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Fillette punie les mains attachées avec du papier collant : deux lignes rouges sont franchies, selon Bruno Humbeeck

Tournai : une enfant ligotée à l école

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21 juin 2022 à 12:15 - mise à jour 21 juin 2022 à 16:39Temps de lecture2 min
Par Pierre Wuidart

Les faits remontent au 13 juin dans l’école libre Saint-Michel à Tournai. Une fillette de quatre ans frappe un de ses camarades. Pour la punir, son institutrice la fait s’asseoir sur une chaise dans le couloir, les mains attachées avec du papier collant.

La maman de la fillette a porté plainte auprès de la police contre deux institutrices, l’auteure de la sanction et sa collègue qui aurait assisté à la scène sans intervenir : "Je suis révoltée. Je demande qu’elles soient punies pour le mal qu’elles ont fait à ma fille. Pour moi, c’est de la maltraitance. En plus, c’est humiliant, parce que tous les enfants présents dans la cour de récré l’ont vue".

Deux lignes rouges franchies

Pour le psychopédagogue Bruno Humbeeck, les punitions ont leur place dans l’arsenal éducatif, mais ici, deux limites ont été franchies. "La première ligne rouge, c’est celle de l’humiliation. Une punition ne peut pas être humiliante. L’autre, c’est l’intégrité physique de l’enfant qui doit être préservée."

Dans ce cadre, comment punir un enfant turbulent si c’est nécessaire ? "Par exemple, pour un enfant très jeune, ça peut être colorier une forme en noir. Les enfants n’aiment pas colorier en noir. Ça peut être aussi une privation de récréation… En fait, soit on lui fait réaliser quelque chose de contraignant, soit on supprime un avantage qu’il aurait dû recevoir. Et dans tous les cas, il faut lui expliquer que cette punition fait suite à un comportement qu’on ne veut pas qu’il répète".

Les enseignantes sont harcelées

Du côté de l’école, on estime également qu’il s’agit d’une sanction inadaptée, notamment en raison de l’âge de l’élève. "Il y avait d’autres moyens de punir la petite fille", estime le directeur Guy Delhaye, qui dénonce par ailleurs le harcèlement dont sont victimes les institutrices depuis quelques jours : "Il y a un emballement sur les réseaux sociaux. Elles ont reçu des menaces physiques et même des insultes racistes pour l’une d’elles. C’est facile de se cacher derrière son écran pour juger des enseignantes qui font leur maximum pour l’école".

Les enseignantes, leur direction et le pouvoir organisateur de Saint-Michel Tournai ont présenté leurs excuses à la maman de la fillette et une procédure disciplinaire est entamée à l’égard des deux institutrices. Pour l’instant, l’une des enseignantes est provisoirement écartée par l’école. L’autre est en congé maladie.

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