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Francos 2012: un deuxième jour en mode mineur

Francos 2012: un deuxième jour en mode mineur
20 juil. 2012 à 12:183 min
Par François Colinet

On ne sait pas très bien si c’est nous qui étions déjà émoussés, si les choix opérés parmi la foisonnante programmation n’étaient pas les bons ou si vraiment cette journée avait moins de saveur. Au final, un jeudi agréable mais sans très grands moments.

Carmen Maria Vega
Carmen Maria Vega photo : Xavier Beaurain

Carmen Maria Vega, punk et poésie

Ce jeudi en demi-teinte commence par un rendez-vous manqué avec Cédric Gervy. Nos fidèles lecteurs connaissent déjà cet enseignant nivellois, échevelé de la déconne en français, devenu un vrai pote à force d’arpenter toutes les scènes des Francos depuis 10 ans. (Il a même eu les honneurs de la scène Rapsat!) Cette année, il représente la Belgique lors des concerts réunissant les 3 Francos , celles de Spa, de Montréal et de La Rochelle, au côté de la française Giedré et de canadienne Lisa Leblanc. Mauvais timing, mauvais karma, on n’a entendu que la fin de son set dans le village qui a, paraît-il, " tout déchiré! "

On s’est vite rattrapé avec l’excellent concert de Carmen Maria Vega, notre deuxième révélation du festival. Petite minette, jupe mini, bas noirs et une houppette sur la tête, elle balance entre rock’ n roll et poésie avec plein de dérision. Ça sent la Mano Negra, les Négresses vertes ou Dionysos (elle a d’ailleurs chanté en duo avec Mathias Malzieu sur son nouvel album joliment nommé Du chaos naissent les étoiles). C’est jouissif, sans chichis, très punk attitude, vif et drôle comme cette chanson dédicacée à Carla Bruni avec ce commentaire incisif: " Un échec, à 43 ans, quand c’est la première fois, c’est dur! " Cinglant!

Jali
Jali photo: Xavier Beaurain

Entre Jali et Eiffel, grand écart réussi

Parti dans notre idée de découverte, on s’attarde d’abord sur quelques gentilles ritournelles de Benoit Dorémus, quelque part entre Renan Luce et Aldebert. Ambiance feutrée et quelques bons jeux de mots mais à revoir avec plus d’intimité parce que là, on a trouvé ça assez fade.

Direction Jali donc, pour constater une fois de plus l’irrésistible ascension de Monsieur Sourire que beaucoup ont découvert ici l’an dernier. Impeccable comme toujours, surtout la reprise de L’amour à la machine de Souchon. L’année prochaine sur la scène Rapsat, on prend les paris ?

Eiffel
Eiffel photo: François Evrard

Après un chouette petit détour par les chansons très classieuses de L que l’on suivra avec intérêt à l’avenir tellement elle est sympa, c’est Eiffel qui nous autorisera à vraiment nous lâcher.

Carmen Maria Vega nous disait en interview quelques heures plus tôt que personne n’avait repris le flambeau de l’esprit rock en français depuis la disparition de Noir désir. Eiffel est sans doute le groupe qu’elle cherche tellement les ressemblances avec la bande à Cantat sont évidentes. Il faut dire qu’ils sont littéralement voisins, partageant le même jardin et que, même physiquement, le mimétisme est quasi parfait. Tout y est, l’énergie, la voix, la rage, l’indignation et une femme à la basse !  Il manque juste quelques tubes mais Eiffel est un très bon groupe de rock depuis 15 ans déjà. À revoir au Botanique le 13 décembre.

Hugh Laurie LA star du jour
Hugh Laurie LA star du jour Christophe Toffolo

Dr House se trompe de service!

Avec tout ça, on oublierait presque de vous parler de LA star du jour, attendue par une nuée de chasseurs d’autographe mais qui n’a pas attiré la grande foule sur la scène Rapsat. Il faut dire que son disque de blues n’est pas vraiment main stream et que franchement, c’est très fade! A la limite dans un petit club local… Il a sans doute ravi les aficionados de blues mais on connaît bien des bluesman qui s’en tirent 100 fois mieux avec ce répertoire de standards inusables.

Comme disait notre collègue Alexandra Vassen, " Chacun son métier!. Sans la notoriété de Dr House, il aurait juste sa place dans les bars en folie. C’est une bonne nouvelle pour tous ceux qui triment dans les bars et qui rêvent de la scène Rapsat. Hugh Laurie leur prouve, par l’absurde que tout est possible! ". Tout est dit!

Fin de parcours pour cette deuxième journée. Par décence, on vous épargne nos commentaires acerbes sur la prestation insipide de Mickael Miro et son " Dam dam deo ". On a rarement entendu quelque chose d’aussi mauvais! On préfère garder un bon souvenir des quelques titres de Lisa Leblanc qui nous ont accompagné vers le sommeil et dont on vous reparlera avec plaisir.

à demain!

François Colinet

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