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Politique

Fiscalité, TVA, tarif énergie... : le PS avance 13 mesures en faveur du pouvoir d'achat de la classe moyenne

18 mai 2022 à 07:15 - mise à jour 18 mai 2022 à 07:16Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Xavier Lambert

Le PS a présenté lundi 13 propositions qui visent à soutenir le pouvoir d'achat des citoyens, en particulier la classe moyenne, et qui s'adressent essentiellement au gouvernement fédéral. A l'heure où ce thème est prégnant dans le discours politique, les socialistes francophones estiment qu'il faut passer à l'acte.

Plusieurs des mesures mises en avant concernent l'énergie, dont les prix ont flambé. Le gouvernement a déjà pris une série de mesures pour protéger les plus faibles mais une partie de la population n'en bénéficie pas. "Le cœur du problème, ce sont ceux qui ne sont ni riches, ni pauvres, juste en dessous ou au-dessus du salaire médian. Un tiers de la population n'est pas suffisamment couverte", a expliqué le président, Paul Magnette, au cours d'une conférence de presse aux côtés du vice-Premier ministre Pierre-Yves Dermagne.

Diminution de la fiscalité

Le PS propose une diminution de la fiscalité sur les bas et moyens salaires, la création d'un tarif moyen pour la facture d'énergie de la classe moyenne, une pérennisation de la baisse de la TVA à 6% sur l'énergie et de l'extension aux bénéficiaires de l'intervention majorée (BIM) du tarif social, une augmentation du remboursement des frais de déplacement professionnels, etc.

Le gain pour un travailleur au salaire moyen tournerait autour des 300 euros nets (par mois). Le coût pour les finances publiques s'élèverait à environ 6,5 milliards d'euros que le PS propose de financer par une meilleure contribution des revenus du capital et taxation des surprofits des entreprises énergétiques.

 

D'autres mesures ne coûteront rien, souligne le PS, comme le maintien de l'indexation automatique des salaires, tabou des socialistes, ou la révision de la loi sur la compétitivité des entreprises, qui corsète les négociations salariales depuis qu'elle a été réformée par le gouvernement Michel en 2017.

Ce sujet reviendra au parlement à la fin juin à la faveur d'une proposition de loi d'initiative citoyenne. "Ce n'est pas dans l'accord de gouvernement, je le reconnais. Il dit qu'on contournera la loi par des circulaires sauf qu'il y a l'inflation et les bénéfices très élevés de certaines entreprises. Ce n'est pas parce que ce n'est pas dans l'accord de gouvernement qu'on ne peut pas en discuter", a souligné M. Magnette.

"Des mesures significatives et structurelles"

Deux échéances se profilent pour discuter de ces mesures. La remise du rapport des experts mandatés par le gouvernement pour étudier le pouvoir d'achat d'ici la fin du mois et les discussions du budget 2023 des mois de septembre-octobre.

"Aujourd'hui, nécessité fait loi. Vu la situation sur le front de l'énergie et l'inflation, on doit pouvoir prendre des mesures significatives et structurelles et plus des 'one shot'", a dit M. Dermagne.

Le président du PS s'est défendu de vouloir réécrire l'accord de gouvernement qui remonte à octobre 2020. "Nos propositions ne concernent que le pouvoir d'achat. Mais c'est une réponse à une lacune de l'accord. Personne n'avait imaginé qu'au sortir de la crise du Covid, il y a aurait la crise inflatoire, la guerre en Ukraine, etc. Et personne n'aurait imaginé que l'économie tournerait aussi bien, contrairement aux années '70", a-t-il expliqué. "En tant que premier parti de cette coalition, nous devons faire des propositions. J'espère que les autres feront de même. J'en entends certains qui n'ont que la classe moyenne aux lèvres, je leur dis: c'est le moment".

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