Monde Europe

Fonte des glaciers, sécheresse : le changement climatique obligera les Italiens à adopter de nouveaux modes de vie

L'oeil d'Italie

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

06 juil. 2022 à 10:23 - mise à jour 06 juil. 2022 à 13:47Temps de lecture3 min
Par Alain Lechien avec Valérie Dupont

L’Italie semble vivre ces dernières semaines des épisodes douloureux liés aux changements climatiques. Sur La Première, Valérie Dupont, qui s’est rendue dans les Dolomites suite à l’effondrement du glacier Marmolada, explique que les montagnards qui vivent au pied de ce dernier n’ont aucun doute, c'est le mode de vie des hommes qui provoque ces catastrophes.

Les habitants se montrent fatalistes

En montagne, ils savent déjà que c’est trop tard. Ils sont aux premières loges, car chaque été, lorsque la neige de l’hiver fond et que le glacier se montre à nu avec seulement la couche de glace, ils se rendent compte que le plus grand glacier des Dolomites se réduit d’année en année. Il a déjà perdu 30% de son volume de glace ces dix dernières années et les glaciologues estiment qu’il aura tout simplement disparu avant 2042, c’est-à-dire dans 20 ans seulement.

Les habitants sont tous très critiques par rapport à cela : "Le manteau de neige sur le glacier a presque disparu. C’est logique. Tout cela est dû au climat, à ce que l’homme a provoqué au cours du temps avec l’effet de serre", explique l’un d’entre eux.

"On assiste à la mort d’un glacier. Il n’y a rien à faire, personne ne peut rien faire. Ce n’est plus un glacier éternel. Et donc, avec les années, il va fondre. Tout le monde dit que c’est le climat, la pollution et bien sûr que cela influence, cela a accéléré du moins", ajoute une riveraine.

"Ce ne sont pas des problèmes qui dépendent de la montagne, mais ce sont des problèmes causés au niveau global, spécialement des grandes sociétés industrielles que nous avons et qui provoquent cette hausse des températures. Ici, nous avons eu des températures supérieures à 20 degrés l’an dernier, à 2000 mètres au sommet. Voilà des jours que les températures ne descendent pas en dessous de zéro. C’est évident qu’en dessous de la glace se forment des poches d’eau qui font glisser ces énormes blocs", selon un autre habitant.

Le glacier Marmolada s’est effondré le 4 juillet
Le glacier Marmolada s’est effondré le 4 juillet PIERRE TEYSSOT / AFP

La sécheresse guette aussi le nord et le centre de l'Italie

Pour cette catastrophe du glacier, le Premier ministre italien Mario Draghi a clairement pointé du doigt les changements climatiques, estimant que le gouvernement devait faire davantage. Un gouvernement italien qui vient aussi de déclarer l’état d’urgence dans cinq régions pour la sécheresse.

Les régions du nord et du centre de l’Italie vivent une sécheresse historique. Là, ce sont les agriculteurs qui voient le riz, les céréales dans la plaine du Pô, brûler sous le soleil. Le fleuve est à son minimum historique depuis 70 ans, on n’avait jamais vu cela. Et ce ne sont pas les quelques orages qui sont attendus ces jours-ci qui vont régler le problème. Au contraire, les orages, à cause de la chaleur, se transforment en tornades ou provoquent des chutes de grêlons qui abîment le reste des cultures encore sur pied. Donc, même dans les plaines les plus fertiles d’Italie, les habitants se rendent compte que le climat change. Et les questions sont évidemment nombreuses sur comment les populations vont s’adapter à ces changements.

A Catane les Siciliens affirment qu’ils ont des températures qui frôlent les 40 degrés depuis le mois de mai, deux mois plus tôt que la normale. La sécheresse : Rome est victime d’incendies chaque semaine. Sans oublier l’érosion des côtes, qui est aussi un effet des changements climatiques et qui risque d’engloutir des villes comme Venise ou des kilomètres de plages dans l’Adriatique.

Plusieurs actions italiennes entreprises pour lutter contre le réchauffement climatique

Clairement, le changement, comme dans tous les pays, doit être poussé par les actions du gouvernement. Certaines régions d’Italie, notamment les zones de montagne, sont plus sensibles au thème.

Il y a encore beaucoup à faire, notamment dans le sud du pays où les niveaux de pauvreté de la société ne permettent pas de mettre le changement climatique au centre des préoccupations. On sait que 71 milliards du plan de relance européen sur les 220 milliards destinés à l’Italie seront consacrés à moderniser les transports publics, par exemple pour avoir des transports plus propres, diminuer la consommation d’énergie et d’eau en isolant les maisons, mais aussi en réparant le réseau hydrique. En Italie, le réseau hydrique perd 36% de l’eau potable à cause des vieux tuyaux. En augmentant les sources d’énergies renouvelables aussi, qui produisent 16% de l’énergie utilisée dans la péninsule, c’est trop peu pour un pays qui a du soleil et du vent à revendre.

Comme dans tous les pays, il y a ceux qui font de la résistance. Maintenant, les catastrophes liées au changement climatique pourraient être un levier sur lequel les autorités devraient insister pour communiquer des petits changements d’habitudes de vie. Une campagne va inciter, par exemple, à ne pas mettre son air conditionné à fond, à couper le moteur de sa voiture quand on attend quelqu’un, à limiter la durée des douches et tout cela est aussi en discussion pour l’instant en Italie.

Sur le même sujet

Passe Montagne : avec le réchauffement climatique, l’espoir des glaciologues fond comme neige au soleil

Passe Montagne

Climat : la glace d'un glacier vieux de sept mille ans a fondu en Suisse

Monde

Articles recommandés pour vous