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Fin de party pour Boris Johnson ? La polémique des fêtes au 10 Downing Street résumée en trois épisodes

Le Premier ministre Boris Johnson, au parlement britannique, le 19 janvier 2022.
20 janv. 2022 à 15:11 - mise à jour 20 janv. 2022 à 18:053 min
Par Ambroise Carton avec Agences

Mis en cause pour une série de fêtes à Downing Street en plein confinement, le Premier ministre britannique Boris Johnson s’accroche à la barre et espère surmonter la rébellion de son camp conservateur.

Le dirigeant de 57 ans subit sa pire crise depuis son accession triomphale au pouvoir à l’été 2019. Ses excuses au Parlement la semaine dernière – où il a reconnu sa présence à l’une de ces fêtes en mai 2020 tout en affirmant avoir pensé qu’il s’agissait d’une réunion de travail – n’ont pas apaisé la colère qui gronde au sein même de sa majorité. Retour sur les principaux événements de ce "party gate" qui agite la scène politique britannique.

 

Acte I : des fêtes en plein confinement

Le 15 mai 2020, des membres du cabinet de Boris Johnson se réunissent dans le jardin de Downing Street. Une photo confirme que cette rencontre a bien eu lieu en présence du Premier ministre. Le Royaume-Uni sortait alors progressivement de son premier confinement. A l’époque, les citoyens ne pouvaient rencontrer qu’une seule personne d’un autre foyer.

Cinq jours plus tard, une quarantaine de personnes se rassemblent au même endroit à l’invitation du secrétaire de Boris Johnson. L’email conviait les collaborateurs pour des "socially distanced drinks" soit "un verre dans le respect des gestes barrières".

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D’autres rencontres auraient eu lieu en dépit des règles en vigueur, dont certaines pour les fêtes de fin d’année comme l’explique le Guardian. Une enquête menée par la haute fonctionnaire Sue Gray est en cours pour déterminer dans quelles circonstances ces événements ont eu lieu et si des sanctions disciplinaires doivent être prises.

Sue Gray a passé une bonne partie de sa carrière au service de la nation. La BBC rappelle cependant qu'elle a géré un bar avec son mari dans les années 80. Une expérience qui pourrait s'avérer utile dans ce cas précis ? C'est en tout cas ce que souffle un de ses proches sur un ton ironique : "Si une tenancière de bar ne sait pas ce qu'est une fête, qui le sait alors ?"

En tout cas, ces révélations, qui se succèdent depuis le mois de décembre dernier, font grand bruit en Grande-Bretagne. Le journaliste de la BBC Ros Atkins en est à sa cinquième vidéo explicative sur le sujet

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Acte II : Boris Johnson se défend… et est accusé de mentir

Réunions de travail ou fêtes ? Le Premier ministre a en tout cas présenté ses excuses la semaine dernière concernant sa présence à l’une de ces fêtes en mai 2020. C’était sans compter sur des déclarations de Dominic Cummings. L’influent cerveau de la campagne victorieuse pour le Brexit a accusé Boris Johnson d’avoir menti.

"Le Premier ministre a été prévenu à propos de ces invitations, il savait que c’était un pot, il a menti au Parlement", a écrit sur son compte Twitter celui qui lance régulièrement des attaques contre son ancien chef depuis son départ fin 2020 dans un contexte de luttes intestines.

Il a aussi affirmé que Boris Johnson avait balayé ses inquiétudes quand il lui avait demandé de "reprendre en main cet asile de fous", dans un long récit publié sur son blog. Il s’est dit prêt à le "jurer sous serment".

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Boris Johnson a adopté un ton combatif ce mercredi devant les députés, défendant sa politique, attaquant l’opposition et annonçant la fin prochaine de l’essentiel des restrictions anti-Covid.

En position de plus en plus précaire, il a dû affronter une nouvelle série d’appels à la démission, de l’opposition mais aussi d’un élu de sa majorité, David Davis. "Au nom de Dieu, partez !" a lancé ce dernier, reprenant une phrase célèbre de l’histoire parlementaire britannique et devenant le septième député conservateur à ouvertement demander son départ.

 

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Acte III : le complot du "Pork Pie"

De jeunes députés tories, issus des circonscriptions raflées au Parti travailliste lors des législatives de 2019, envisagent de s’unir pour le renverser, dans ce que la presse surnomme le "complot du pork pie", pâté en croûte qui est une spécialité de la circonscription de l’une de ces élus.

Pour l’évincer de la tête du Parti conservateur – et par là de Downing Street –, il faudrait qu’au moins 54 Tories envoient un courrier au "comité 1922", responsable de l’organisation parlementaire de la formation, pour réclamant un vote de défiance.

Boris Johnson semble cependant déterminé à traverser la tempête, contre-attaquant mercredi en disant vouloir mener la campagne des prochaines législatives, prévues en 2024.

Sa popularité reste au plus bas. Près de six Britanniques sur dix (61%, en hausse de 5 points par rapport à la semaine précédente) ont une opinion défavorable de lui, selon un sondage Ipsos Mori publié jeudi.

Les unes de quelques journaux britanniques le 19 janvier 2021, au lendemain d’une séance agitée au parlement.
Les unes de quelques journaux britanniques le 19 janvier 2021, au lendemain d’une séance agitée au parlement. © Tous droits réservés

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