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France: une députée noire dépeinte en esclave dans un magazine de la droite radicale

France: une députée noire dépeinte en esclave dans un magazine de la droite radicale
29 août 2020 à 13:42Temps de lecture2 min
Par Belga

La classe politique française a unanimement condamné samedi un magazine ultra-conservateur dépeignant en esclave une députée noire de la gauche radicale, dénonçant un article "inacceptable" et une "apologie du racisme".

Le Premier ministre Jean Castex a lui-même condamné sur twitter une "publication révoltante" et assuré la députée Danièle Obono du soutien du gouvernement.

Dans un récit de sept pages publié cette semaine par Valeurs actuelles, la députée de Paris "expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l'esclavage" au XVIIIe siècle, selon la présentation qu'en fait le magazine. Des dessins de Danièle Obono, collier en fer au cou, accompagnent ce "roman de l'été".

"On est libre d'écrire un roman nauséabond, dans les limites fixées par la loi. On est libre aussi de le détester. Moi je le déteste et suis (aux) côtés" de la parlementaire, a écrit pour sa part le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti.

Réprouvant vivement un "cortège de haines, comme l'ont déjà expérimenté beaucoup de responsables politiques noirs ou d'origine maghrébine ces dernières années", l'association SOS Racisme a indiqué dans un communiqué étudier "les suites judiciaires envisageables".

Dès vendredi, Danièle Obono avait évoqué sur Twitter une "merde raciste dans un torchon". "L'extrême-droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même", avait-elle ajouté. Jean-Luc Mélenchon, le leader de LFI, le parti auquel elle appartient, s'était élevé contre un "harcèlement nauséabond" envers la députée.

Mais, a répondu le magazine d'opinion par le même canal, "il s'agit d'une fiction mettant en scène les horreurs de l'esclavage organisé par des Africains au XVIIIe siècle", "terrible vérité que les indigénistes ne veulent pas voir".

Un responsable du parti d'extrême-droite Rassemblement national, Wallerand de Saint-Just, a condamné sur Twitter la publication, "d'un mauvais goût absolu": "le combat politique ne justifie pas ce type de représentation humiliante et blessante d'une élue de la République", selon lui.

Le président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM) a critiqué une "ignoble représentation d'une parlementaire", tandis que le Parti communiste a dénonçé un écrit "particulièrement scandaleux".

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