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France: Valls exclut de "dévier" du cap des réformes et obtient la confiance

France: Valls exclut de "dévier" du cap des réformes, le pays décide "seul"

© PATRICK KOVARIK - BELGAIMAGE

16 sept. 2014 à 13:36 - mise à jour 16 sept. 2014 à 17:05Temps de lecture3 min
Par Belga News

Cette majorité est nettement plus faible que celle accordée en avril au premier gouvernement Valls, qui avait alors eu 306 voix. "Je serai à la hauteur de cette confiance", a réagi Manuel Valls qui a essuyé, selon une source parlementaire, l'abstention de 31 députés "frondeurs" de son parti, opposés au virage libéral de sa politique.

Manuel Valls exclut de "dévier"

Dans un discours très offensif devant les députés, le chef du gouvernement a maintenu le cap de la relance de la compétitivité du pays et de l'assainissement de ses finances publiques, récusant que sa ligne conduise à une "régression" sociale. "Rien ne doit nous faire dévier de notre engagement à réaliser 50 milliards d'économies en trois ans (...) Il faut maîtriser l'évolution des dépenses publiques", a-t-il martelé.

Il a souligné que la France ne demandait "aucune facilité" pour ses dérapages budgétaires, alors que Paris vient de repousser de deux ans, à la fin du quinquennat de François Hollande en 2017, le retour de son déficit public sous le plafond européen de 3% du PIB.

Mais, a-t-il ajouté à l'adresse de l'Allemagne et implicitement de la Commission européenne, "la France décide elle seule de ce qu'elle doit faire". A une semaine d'une rencontre avec la chancelière Angela Merkel, M. Valls n'a pas ménagé Berlin en appelant la première économie européenne à "assumer ses responsabilités" pour relancer l'économie en panne dans la zone euro.

"L'accord entre nos deux pays est indispensable pour relancer la croissance et redonner au projet européen sa véritable ambition", a-t-il défendu.

Dans un message à peine voilé aux députés frondeurs de l'aile gauche du Parti socialiste, qui l'accusent de dérive sociale-libérale, le Premier ministre a revendiqué ses "valeurs chères à la gauche" et n'a pas non plus épargné le patronat.

"Usé jusqu'à la corde" 

"Oui, nous réformons et nous allons continuer à le faire. Mais réformer, ce n'est pas casser. Réformer, ce n'est pas régresser", a-t-il dit, fustigeant la "provocation" et la "surenchère" du Medef, principale organisation de chefs d'entreprises français qui vient de proposer une série de mesures iconoclastes comme la remise en cause du salaire minimum ou la suppression de jours fériés.

Le vote de confiance des députés sollicité par Manuel Valls visait à resserrer les rangs à gauche, deux jours avant une conférence de presse jeudi du président François Hollande, et à redonner à l'exécutif une légitimité que lui contestent l'opposition de droite et une large partie de l'opinion.

La popularité du couple Hollande-Valls continue à reculer en septembre, le chef de l'Etat tombant à 13% et le Premier ministre à 30%, selon le dernier sondage publié lundi.

"Vous n'êtes déjà plus le pare-feu d'un président en perdition, car après cinq mois, vous êtes comme lui usé jusqu'à la corde. Vous êtes usé sans avoir rien fait, voilà votre prouesse", a ironisé le chef de file des députés UMP (droite, opposition) Christian Jacob, en répondant mardi à M. Valls.

Face à ce que la presse qualifie de "descente aux enfers", le chef du gouvernement a fait pression sur les récalcitrants de sa majorité en appelant à "l'unité".

Arithmétiquement, Manuel Valls devait sortir du vote avec un score étriqué lui accordant une majorité seulement relative. Un des chefs de file des frondeurs a évalué à "probablement une trentaine" ceux d'entre eux qui opteront pour une "abstention collective". Ce choix sera aussi celui de 17 des 18 députés écologistes.

Le groupe socialiste compte 289 députés sur 577, soit exactement la majorité absolue. Manuel Valls devait aussi pouvoir compter sur les voix des radicaux de gauche, qui disposent de trois ministres et 17 députés.

La rentrée du couple Valls-Hollande, que le Premier ministre avait anticipée comme "difficile" au vu de la situation économique avec un chômage record à plus de 10%, a viré au cauchemar avec un remaniement gouvernemental imposé fin août par la rébellion de plusieurs ministres contre sa ligne réformiste.

Le climat, délétère, a été attisé dans la foulée par la sortie d'un livre-brûlot de Valérie Trierweiler, l'ex-compagne de François Hollande, décrivant le chef de l'Etat comme méprisant les pauvres. Le nouveau gouvernement a aussi dû affronter le scandale de l'affaire Thomas Thévenoud, éphémère secrétaire d'Etat débarqué pour avoir omis de payer ses impôts et qui refuse depuis d'abandonner son siège de député.

D'autres écueils s'annoncent déjà avec dès le mois prochain l'examen du budget 2015.

D'ici là, l'attention devrait toutefois se reporter à droite, sur le retour imminent en politique de Nicolas Sarkozy, battu en 2012 par François Hollande.

AFP

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