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France: quand les violences policières font sourire Emmanuel Macron, la bourde "scandaleuse" du président

France: quand les violences policières font sourire Emmanuel Macron, la bourde "scandaleuse" du président
30 janv. 2020 à 20:482 min
Par AFP

Premier chef de l'Etat depuis Mitterrand à se rendre au grand rendez-vous annuel de la bande dessinée d'Angoulême, Emmanuel Macron a célébré ce jeudi un "art majeur" et surpris en posant avec un t-shirt dénonçant les violences policières, offert par le dessinateur Jul.

A l'occasion d'un déjeuner entre le chef de l'Etat et des auteurs, Emmanuel Macron a reçu des mains du dessinateur de "Silex and the city" un t-shirt représentant un Fauve (la récompense attribuées à Angoulême, ndlr) éborgné. Sous le dessin est écrit: "LBD 2020", référence au lanceur de balles de défense (LBD) et à l'acronyme choisi pour l'année de la BD (BD 2020).


►►► Lire aussi: le lanceur de balles de défense, un usage de la force disproportionné?


Une photo du chef de l'Etat posant tout sourire avec son cadeau, postée par le dessinateur sur les réseaux, a immédiatement enflammé la Toile.

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Et fait réagir l'opposition. De droite: "un outil de propagande antipolice qui n'a rien à faire entre les mains du Président de la République", selon le député LR Eric Ciotti. Comme de gauche: "le président banalise les violences policières", d'après le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Deux des principaux syndicats de policiers se sont insurgés auprès de l'AFP. "C'est scandaleux", a réagi Yves Lefebvre, secrétaire général de l'Unité-SGP-FO. Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance, a qualifié l'épisode de "pire signal dans le contexte actuel de chaos".

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Jul a précisé à cette occasion avoir eu "une longue conversation sur le sujet des violences policières" avec le président.

Interrogé un peu plus tard par la presse, Emmanuel Macron a dit qu'il "récusait le terme de violences policières", assurant que "la violence est d'abord dans la société".

"Néanmoins de là où je suis je dois défendre la créativité, la liberté d'expression, y compris l'insolence et y compris la création d'artistes qui disent des choses (...) avec lesquelles je ne suis pas en accord", a-t-il ajouté.

Dans une ville quadrillée par de nombreuses forces de l'ordre, l'épisode a marqué la visite présidentielle. Le chef de l'État a évité le centre ville, où environ 200 manifestants hostiles à la réforme des retraites, des avocats et une poignée d'auteurs, l'attendaient.

En l'absence du président, ces manifestants, rassemblés sur le parvis de l'Hôtel de Ville, ont copieusement chahuté et sifflé le ministre de la Culture Franck Riester, venu lancer l'année de la BD.

 

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