Moteurs Formule 1

Ferrari : les raisons de la débâcle

25 août 2022 à 06:03Temps de lecture3 min
Par Thibaut Rinchon avec Maxime Berger

Ferrari avait tout en mains pour vivre une saison 2022 de rêve en Formule 1. Pouvoir enfin rejouer le titre mondial quinze ans après la dernière couronne pilote, quatorze après le dernier sacre chez les constructeurs. Mais, en treize courses, les Rouges ont complètement anéanti un renouveau qui annonçait un duel de folie avec Red Bull et Max Verstappen. Manque de fiabilité, erreurs de pilotage et surtout cafouillages stratégiques à répétition : plus de 100 points gaspillés du côté de Charles Leclerc. La Scuderia a compromis toute seule sa course au titre.

Pourtant, 2022 ne pouvait pas mieux débuter. Ferrari a négocié à merveille le virage du changement de règlement. Un doublé dès la première course à Bahreïn, la Scuderia confirme qu’il faudra compter sur elle. Charles Leclerc, vainqueur, donne le ton… et Verstappen répond. Les deux hommes entrent dans un très prometteur face à face.

Mais le soufflé rouge retombe bien trop rapidement. Gérer une course au titre, c’est aussi engranger de gros points et ne pas se montrer trop gourmands, comme à Imola où Leclerc veut en faire de trop. "Dans une saison comme ça, il faut parfois accepter quand on n’est pas assez compétitif pour une meilleure position... Cette fois-là, je ne l’ai pas accepté. Je vais apprendre de cette erreur", avouait le Monégasque.

Le ciel s’assombrit encore par la suite, la machine rouge s’enraille. Cette fois, c’est cette Ferrari 2022 irréprochable depuis le début de l’année qui commence à faire des siennes… Sixième rendez-vous de la saison, à Barcelone, Leclerc perd la tête du championnat. Le moteur lâchera deux fois en trois courses : en Espagne et à Bakou.

Approximations et cafouillages

Mais les approximations de l’équipe restent sans doute l’élément le plus marquant côté Scuderia. Trois victoires promises à Leclerc qui s’envolent après des cafouillages stratégiques, à commencer par celui de Monaco. "Je n’ai pas de mot. La saison est longue, mais on ne peut pas se permettre ça. On avait tout pour gagner… et on l’a foutu carrément à la poubelle. Ca fait mal, encore une fois à la maison. Bref…", pointait le Monégasque.

En cinq courses, Leclerc passe de 19 points d’avance sur Verstappen… à près de 50 points de retard sur le champion du monde. En plus de cela, Ferrari ne désigne pas de numéro un et tergiverse même quand la concurrence est dans les cordes, même quand Leclerc est bloqué derrière son équipier Carlos Sainz.

Silverstone, deuxième choix stratégique discutable. La victoire file entre les gants de Leclerc au profit de Sainz. Première victoire de la carrière de l’Espagnol, mais encore de précieux points gâchés pour le Monégasque. Il pense se relancer après sa victoire en Autriche… mais part ensuite à la faute en France.

Pour couronner le tout, les stratèges Ferrari sont de retour en Hongrie. Leclerc mène le Grand Prix et, encore une fois, le team ruine sa course avec une stratégie douteuse. Le pire dans tout cela, c’est que la Scuderia n’assume pas, tout le contraire de son pilote quand il commet une erreur. Pour la première fois, les discours divergent avant le break estival. "Je ne sais pas trop quoi dire. Les pneus médiums étaient vraiment bien. On était plutôt rapide et les pneus étaient encore assez neufs. J’étais confiant et je l’ai dit à la radio", précisait Leclerc. "Nous n’avions pas le rythme et nos pilotes souffraient", indiquait pour sa part Mattia Binotto, patron du team Ferrari.

Un petit miracle... ou une grande défaillance

Leclerc a lâché prise au championnat, relégué à plus de 80 points, plus que l’équivalent de trois victoires. Pas mieux au championnat des constructeurs où Ferrari accuse près de 100 points de retard et n’a pas pu compter sur Sainz en début de saison. L’Espagnol, trop souvent parti à la faute, a mis du temps à trouver ses marques dans la voiture 2022. "C’est très différent de ce que j’ai connu avant. Je me bats contre des pilotes qui se battaient déjà devant. Moi, c’est la première fois que j’ai une voiture qui me permet de gagner", confiait-il.

A neuf courses du terme de la saison, il faudrait un petit miracle et surtout une gigantesque défaillance Red Bull pour espérer revenir dans la danse. Ferrari avant tout en mains, mais sans doute pas encore les épaules pour rejouer la couronne mondiale.

F1 : Leclerc et Sainz, les deux pilotes Ferrari
F1 : Leclerc et Sainz, les deux pilotes Ferrari © Belga Image

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