Vie pratique

Fête de l’Aïd : les Musulmans se réunissent mais sacrifient de moins en moins souvent un mouton

De moins en moins de sacrifices de moutons pour l’Aïd -El -Adha

L’Aïd-el-Adha est la fête qui célèbre la fin du pèlerinage à la Mecque.

Pour les Musulmans, c’est l’occasion de se réunir en famille et avec les amis autour d’un grand repas, traditionnellement à base de mouton. Selon les préceptes religieux, le mouton doit être sacrifié le jour même. En fait, ce sacrifice traditionnel est de moins en moins pratiqué en Belgique pour des raisons diverses.

Chez le boucher ou au supermarché

Les coutumes diffèrent aussi d’un pays à l’autre. Dans la famille Diallo, originaire de Guinée, on se souvient des Aïds au pays : "C’est tout le quartier qui faisait la fête ensemble" se souvient Djamilatou qui vit aujourd’hui en appartement à Bruxelles. "Ici, on n’a pas assez d’espace. J’invite des voisines et quelques amies, mais c’est impossible d’inviter tous ceux qu’on voudrait. Au pays, on sacrifiait un mouton ou bien une chèvre et on préparait un grand barbecue".

Djamilatou prépare un couscous à la façon guinéenne, à base de légumes, d’ail, de maïs, de lait caillé et, cette année, de poisson. "Je vais tout acheter chez Lidl ou dans des épiceries africaines", explique cette maman de 4 enfants.

Et c’est le cas de nombreuses familles musulmanes, qu’elles soient d’origine marocaine, turque, africaine ou asiatique. Les mères de famille vont acheter leur viande chez le boucher du quartier ou au rayon halal d’une grande surface.

Faire un don pour les pauvres

Le jour de l’Aïd, le boucher est généralement fermé. Or, le mouton doit être sacrifié ce jour-là. Pour quand même respecter la coutume, certaines familles achètent le lendemain la viande du mouton abattu selon les règles islamiques. Il faut alors se répartir les 20 à 25 kilos de viande entre plusieurs personnes.

Il semble toutefois que le mouton ne soit plus aussi présent dans les assiettes familiales, question de goût et d’habitudes qui changent. De plus en plus souvent, les Musulmans pratiquants font un don à une association, ici ou au pays, pour aider les plus pauvres. Ils offrent l’équivalent du prix d’un mouton, 100 à 150 euros, ou selon leurs moyens.

Les enfants sont au coeur de la fête. Pour Souleimane, 6 ans, c’est l’occasion de recevoir de nouveaux habits. Deux bazins, tout d’abord, ces costumes en tissu damassé que les hommes portent pour se rendre à la mosquée les jours de célébration religieuse, et aussi des pulls, des T-shirts, des chaussures. Enfants comme adultes revêtent leurs beaux habits neufs et y prennent plaisir.

La fête en plein été

Dans le quartier où vivent Djamilatou et beaucoup d’autres familles musulmanes, les rues sont anormalement calmes. On est en plein été et ce sont les vacances scolaires. Les familles sont parties au pays d’origine, au Maroc et en Turquie principalement, ou ailleurs en Europe, là où la famille s’est dispersée. C’est la chance de conjuguer la fête avec la légèreté des vacances.

Le calendrier de l’Aïd-El-Adha – on dit aussi El Kebir- varie chaque année en fonction de la date du ramadan.

L’année prochaine, la fête tombe le 29 juin, juste à la fin des examens, mais en 2023 ce sera le 17 juin, beaucoup moins propice à l’insouciance. Le calendrier recule d’environ 12 jours chaque année.

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