et se transforment en intérêts privés. Mais au-delà également, de très nombreuses autres intercommunales où la plupart des administrateurs ne siègent que pour leurs jetons de présence, laissant la gestion effective à un très petit nombre, les seuls de facto à pouvoir comprendre la complexité de la gestion d’entreprises.

Les intercommunales sont devenues des ensembles très techniques, très complexes qui dépassent souvent l’entendement des simples conseillers communaux, qui ne sont que de " simples " citoyens. Dès lors, ces ensembles ne sont plus gérés effectivement que par un très petit nombre de techniciens, souvent très payés, mais le plus souvent dans une certaine opacité et sans doute pas toujours dans l’intérêt général. Autre exemple, Ores où on retrouve 90 administrateurs, tous partis confondus.

Et tout cela concerne l’ensemble de la classe politique, bien au-delà finalement du sort d’un simple ministre. C’est une question de démocratie.

@PhWalkowiak

 

 

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