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France: dix arrestations lors de nouvelles violences suite à la mort d'un homme après son interpellation

France: marche agitée dans une banlieue parisienne après un décès

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23 juil. 2016 à 03:46 - mise à jour 23 juil. 2016 à 09:02Temps de lecture2 min
Par RTBF avec Belga

Dix personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi à samedi dans une banlieue nord de Paris agitée par des violences depuis la mort mardi d'un jeune lors de son interpellation, selon les autorités locales.

Quatrième nuit d'échauffourées

Il s'agit de la quatrième nuit consécutive d'échauffourées sur place. Les forces de l'ordre ont notamment été visées par des tirs de mortiers artisanaux et de chevrotines, a rapporté un photographe de l'AFP qui en a été témoin. Quatre gendarmes ont été "blessés très légèrement", a indiqué la préfecture, qui a aussi fait état d'un incendie dans une entreprise de palettes, ainsi que de dix véhicules et des poubelles brûlés. Les échauffourées ont été concentrées sur les communes de Beaumont-sur-Oise, d'où était originaire Adama Traoré, le jeune homme décédé mardi, et celles voisines de Persan et Bruyères-sur-Oise.

Des policiers sont venus renforcer dans la nuit un dispositif de sécurité déjà fort de 150 policiers et gendarmes. Vendredi après-midi, une marche en mémoire d'Adama Traoré avait rassemblé au moins 1 500 personnes sans incident à Beaumont-sur-Oise. Adama Traoré, 24 ans, est décédé mardi alors qu'il venait d'être arrêté par les gendarmes. Son entourage considère qu'il s'agit d'une "bavure" et, depuis, les nuits sont ponctuées de violences à Beaumont et dans les communes avoisinantes. L'autopsie pratiquée sur le corps du jeune homme a écarté la responsabilité des forces de l'ordre dans son décès.

Plusieurs milliers de personnes ont participé vendredi à une marche à Beaumont-sur-Oise, une ville en banlieue de Paris agitée par des violences depuis la mort mardi d'un jeune lors de son interpellation.

Pas de justice, pas de paix

Lors de la marche à travers la ville, les proches d'Adama Traoré portaient des t-shirts "Justice pour Adama, sans justice vous n'aurez jamais la paix".

Cette manifestation, annoncée comme silencieuse, a finalement été ponctuée d'applaudissements en hommage au jeune homme et de slogans comme "Je suis Adama" ou "Pas de justice, pas de paix". Certains participants ont crié "Assassins" à l'adresse de gendarmes présents discrètement à certains points du parcours.

Plus tard dans la soirée, des tirs de mortiers artisanaux ont été constatés par un photographe de l'AFP. Outre ces tirs, la préfecture a également fait état de "six feux de poubelle et dix feux de voitures".

La mort d'Adama Traoré avait déjà entraîné plusieurs nuits d'échauffourées dans les communes de Beaumont-sur-Oise et Persan, avant de s'étendre à trois communes voisines.

Pas de "traces de violence significatives"

L'autopsie pratiquée sur le corps d'Adama Traoré, suite à son décès lors de son arrestation, a écarté la responsabilité des forces de l'ordre, alors que la famille avait dénoncé une possible bavure.

Jeudi, les autorités judiciaires avaient indiqué que le jeune homme souffrait d'"une infection très grave", "touchant plusieurs organes". Selon lui, le médecin légiste n'a pas relevé de "traces de violence significatives" sur le corps. Pour une source proche de l'enquête, la pathologie de la victime est la cause de sa mort.

Vendredi, au cours d'une conférence de presse, Assa Traoré, la soeur du jeune homme de 24 ans, a accusé: "Mon frère a été tué, mon frère a subi des violences." Elle a aussi affirmé qu'il faisait objet d'un "acharnement policier depuis plusieurs années".

La famille du défunt a déposé vendredi une demande de contre-autopsie, a déclaré l'un de ses avocats avant le départ de la marche.

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