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Football

Franky Van der Elst fête ses 60 ans : 4 Coupes du monde, une carrière dévouée à Bruges et... un regret

30 avr. 2021 à 05:00Temps de lecture4 min
Par Lancelot Meulewaeter

Le Fox fête ses 60 ans ce 30 avril. Légende des Diables Rouges et joueur iconique du FC Bruges, Franky Van der Elst présente l'un des palmarès les plus fournis du monde du football belge. Travailleur discret qui a séduit tous les entraîneurs qui ont croisé sa route, il est le témoin d'un football révolu : celui où un joueur pouvait passer quinze ans dans le même club sans tentation de l'étranger, celui où un milieu défensif pouvait glaner deux Soulier d'or; tout en disputant quatre Coupes du monde, performance que peu de joueurs de la génération dorée pourront égaler.

Une carrière d'un autre temps

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"Être quinze ans dans le même club, ce n’est plus possible vu comment ça se passe dans le foot dans le monde du football aujourd'hui", retrace l'originaire du Pajottenland, qui a débuté sa carrière au RWDM avant de connaître le FC Bruges et de ne plus jamais le quitter. "Mais à l’époque, c’était normal. A Bruges, Jan Ceulemans, Timmy Simons, Gert Verheyen ou Danny Verlinden sont restés très longtemps. Dans le temps c’était plus difficile pour décrocher un transfert. Quand ton contrat arrivait à terme, tu restais lié au club". Pilier indéboulonnable en Venise du Nord, Van der Elst a été le témoin de l'évolution du FC Bruges, qui a vu passer des joueurs exceptionnels en ses rangs. "Il y a eu Papin, bien sûr. Quelle carrière ! Un Ballon d'or, l'OM, le Bayern, l'AC Milan. Un gars qui pouvait râler même en cas de victoire quand il n'avait pas marqué, tant il vivait pour le but. C'est le joueur passé par Bruges qui a eu la meilleur carrière. Mais pour moi, le meilleur, c'était Ceulemans." Surprenant, non ? "C’était le meilleur. Ce n’était pas un attaquant de pointe, ce n’était pas un milieu, c’était un 9,5. Toujours à la bonne position, toujours libre. Il savait marquer des buts, mais il avait l’oeil pour ses coéquipiers. C'était très facile pour moi de jouer derrière lui."

86 sélections chez les Diables, de Mexico au Parc des Princes

Le Roi du milieu de terrain, et un fan.
Le Roi du milieu de terrain, et un fan. © Tous droits réservés

Jan Ceulemans, Van der Elst l'a longtemps côtoyé en équipe nationale. Avant l'éclosion de la génération dorée, avec les Vertonghen, Hazard, Witsel qui ont explosé la barre des 100 apparitions, c'est le tandem brugeois qui comptait le plus d'apparitions sous la vareuse nationale. Avec ses 86 sélections, Van der Elst a connu une longévité exceptionnelle. "J'ai commencé en 1984 et j'ai terminé en 1998. Les entraîneurs aimaient bien la manière avec laquelle je jouais. Je jouais en fonction de l’équipe, devant la défense. J’étais l’homme qui s'assurait de l’équilibre dans l’équipe." Une sorte de Witsel avant l'heure, même s'il réfute la comparaison, par humilité. "J'ai commencé par Mexico 86. Un souvenir incroyable ! Il faut se remettre dans le contexte : à l'époque, on n'avait pas accès aux journaux, on avait très peu de contacts avec la famille. On était en vase-clos avec 30 personnes. C'était une expérience humaine particulière. J'étais sur le banc lors de la demi-finale face à l'Argentine. J'ai vu Maradona de très près et il était impressionnant." En tout, Van der Elst dispute treize matchs en Coupe du monde. "L'Italie reste un bon souvenir car c'était le pays où évoluaient les meilleurs joueurs du monde à l'époque. Les Etats-Unis, c'était une belle aventure aussi parce que tout le monde rêve d'aller dans ce pays. Finalement, la moins belle expérience, c'était en France." Faites les comptes, VDE a donc disputé 4 coupes du monde, un record en Belgique qu'il co-détient avec Marc Wilmots et Enzo Scifo.

La fournaise de Bordeaux et le remplacement de Scifo

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A 37 ans, Van der Elst prend sa retraite internationale. Mais Georges Leekens, buté, veut absolument compter sur l'expérience du médian brugeois et le convainc de prendre part au mondial français. "Le deuxième match face au Mexique, on a dû le jouer sous plus de 40 degrés. J'avais du mal à suivre. Mes jambes tremblaient. Après la rencontre (partage 2-2), j'ai dit à Leekens que je ne voulais pas jouer le dernier match. J'avais mal partout." Puis vient la grande désillusion face à la Corée du Sud, celle du remplacement de Scifo par Van der Elst à la 66e minute du match. "On devait absolument gagner pour espérer accéder aux huitièmes de finale. Mais dans un match très compliqué, on n'arrivait pas à faire la différence. J'étais très content d'être sur le banc, je ne voulais pas rentrer au jeu. Puis Leekens a sorti Scifo pour me faire rentrer alors qu'on devait gagner. Il y a eu énormément de critiques, certainement côté francophone." La suite (et fin) de l'histoire, c'est un partage qui condamne les Diables à un triste retour au plat pays. Et un concert de critiques pour la gestion ratée de Leekens durant toute la campagne, alors que Van der Elst tire un trait définitif sur sa carrière internationale.

Soulier d'or deux fois, à six ans d'intervalle

CUP-FR98-NED-BEL-ACTION
CUP-FR98-NED-BEL-ACTION © Tous droits réservés

Le natif de Ninove a connu les sommets et les moments difficiles de l'équipe nationale. Il a également bien en tête son palmarès en club et l'énonce sans la moindre hésitation. "Avec Bruges, j'ai remporté 5 titres de champions de Belgique, 4 coupes de Belgique, 7 ou 8 fois la Super Coupe et on a disputé deux demi-finales de coupe d’Europe. D'un point de vue personnel, j'ai remporté deux fois le Soulier d’or." Deux godasses dorées, remportées à six ans d'intervalle (1990 et 1996). Un cas unique pour un milieu défensif. "Witsel l'a gagné aussi, mais à l'époque il jouait un cran plus haut. Timmy Simons l'a remporté une fois aussi. On est peu de milieux défensifs à l'avoir gagné. C'est compréhensible parce qu'on récompense toujours les artistes." Il reconnaît ne pas en être un, même si sa présence sur le terrain aura facilité l'expression des nombreux talents qui ont évolué devant lui. Depuis la fin de sa carrière, le Fox s'est reconverti en tant qu'analyste pour la télévision néerlandophone, après quelques incursions comme T1 et T2, notamment à Saint-Trond et plus récemment à Ostende. "Le monde du football a beaucoup changé. A notre époque temps, on était plus à l’aise. Autour du foot aujourd'hui, il y a beaucoup de pression, avec les médias et les réseaux sociaux. Le jeu en lui-même a changé, c’est devenu plus compact. Sincèrement, je suis content d’avoir joué à l’époque et pas aujourd'hui..."

Portrait de Franky Van der Elst

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16 mai 1999 : Dernier match de Franky Van der Elst avec Bruges face à Westerlo.

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