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France: les points chauds des législatives de dimanche

Le duel le plus attendu et le plus médiatisé sera sans nul doute celui qui opposera Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pzen à Hénin-Beaumont dans le Nord

© AFP / PHILIPPE HUGUEN

07 juin 2012 à 11:08 - mise à jour 07 juin 2012 à 13:31Temps de lecture3 min
Par Belga News

C'est dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, une vieille région industrielle qui a dépéri au rythme de la fermeture de ses mines, que la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, tentera de se faire élire députée, dimanche prochain et le 17 juin, face au tribun de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon.

Le choc entre ces deux anciens candidats à la présidentielle revêt une dimension nationale et a focalisé l'attention médiatique dans une campagne sans grand relief, un mois à peine après la bataille pour l'Elysée.

Forte des 17,9% obtenus au premier tour de la présidentielle, score historique pour le parti fondé par son père, Mme Le Pen espère tirer les bénéfices de son implantation à Hénin-Beaumont, dont elle a été conseillère municipale de 2008 à 2011.

Révélation de la campagne présidentielle pour ses meetings géants, Jean-Luc Mélenchon a porté le score des communistes auxquels il est allié au sein du Front de gauche à son plus haut niveau depuis plus de 25 ans (11,1%), et veut par son parachutage "assumé" dans le Nord poursuivre son "combat" contre l'extrême droite.

Duel d'injures

Il a traité Mme Le Pen de "semi-démente" à la tête d'une équipe "stupide" de "gorilles" qui se sont "fait serrer" en diffusant un faux tract appelant à voter pour lui en français et en arabe, sur fond vert, la couleur de l'islam.

Elle l'a qualifié d'"hurluberlu d'extrême gauche" qui voudrait "noyer la circonscription sous une marée" d'immigrés "clandestins" et l'accuse de ne s'être pas assez démarqué des "élus voyous", visant certains notables locaux de gauche suspectés de malversations.

Selon un sondage Ifop, Marine Le Pen arriverait en tête dimanche (34%) dans cette circonscription détenue par le Parti socialiste (PS), devant Jean-Luc Mélenchon (29%), mais serait battue par ce dernier au second tour le 17 juin.

Sièges éjectables

Ces législatives, dont le mode de scrutin favorise les grosses formations et les regroupements, sont traditionnellement défavorables aux extrêmes. Mais ce scrutin sera toutefois risqué pour plusieurs figures de la vie politique française.

Ainsi, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007 Ségolène Royale, qui vise la présidence de l'Assemblée nationale, devra battre un dissident du PS qui a dénoncé le parachutage à La Rochelle (ouest) de l'ex-compagne du président François Hollande comme "un coup de force anti-démocratique".

Plus au sud, le leader centriste François Bayrou pourrait payer cher son vote en faveur de François Hollande au second tour de la présidentielle: il aura pour la première fois contre lui à la fois un candidat de gauche et de droite. Longtemps donné battu par la socialiste Nathalie Chabanne, il était revenu au coude à coude à cinq jours du vote, selon un sondage Ifop.

Plusieurs ministres de François Hollande (24 sur 34 sont candidats) jouent leur maroquin, la règle voulant que tout ministre battu quitte le gouvernement: c'est notamment le cas d'Aurélie Filippetti (Culture) ou de Stéphane Le Foll (Agriculture) qui seraient élus de justesse, selon les dernières enquêtes.

A droite, si le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, semble assuré de sauver son siège près de Paris, d'autres ténors de l'ancienne majorité présidentielle comme l'ex-porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, sont en position délicate. Elle pourrait pâtir de la présence du Front national qui a clairement appelé ses militants à la faire battre.

Loin de ces rudes batailles, quelques figures de la société civile sont entrées dans le paysage: à Paris, le généticien Axel Kahn affronte, au nom du PS, l'ancien Premier ministre François Fillon et en Ariège (sud), une actrice porno Céline Bara se présente pour défendre des idées d'extrême gauche "hostiles à toute religion".

Belga

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