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Fin des pourparlers sur la Syrie à Moscou, pas de résultat concret

Fin des pourparlers sur la Syrie à Moscou, pas de résultat concret
29 janv. 2015 à 17:482 min
Par Belga News

Ces rencontres mercredi et jeudi entre une trentaine d'opposants, notamment des représentants du Comité de coordination nationale pour les forces du changement démocratique (CCND), et une délégation de Damas, ne pouvaient de toute façon pas accoucher d'avancées majeures dans le conflit syrien qui a fait 200.000 morts en presque quatre ans, la Coalition nationale de l'opposition syrienne, considérée par la communauté internationale comme la principale force d'opposition au régime de Damas, étant absente.

"Nous avons convenu avec nos amis russes que les discussions devaient continuer pour arriver à de (nouvelles) consultations dans le futur", a déclaré le chef de la délégation du régime, l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, lors d'une courte conférence de presse.

Qualifiant de "positives" les rencontres avec les membres de l'opposition, Bachar Jaafari a reconnu qu'il n'y avait "pas de résultats parce qu'il s'agissait d'une première rencontre, d'une rencontre consultative". Le diplomate syrien a toutefois critiqué l'attitude des opposants.

"Nous n'avons pas entendu une seule position unifiée des délégations de l'opposition. Ce que certains pouvaient accepter était rejeté par les autres", a-t-il affirmé.

Selon Soheir Sarmini, un membre du parti Jeunesse nationale syrienne, un mouvement toléré par Damas, "le but de la rencontre de Moscou était de briser la glace entre le gouvernement et l'opposition".

Les participants ont donné leur accord de principe à une série de dix points très généraux établie par le modérateur des pourparlers, l'expert russe Vitaly Naoumkine.

"Notre groupe va rester en contact avec ceux qui étaient à Moscou, et avec les autres potentiels participants qui peuvent être invités. Je pense que ceux qui avaient refusé de venir, notamment la Coalition nationale, recevront de nouveau une invitation", a-t-il dit en référence à la principale force d'opposition au régime de Damas.

L'expert, qui a été le modérateur pendant quatre jours, a présenté aux participants un texte en dix points aux principes très généraux que le régime et l'opposition ont, selon lui, tous accepté.

Ces "principes de Moscou" stipulent notamment le "respect de la souveraineté de la Syrie, son unité et son intégrité territoriale", "la lutte contre le terrorisme internationale", "le règlement de la crise syrienne par des moyens politiques et pacifiques conformément aux principes du communiqué de Genève du 30 juin 2012", et le rejet de toute ingérence étrangère et la levée des sanctions contre la Syrie.

Il s'agissait des premières discussions de membres de l'opposition avec des responsables du régime depuis l'échec des pourparlers de Genève II en février 2014.

Mercredi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait rappelé que "personne n'a l'illusion que quelques jours de discussion vont résoudre tous les problèmes".

Pour sa part, Washington avait déclaré soutenir "tout effort" qui pourrait permettre d'obtenir "une solution durable au conflit". Et le chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait répété en début de semaine que la Syrie de demain devait se faire sans Bachar al-Assad.

Le sort de Bachar al-Assad n'a pas été discuté à Moscou, selon les participants.

Pour les analystes, en accueillant opposants et émissaires de Damas, Moscou poursuivait un double objectif: apparaître comme un médiateur fiable capable de faire s'asseoir les belligérants à la même table, et surtout, légitimer Bachar al-Assad.

Belga

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