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France : retour des jauges et de l’interdiction des concerts debout face au regain du Covid-19

Retour des jauges fixées à 2.000 personnes maximum en intérieur et 5.000 en extérieur, et de l'interdiction des concerts debout face au regain du Covid-19
29 déc. 2021 à 07:533 min
Par AFP

Retour des jauges et de l'interdiction des concerts debout face au regain du Covid-19: "On est revenu près de deux ans en arrière", se désole Angelo Gopee, patron de Live Nation France, structure majeure du spectacle vivant.

Le gouvernement a annoncé lundi le retour des jauges pour les rassemblements, fixées à 2.000 personnes maximum en intérieur et 5.000 en extérieur. Et les concerts debout sont tout bonnement interdits. Des mesures adoptées pour une durée de trois semaines.

"C'est le chaos. Les concerts debout n'étaient de retour que depuis cet été et les jauges pleines (en intérieur) n'étaient revenues que depuis mi-novembre", peste mardi auprès de l'AFP Angelo Gopee, qui gère tournées et concerts grands formats.

"Si c'est pour faire une saison qui commence en avril et finit en novembre, ça n'a plus de sens, à un moment il va vraiment falloir vivre avec ce virus", renchérit pour l'AFP Aurélie Hannedouche, du Sma (Syndicat des musiques actuelles), réseau des moyennes et petites salles.

"On n'a pas été consultés, on est hors de nous, usés, transformer le debout en assis, c'est passer de trois personnes en debout à une en assis (d'où un manque à gagner, ndlr), certains vont préférer rester fermés pendant trois semaines", ajoute la voix du Sma.

"Certaines tournées vont être annulées car il n'y a plus de possibilité de reprogrammation en 2022, tous les créneaux sont pris avec les précédents reports, prolonge le boss de Live Nation France. Or les meetings politiques auront lieu, c'est un manque de respect".

- "J'organise des meetings ici" -

Grand Corps Malade ironise d'ailleurs sur ses réseaux sociaux. "Je suis donc candidat aux élections présidentielles, tous mes meetings sont maintenus", lit-on au dessus des dates d'une tournée rebaptisée "campagne".

Même ton chez Eddy de Pretto: "J'organise des meetings ici", poste-t-il, glissant ses dates de concert.

Angelo Gopee fait le distinguo entre OrelSan, qui allait lancer sa tournée et pourrait "annuler 4-5 dates et les reprogrammer jusqu'en 2023" et Gad Elmaleh, comédien et chanteur à ses heures, en pleine tournée déjà reportée. "Ca fait déjà trois fois qu'on reporte, pour Gad ça devient compliqué, on ne peut pas reporter en 2023". "Certaines tournées ne sont amorties qu'à partir d'un certain nombre de dates, dans le cas de tournées, cinq dates annulées c'est 500.000 euros de pertes", pointe encore le responsable de Live Nation France.

La France échappe à une fermeture des lieux culturels comme en Belgique. Mais dans les musiques actuelles, des esthétiques comme le rap ou l'électro sont incompatibles avec des audiences assises. "Et qui nous dit que ces mesures ne vont durer que trois semaines ?", s'interroge encore Angelo Gopee.

La filière croyait s'être mise à l'abri avec le concert-test d'Indochine au printemps dernier. La présence "à un concert n'a pas été associée à un sur-risque de transmission du (Covid-19) lors d'un concert en configuration debout, sans distanciation physique, chez des personnes masquées avec un test antigénique négatif dans une salle fermée", constatait à l'époque l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

- "Inquantifiable" -

Certes, les variants Delta ou Omicron ne sévissaient pas encore. Mais la vaccination n'avait pas atteint non plus les seuils actuels (schéma complet pour 76,6% de la population totale, plus de 22 millions de personnes avec dose de rappel). "Le problème des concerts debout, c'est le bar. Le concert-test d'Indochine a prouvé que masque, pass-sanitaire et bar fermé évitaient la circulation du virus. C'est triste un concert comme ça mais c'est mieux que de mettre à terre la culture", analyse sur ses réseaux sociaux Sophian Fanen, journaliste spécialiste du secteur, animateur de conférences aux dernières Trans Musicales de Rennes.

