RTBFPasser au contenu

Foire de Libramont: "Plutôt la concertation que des manifestations"

Foire de Libramont: "Plutôt la concertation que des manifestations"
24 juil. 2015 à 06:37 - mise à jour 24 juil. 2015 à 06:373 min
Par RTBF

Un site de 300 000 mètres carrés; 1800 exposants; plus de 200 000 visiteurs attendus. La Foire de Libramont, la plus grande vitrine du monde agricole et forestier de Belgique, ouvre ses portes ce vendredi. Acteurs et décideurs se succèdent aux micros de la RTBF. Nous vous emmenons également dans les coulisses de cet événement tout au long de notre couverture de l'événement.

Ce matin, en avant-première de l'ouverture de la foire, Natacha Perat, la patronne de la Foire de Libramont et notre collègue Philippe Herman, rédacteur en chef du Bureau d'Information d'Arlon à la RTBF, ont répondu aux questions de Pascal Claude.

Les agriculteurs belges ne sont pas en grande forme ces temps-ci. Une étude récente de la banque Crelan indique que leur confiance est en baisse. La suppression des quotas laitiers, notamment, complique leurs réalités. Et pendant ce temps, les agriculteurs français sont eux clairement en colère, nous avons pu le constater ces derniers jours. Est-ce que, du coup, dans ce contexte, cette édition 2015 de la Foire risque d'être empreinte de tensions ?

Nathalie Perat (NP): La foire de Libramont, c’est une grande plateforme de concertations. Finalement, nous sommes le drapeau au milieu de l’année d’une grande communauté qu’est cette communauté agricole, qui va mal. Les crises se succèdent. La crise actuelle dans le secteur laitier est extrêmement profonde. Il est clair que ces souffrances vont s’exprimer ici.

Vous vous attendez à des manifestations, des actions ?

NP: Je pense que plutôt que des manifestations on est plutôt parti pour la concertation et la discussion. Les acteurs de toute la filière se retrouvent ici, et donc je pense qu’on règle des crises en discutant et dans le dialogue. Je pense que des manifestations sont des modes de fonctionnement et de contestations du 19e siècle, et pas du 21e en tout cas.

La Libre Belgique titre ce matin " Libramont, c’est la vitrine du malaise paysan"...

NP: C’est la vitrine de l’agriculture et quand l’agriculture vit des malaises, c’est aussi la vitrine du malaise. Je pense que c’est aussi la vitrine de tout ce qui fonctionne en agriculture. C’est un secteur extrêmement développé. C’est un secteur d’entreprises, d’entrepreneurs. On cherche des solutions quand on a des problèmes. C’est ce que les membres de cette communauté extraordinaire font tous les jours.

Philippe Herman, des agriculteurs vous en rencontrez régulièrement. Quel est leur état d'esprit ?

Philippe Herman (PH): Tout dépend du secteur dans lequel ils sont. Même si la viande se porte un peu mieux, mais pas beaucoup plus que le lait pour l’instant, c’est vrai qu’il y a un certain règne de la morosité et de colère par rapport à certaines mesures. Je pense que la Foire de Libramont est un lieu de rencontre, de débat, et c’est aussi l’occasion d’être une vitrine de ce que représente encore aujourd’hui le monde agricole vis-à-vis du grand public. Je pense que c’est très important parce que cela fait passer un message. Effectivement, c’est aussi un lieu où toutes les nouveautés sont là. La tâche des agriculteurs est facilitée par des applications smartphones. Il y a des drones. Il y a l’évolution technologique. Il y a toutes sortes de choses au niveau agricole et il y a aussi bien d’autres façons de visiter la Foire puisqu’elle est à tiroirs multiples.

La Foire de Libramont n'accueille pas que des agriculteurs. Quel est le profil des visiteurs de la Foire, Natacha Perat ?

NP: La moitié de nos visiteurs sont des professionnels : 50 à 60 %. Le reste, c’est du grand public. Pour nous le grand public c’est surtout le consommateur et le citoyen. C’est extrêmement important que ce grand public nous rejoigne, de façon à ce que le secteur agricole ait une vitrine, qu’on ait confiance dans le secteur agricole parce que, à Libramont, nous sommes convaincus qu’un modèle agricole fort et extrêmement bien implanté dans la société, ça détermine une civilisation forte et une société forte.

"La forêt prend soin de nous, prenons soin d'elle". C'est le thème de la Foire cette année. Pourquoi avoir choisi cette thématique ?

NP: La forêt est une composante également extrêmement importante de nos ressources naturelles. Cela se voit très fort quand on est dans le sud de la Belgique. C’est une composante économique, mais c’est aussi une composante sociale. La forêt une multitude de services dont des services qui sont totalement monnayables et clairement économiques comme produire du bois et fournir des filières de transformation. Mais il y a plein de services qui sont totalement immatériels : la régulation du climat, la régulation de l’eau. Ce sont des grands services qu’on nous rend mais on ne les paie pas.

Les grands débats qui vont se jouer à Libramont c’est de dire " pour préserver ce bien qui est assez extraordinaire, est-ce qu’on a besoin de valoriser ces services immatériels et comment les services immatériels et les autres peuvent-ils vivre ensemble sans se concurrencer? Tout simplement. En faisant en sorte qu’on puisse garder la quintessence de chacun de ces services.

Articles recommandés pour vous