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Financer l’entretien à long terme de ses oeuvres reste un gros problème pour le Musée en plein air du Sart Tilman

"La mort de l'automobile" de Fernand Flausch

Sur le domaine de l’Université de Liège au Sart Tilman sont disséminées une petite centaine de pièces de la collection du Musée en plein air.

Les ans et les éléments ont bien fait souffrir certaines. Les interventions lourdes nécessitent des budgets tout aussi lourds. Pour trouver des financements, le musée avait lancé l’an dernier un appel à parrainage pour huit oeuvres. Il a permis d’attirer l’attention sur le problème mais guère plus.

Jean Housen, conservateur au Musée en plein air du Sart Tilman, explique : "En termes de financement réel, ça n’a pas donné énormément. Ce qui compte déjà c’est que, au niveau de la prise de conscience, je trouve que c’était une très bonne opération. On va essayer de tirer parti de cette dimension "affective" qu'a le public vis-à-vis des oeuvres. Par exemple, "La mort de l’automobile" de Fernand Flausch, au carrefour du Country Hall, c’est un endroit vu quotidiennement par à peu près 25 à 30.000 personnes. On est en train d’y réfléchir notamment par le montage d’opérations de crowdfunding.".

Mais pour l’instant, le musée n’a pas l’argent nécessaire pour assurer un entretien à long terme des oeuvres. "Pour les entretiens à court terme et l’entretien quotidien, on suit. Par exemple, pour "La mort de l’automobile, on va repeindre le socle, réintervenir vraisemblablement dessus. On a des moyens de restauration mais qui ne suffisent pas pour les tout gros chantiers.", confirme Jean Housen. Idéalement pour "La mort de l’automobile", il faudrait quasiment une remise à neuf

L'état actuel des "gradins" de l'œuvre de Félix Roulin
L'état actuel des "gradins" de l'œuvre de Félix Roulin RTBF - Martial Giot

Un autre exemple est le "pied" de Félix Roulin, devant l’entrée de la Faculté de Droit : les restes d’un pied d’une statue qui aurait été gigantesque et qui aurait disparu, suite à un séisme, et placés dans un amphithéâtre circulaire entouré de colonnes brisées. "Aujourd’hui, cette allégorie de vestige archéologique devient une vraie ruine aussi. Il y a une grosse intervention qui devrait être faite. Toutes les parties exécutées par l’artiste, la sculpture du pied, des fragments de corps en bronze, les colonnes brisées, sont en bon état. Ce qui est en question, c’est l’escalier, qui fait gradins. Les marches se déchaussent. Il faut démonter le monument en entier pour le réinstaller en le rasseyant dans de meilleures conditions. Ça, ça représente des budgets considérables qui, pour l’instant, sont hors de portée du musée.", détaille Jean Housen.

Quand nous demandons au conservateur si, faute de moyens, certaines oeuvres pourraient disparaître, il répond : "C’est une possibilité qu’on peut envisager. Des oeuvres pourraient être sorties du catalogue et considérées comme des oeuvres qu’on laisse mourir. C’est l’idée que, quelque part, les oeuvres d’art, comme les humains, sont mortelles.".

Si le Musée en plein air n’a pas rencontré le succès avec son appel à parrainage, il a par contre connu un vrai succès auprès des visiteurs lors du confinement. "Pour nous, c’était une "bonne période.", nous confie Jean Housen, "Le public a réfléchi à trouver des lieux de loisirs qui soient en plein air, avec la distanciation physique et le Sart Tilman s’y prêtait très bien ! On avait justement lancé à ce moment-là une revitalisation de notre programme de promenades libres, avec des plans et des brochures, et ça a très bien fonctionné."

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