Belgique

Fin de l'union sacrée et retour aux négociations pour sortir de la crise politique ?

Fin de l'union sacrée et retour aux négociations pour sortir de la crise politique?

© NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

12 juin 2020 à 11:17 - mise à jour 12 juin 2020 à 11:17Temps de lecture3 min
Par JM

Un "super kern" devrait débuter en fin d’après midi, un conseil des ministres restreint, avec les présidents des 10 partis qui soutiennent les pouvoirs spéciaux. Il s’agit de se mettre d’accord sur de nouvelles mesures de soutien à l’emploi, au pouvoir d’achat et aux entreprises, pour tenter de limiter les effets de la crise due au coronavirus.

Mais cette rencontre sonnera sans doute aussi le glas de l’union sacrée. Les pouvoirs spéciaux prendront fin le 27 juin prochain. Ils avaient été accordés en mars dernier, à la suite de la confiance accordée jusqu’en septembre au gouvernement minoritaire de Sophie Wilmès (MR-Open VLD et CD&V) par ces mêmes partis à l’exception de la N-VA pour gérer la crise du coronavirus.

Retour aux négociations politiques et une sortie de crise politique ?

Place désormais aux discussions pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral de plein exercice, après les élections du 26 mai 2019. Avec comme axe central la mise sur pied d’un plan de relance et des mesures structurelles pour faire face à la crise économique et sociale. Les deux présidents du Ps et du SPA y travaillent depuis plusieurs semaines. Ils reprendront dès ce week-end leurs consultations auprès des huit autres partis.

Le PTB et le Vlams Belang étant toujours écartés. L’objectif est de faire le point sur la façon dont chacun envisage l’après " pouvoirs spéciaux " et sur les sujets déterminants pour la confection d’une nouvelle majorité et la confection d’un plan de relance. Un rapport devrait être finalisé la semaine prochaine. Un rapport qui listerait les points sur lesquels il est possible de travailler, mais pas d’une ébauche d’accord de gouvernement.

Le rapport des deux socialistes, qui ont pris la main au nom de la plus grande famille politique issue des élections, devrait ensuite être transmis à la personne qui serait chargée formellement de mener les négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.

Toujours beaucoup de questions sans réponse

Plusieurs partis, dont le MR, ou encore l’Open VLD avancent le nom de Sophie Wilmès pour prendre la main sur ces négociations politiques. Mais rien n’est tranché.


►►► A lire aussi : Paul Magnette : "Sophie Wilmès peut mener les négociations pour un nouveau gouvernement"


Hier soir, Georges-Louis Bouchez expliquait que le choix de cette personne dépendrait de la coalition qui serait négociée. Si du côté du MR on plaide désormais pour un gouvernement en juillet, du côté du PS on parle plutôt d’un gouvernement pour la fin septembre.

Quelle coalition ?

Cela reste le nœud de cette crise politique. La crise économique et sociale permettra-t-elle de faire bouger les lignes et donc les exclusives qui ont paralysé les négociations jusqu’au mois de mars dernier ? Le CD&V acceptera-t-il finalement d’entrer dans une coalition avec les socialistes, les libéraux et les écologistes (un gouvernement sans majorité du côté flamand à la Chambre) ? Ou seule une coalition alliant le PS et la N-VA permettrait de clore la crise ?

Côté francophone, en tout cas, le MR plaide pour un gouvernement avec la N-VA et le PS, soit les " deux plus grands partis des deux grandes communautés " expliquait encore hier soir son président Goerges-Louis Bouchez.

Une coalition avec le PS et la N-VA est-elle possible ?

Le président du PS, Paul Magnette l’affirme : " Un certain nombre de tabous qui gelaient la situation depuis des mois sont en train de tomber " y compris du côté de la N-VA.

Si le président du PS ne répond plus désormais avec un " Non très clair" à une coalition avec la N-VA, il n’en demeure pas moins qu’il faudra alors au parti socialiste engranger des garanties sur des mesures sociales fortes pour la relance, des garanties sur la participation d’autres partis (Spa, Ecolo-Groen) pour ne pas se retrouver seul sur le flanc gauche, faute de quoi il lui sera difficile de convaincre les militants, avec le risque aussi de se voir attaqué par la FGTB qui n’a cessé d’attaquer les mesures du gouvernement Michel (MR-N-VA).

On y verra peut-être déjà un peu plus clair, lorsque les deux présidents socialistes auront déposé leur rapport.

 

 

 

 

Quelles attentes citoyennes 1 an après les élections, reportage JT du 26 mai ?

Politique : quelles attentes des citoyens 1 an après les élections ?

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus