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Frank Vandenbroucke : "On va vaincre le coronavirus avec la vaccination, mais ça va prendre encore un peu de temps"

Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke : "moi aussi, j’en ai marre"
04 mars 2021 à 07:253 min
Par A.M.

Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke en a marre, lui aussi, du confinement et des mesures de restriction. Un cri du cœur, recueilli ce jeudi matin, veille d’un nouveau Codeco porteur d’espoir d’assouplissement, par Thomas Gadisseux, sur Matin Première.

Marre peut-être, mais pas au point d’oublier l’essentiel, selon lui : que la campagne de vaccination doit encore prendre plus d’ampleur.

"On va vaincre le virus avec la vaccination, mais ça va prendre encore un peu de temps, ce n’est pas énorme, mais il ne faut pas gaspiller les acquis".

Priorité personnelle du ministre : les jeunes et les écoles

"En ce qui me concerne, si on peut assouplir, 'si', ma priorité personnelle, c’est l’enseignement. Parce qu’on voit très bien, notamment dans l’enseignement secondaire, pas mal de lycéens qui souffrent de ce mode de fonctionnement".

Et Frank Vandenbroucke de souligner combien il y a eu, "en grande majorité jusqu’ici, un comportement très correct de la population pour suivre toutes les mesures".

Accélération ?

Alors, va-t-on concrètement pouvoir accélérer la cadence en matière de vaccination, puisque c’est selon lui, la clé pour un réel assouplissement des mesures ?

"Oui, il va y avoir une simplification au niveau de l’organisation, et un véritable coup de boost". Trois vaccins à disposition, "le stock tampon de Pfizer qui va pouvoir être réduit…" Mais pas sans précaution : "Il nous fallait tout de même des avis d’experts".

"Dans une deuxième étape, si on peut décider de donner la deuxième dose à 35 jours au lieu de 21, alors il y aura une nouvelle accélération".

Mais il faut étudier les aspects juridiques de la notice et avoir un débat avec les autres pays européens et avec l’Agence européenne du Médicament. L’affaire d’une petite semaine encore.

Mais prudence…

A-t-on perdu du temps dans cette campagne de vaccination ? Non car il faut rester prudent selon le ministre. "Quand on n’a pas suffisamment de données pour être vraiment sûr qu’on peut administrer le vaccin AstraZeneca aux personnes âgées, il faut patienter un peu".


►►► C’est officiel : le vaccin AstraZeneca sera administré pour les plus de 55 ans


Ces 500.000 doses dans les frigos belges, que l’opposition veut faire administrer sans plus attendre ? "Ça c’est trop simple, parce qu’il faut quand même des garanties que quand on invite une personne à se faire vacciner, le vaccin soit là !"

Les retards de production et livraison du vaccin AstraZeneca ont en tout cas le don de l’agacer… "On a été, au niveau européen, trop optimiste… On a cru les promesses trop optimistes d’AstraZenaca. On a signé un contrat […], mais on aurait dû vérifier si l’industrie était capable de le faire".

Les généralistes vont jouer un rôle direct

Quant aux généralistes, qui piaffent d’impatience pour entrer eux aussi dans la danse de la vaccination, et qui s’estiment exclus, "ils ont été associés, ainsi que les organisations de spécialistes à l’élaboration de la campagne de vaccination au sein de la task Force" affirme Frank Vandenbroucke.

"Deuxièmement, je comprends que les médecins généralistes veuillent pouvoir administrer le vaccin à leurs patients, c’est compréhensible, mais à ce stade-ci il y a des contraintes logistiques (conservation du vaccin Pfizer…). Le schéma prévoit que les généralistes identifient les patients à risques, et les dirigent vers les centres de vaccination, dans le respect de la vie privée.

Des discussions sont encore en cours, mais en tout cas, je pense, personnellement, qu’une fois qu’on aura dépassé le stade de vaccination collectif, de masse, de la campagne, les médecins généralistes vont jouer un rôle direct aussi. Mais il n’est pas anormal d’avoir choisi d’abord une solution rapide et collective".