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Financement des start-ups technologiques: tout savoir sur l'Initial Coin Offering

Financement des start-ups technologiques: tout savoir sur l'Initial Coin Offering
17 nov. 2017 à 08:13 - mise à jour 17 nov. 2017 à 08:132 min
Par RTBF La Prem1ère

Un mode de financement des start-ups technologiques fait fureur : c'est l'ICO, Initial Coin Offering. En deux mots, c’est une méthode pour lever les fonds dont ces start-ups ont besoin pour financer le développement d’un nouveau service. Mais au lieu d’emprunter l’argent ou d’ouvrir leur capital à des investisseurs, elles vont créer des actifs numériques — on les appelle les tokens — et les vendre à des investisseurs.

Ces tokens (jetons en français) vont être payés exclusivement en crypto monnaie, le bitcoin par exemple. C’est inhérent à la logique même du système, explique Clément Janneau qui est, entre autres, cofondateur d’un portail d’informations sur les ICO : "En fait, on ne pourrait pas utiliser ce système de tokens et ces ICO sans les crypto monnaies et sans la technologie blockchain. Donc là, en fait, il faut revenir à ce que sont finalement les crypto monnaies et la blockchain. Donc ça permet de s’échanger de pair à pair, sans passer par un organe central ou une institution centrale, de la valeur. Et donc c’est bien ce que sont les tokens, c’est-à-dire qu’une personne A va échanger un token avec une personne B sans nécessiter l’accord ou l’intervention d’un tiers".

A quoi servent ces tokens ? On peut par exemple les considérer comme un investissement, puisque ces tokens sont échangeables sur des plateformes numériques et que leur prix varie en fonction de l’offre et de la demande. Mais au départ, ces tokens ont en fait surtout vocation à être utilisés pour acheter le service dont l’ICO va permettre le développement. C’est une sorte de préfinancement. Exemple concret pour bien comprendre le type de service dont il peut s’agir : la société Filecoin va permettre aux propriétaires de ces tokens d’acheter ou de vendre de l’espace de stockage qui est libre sur leurs propres ordinateurs. Une partie de votre disque dur en fait.

Une bulle?

La FSMA, a lancé un avertissement aux investisseurs qui envisagent de participer à une ICO parce que ce sont des investissements extrêmement risqués. Vous pouvez perdre tout l’argent que vous auriez éventuellement investi. Et puis il y a, c’est vrai, un réel boom des ICO, plus de 3 milliards de dollars déjà levés depuis le début de cette année. Selon Clément Janneau, il y a probablement une bulle autour des ICO :  "Aujourd’hui, il y a des projets, il y a des montants qui sont trop importants par rapport aux besoins réels des actifs, et ça, c’est un signe qu’on est peut-être dans une bulle autour des ICO".

Comme si ça ne suffisait pas, les autorités de marché constatent un peu partout dans le monde une montée en flèche des escroqueries autour des ICO. Raison pour laquelle des pays comme la Chine ou la Corée du Sud les ont tout simplement interdites. Ajoutons un autre risque — et il est important — les échanges de tokens se font exclusivement en crypto monnaie, mais sa valeur est très instable. Il y a donc aussi ce qu’on pourrait appeler un risque de change.

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