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" Franquin est un vrai dessinateur, dès qu'il s'installait dans un style, il voulait passer à autre chose "

" Franquin est un vrai dessinateur, dès qu'il s'installait dans un style, il voulait passer à autre chose "
03 janv. 2017 à 17:46 - mise à jour 03 janv. 2017 à 17:462 min
Par sbru

L’idée d’un antihéros, paresseux et roi de la gaffe naît fin des années 50 pour dynamiser les pages de Spirou. Il s’intègre sans prévenir, comme une petite animation grâce à des traces de pas dans les marges du journal... André Franquin en a fait le premier "héros sans emploi" de l'histoire, une sorte de stagiaire avant l'heure, qui erre dans les bureaux de la rédaction.

Quand on questionnait Franquin sur l’idiotie de Gaston, il répondait : « Il n’est pas idiot, mais il n’est pas intelligent. Je crois que c’est surtout par paresse. Il est d’un âge mental un peu trop jeune pour son âge réel ». 

Franquin, un véritable dessinateur

Première rencontre entre Spirou et Gaston

Hugues Dayez, journaliste culturel belge, nous confie son sentiment quand il relit Gaston « je me rends compte que 60 % des gages dessinés par quelqu’un d’autre tomberaient à l’eau ». Pour lui, c’est avant tout l’expressivité du message qui rend les gages de Franquin formidable. 

Fred Jannin,expert scientifique de l’expo : "Gaston, au-delà de Lagaffe", ajoute: « Franquin est un vrai dessinateur, il avait vraiment le plaisir du dessin. Dés qu’il s’installait dans un style de dessin, il avait envie de passer à autre chose ». 

D’ailleurs, il a beaucoup été copié. Notamment, car à une certaine époque, tout dessinateur qui voulait rentrer chez Spirou devait "faire du Franquin". Malgré lui, il est devenu un chef d’école! Ce n’était pas son but, c’était un excellent pédagogue. « Dès qu’il avait un crayonné dans les mains, il savait ce qui n’allait pas » affirme Hugues Dayez. 

« Franquin sait qu’il dessine mal »

" Franquin est un vrai dessinateur, dés qu'il s'installait dans un style, il voulait passer à autre chose "

 

Il voulait être sûr que l’on comprenne bien ses histoires. Il avait le sens du détail et ajoutait toujours beaucoup d’éléments. Il était toujours question « de prendre le petit lecteur par la main, pour qu’il n’ait pas de difficulté à rentrer dans le récit » nous dit Fred Jannin pour expliquer le souci de lisibilité de Franquin. 

 

D’ailleurs, ce n’était pas un narrateur, il préférait les histoires courtes. À la lecture d’un album de Gaston, ce n’est pas l’histoire en entier qui marque mais telle ou telle séquence. Pour Hugues Dayezs, le dessinateur est « un homme de paroxysme. Paroxysme du dessin et de l’émotion ». 

Emission spéciale pour les 60 ans de Gaston Lagaffe

Franquin, 20 ans après, entre à Beaubourg

André Franquin nous a quittés il y aura 20 ans ce 5 janvier 2017. Beaubourg le met à l'honneur dans l'exposition "Gaston, au-delà de Lagaffe" visible à la Bibliothèque du Centre Georges-Pompidou (Bpi) à Paris jusqu'au 10 avril 2017. L'occasion d'écouter "La 4e Dimension" de Stéphane Dupont consacrée à l'exposition "Le Monde de Franquin" en 2006 à Bruxelles. Avec la voix de Franquin, interviewé par Michèle Cédric, Marc Moulin et Hugues Dayez.

 

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