"L'Etat va demeurer aux côtés de ceux qui seront impactés par ces nouvelles mesures, circonscrites dans le temps et adaptées à l'évolution de la situation sanitaire", a assuré lundi soir la ministre de la Culture Roselyne Bachelot sur Twitter.

Mais Angelo Gopee pointe "l'inquantifiable dans le cadre des compensations": "devant autant d'incertitudes la vente future de billets va être affectée, les gens ne vont plus oser réserver".


AFP

"On n’a pas été consultés, on est hors de nous, usés, transformer le debout en assis, c’est passer de trois personnes en debout à une en assis (d’où un manque à gagner, ndlr), certains vont préférer rester fermés pendant trois semaines", ajoute la voix du Sma.

"Certaines tournées vont être annulées car il n’y a plus de possibilité de reprogrammation en 2022, tous les créneaux sont pris avec les précédents reports, prolonge le boss de Live Nation France. Or les meetings politiques auront lieu, c’est un manque de respect".

"J’organise des meetings ici"

Grand Corps Malade ironise d’ailleurs sur ses réseaux sociaux. "Je suis donc candidat aux élections présidentielles, tous mes meetings sont maintenus", lit-on au-dessus des dates d’une tournée rebaptisée "campagne".

Même ton chez Eddy de Pretto : "J’organise des meetings ici", poste-t-il, glissant ses dates de concert.

Angelo Gopee fait le distinguo entre OrelSan, qui allait lancer sa tournée et pourrait "annuler 4-5 dates et les reprogrammer jusqu’en 2023" et Gad Elmaleh, comédien et chanteur à ses heures, en pleine tournée déjà reportée. "Ça fait déjà trois fois qu’on reporte, pour Gad ça devient compliqué, on ne peut pas reporter en 2023". "Certaines tournées ne sont amorties qu’à partir d’un certain nombre de dates, dans le cas de tournées, cinq dates annulées c’est 500.000 euros de pertes", pointe encore le responsable de Live Nation France.

La France échappe à une fermeture des lieux culturels comme en Belgique. Mais dans les musiques actuelles, des esthétiques comme le rap ou l’électro sont incompatibles avec des audiences assises. "Et qui nous dit que ces mesures ne vont durer que trois semaines ?", s’interroge encore Angelo Gopee.

La filière croyait s’être mise à l’abri avec le concert-test d’Indochine au printemps dernier. La présence "à un concert n’a pas été associée à un surrisque de transmission du (Covid-19) lors d’un concert en configuration debout, sans distanciation physique, chez des personnes masquées avec un test antigénique négatif dans une salle fermée", constatait à l’époque l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

"Inquantifiable"

Certes, les variants Delta ou Omicron ne sévissaient pas encore. Mais la vaccination n’avait pas atteint non plus les seuils actuels (schéma complet pour 76,6% de la population totale, plus de 22 millions de personnes avec dose de rappel). "Le problème des concerts debout, c’est le bar. Le concert-test d’Indochine a prouvé que masque, pass-sanitaire et bar fermé évitaient la circulation du virus. C’est triste un concert comme ça mais c’est mieux que de mettre à terre la culture", analyse sur ses réseaux sociaux Sophian Fanen, journaliste spécialiste du secteur, animateur de conférences aux dernières Trans Musicales de Rennes.

"L’Etat va demeurer aux côtés de ceux qui seront impactés par ces nouvelles mesures, circonscrites dans le temps et adaptées à l’évolution de la situation sanitaire", a assuré lundi soir la ministre de la Culture Roselyne Bachelot sur Twitter.

Mais Angelo Gopee pointe "l’inquantifiable dans le cadre des compensations": "devant autant d’incertitudes la vente future de billets va être affectée, les gens ne vont plus oser réserver".

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