RTBFPasser au contenu

Fort d'un large soutien, Mario Draghi, "le sauveur de la Patrie", va prendre le gouvernail de l'Italie

Fort d'un large soutien, Mario Draghi, "le sauveur de la Patrie", va prendre le gouvernail de l'Italie
12 févr. 2021 à 10:112 min
Par RTBF avec Agences

Assuré désormais d'une large majorité au Parlement, Mario Draghi, sollicité pour sortir l'Italie de sa paralysie politique en pleine pandémie, pourrait accepter dès ce vendredi le poste de Premier ministre. L'ex-président de la Banque centrale européenne (BCE) pourrait dévoiler son gouvernement et prêter serment d'ici la fin du week-end.

"Super Mario"

Mario Draghi est surnommé "Super Mario" pour son rôle dans la crise de la dette de la zone euro en 2012.  Aujourd’hui, beaucoup d’Italiens veulent voir en lui "Il Salvatore della Patria", le sauveur de la Patrie. Salué pour son extraordinaire expérience, son autorité morale, porté par une vague d’éloges, Mario Draghi marche presque sur l’eau. Une chose est sûre. Il a déjà accompli un véritable miracle. Celui qui va devenir Premier ministre a réussi à rassembler autour de lui toute la classe politique italienne.

Depuis que le président Sergio Mattarella a fait appel à lui le 3 février, Mario Draghi a mené des entretiens tous azimuts avec les partis politiques représentés au Parlement, qui lui ont permis de former un attelage hétéroclite allant du Parti démocrate (PD, centre-gauche) à la Ligue d'extrême droite de Matteo Salvini en passant par le parti de droite Forza Italia de Silvio Berlusconi.

Jeudi, in extremis, l'inclassable Mouvement 5 Etoiles (M5S), antisystème jusqu'à son arrivée au pouvoir, a donné lui aussi son feu vert lors d'un vote en ligne de ses militants, faisant ainsi tomber le dernier obstacle à un gouvernement d'union nationale.

Les difficultés ne font cependant que commencer pour cet Italien affable de 73 ans réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination. 

L'une des pires chutes du PIB

L'Italie, qui approche de la barre des 100.000 morts dus au Covid, a enregistré en 2020 l'une des pires chutes du PIB de la zone euro, avec un plongeon de 8,9%. La troisième économie de la zone compte beaucoup sur la manne de plus de 200 milliards de fonds européens, conditionnée à la présentation à Bruxelles d'ici fin avril d'un plan détaillé de dépenses.

Le Covid-19 a aggravé la crise et l'Italie continue à être l'homme malade de l'Europe 

Au fil des années, l'Italie a accumulé une dette colossale de près de 2600 milliards d'euros, soit 158% du PIB fin 2020, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce. "Le Covid-19 a aggravé la crise et l'Italie continue à être l'homme malade de l'Europe", résume pour l'AFP Fabio Pammolli, professeur d'économie à l'école de commerce Polytechnique à Milan.

En tête des priorités figure aussi l'accélération de la campagne vaccinale, affectée comme dans les autres pays européens par des lenteurs d'approvisionnement. Seulement 1,2 million d'Italiens sur 60 millions ont été vaccinés.

D'autres chantiers restés en plan depuis des décennies l'attendent sur son bureau à Palazzo Chigi, siège du gouvernement en plein centre de Rome: remédier à la lenteur de la justice, s'attaquer à la bureaucratie en rendant l'administration plus efficace, et lancer la transition écologique, qui sera coordonnée par un ministère à part entière, le premier du genre en Italie.

Même s'il bénéficie pour l'instant de son aura de "sauveur de la nation", Mario Draghi devra faire preuve de beaucoup d'habileté pour rester en selle sur le long terme face à des partis politiques qui devraient s'agiter de plus en plus à l'approche des prochaines élections, prévues en 2023. 

Articles recommandés pour vous