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Fermeture d’une usine de produits chimiques à Tilly, septante emplois à la trappe

Fermeture d’une usine de produits chimiques à Tilly, septante emplois à la trappe
18 mai 2022 à 12:192 min
Par Simon Bériaux, Stéphanie Vandreck

Le groupe canadien 5N Plus a annoncé son intention de fermer son unique site belge. 28 employés et 40 ouvriers travaillent sur place. L’usine implantée à Tilly (Villers-la-Ville) est active dans le secteur de la chimie. Elle produit et exporte des matières premières (bismuth, cristaux de plombs, etc.) destinées à l'industrie. 5N Plus avait racheté la société familiale Sidech (société industrielle d’études et d’exploitation chimiques) en 2011. La direction du groupe justifie sa décision en invoquant de très lourdes pertes financières.

Délégation syndicale reçue ce 18 mai

Une délégation syndicale a rencontré la direction belge ce mercredi 18 mai. Le lancement de la procédure Renault a été confirmé à cette occasion. Les travailleurs se sont réunis à midi sur le site et ont arrêté le travail. S’ils s’attendaient à un éventuel remaniement, ils sont pris de court par l’annonce de la fermeture pure et simple. "C'est quand même une surprise, même si on sentait que des choses allaient se passer, commente Rudy Lardinois, délégué FGTB. On n'a jamais connu de grosses difficulté au niveau social, si ce n'est une petite restructuration en 2015. On n'a jamais connu de chômage économique. On ne faisait pas des chiffres énormes mais ça tournait".

Côté patronal, on constatait néanmoins que la situation financière était loin d'être rose. "Le site de Tilly fait face depuis quelques années à une situation financière négative et à des investissements techniques importants à réaliser pour rester conformes aux normes environnemental, explique le directeur local Pierre Koch. La structure ne coût ne semble pas de permettre au site de continuer à être rentable à court, moyen et long termes".  La Région wallonne exigeait en effet une remise aux normes des installations pour continuer d’assurer le bon stockage de la production. L'investissement pour conserver le permis environnemental s'élève à près de 5 millions d'euros. Autant de difficultés exacerbées par l’inflation de ces derniers mois. La délégation syndicale fustige également de son côté une gestion jugée défaillante depuis le rachat de la Sidech, une entreprise familiale fondée en 1948, par le groupe canadien il y a onze ans.

De quoi précipiter la décision du groupe canadien ? Les syndicats se tournent désormais vers la Région wallonne dans l’espoir de trouver un repreneur, et un avenir pour le site classé Grand Seveso et sans doute polllué : on y fabrique des produits chimiques particulièrement délicats et dangereux, destinés à l'industrie, comme de l'oxyde de bismuth, des cristaux de plomb ou du nitrate de cobalt. 

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