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Fermer le secteur culturel pour diminuer les contaminations à Omicron, une décision justifiée? Voici ce que disent les études

Fermer le secteur culturel pour diminuer les contaminations à Omicron, une décision justifiée? Voici ce que disent les études
23 déc. 2021 à 15:09 - mise à jour 23 déc. 2021 à 20:154 min
Par Xavier Lambert avec Maxime Fettweis

Pour prévenir les dangers liés au développement du variant Omicron dans notre pays, le Comité de Concertation a décidé différentes mesures dont les plus marquantes sont l'absence de public aux événements sportifs et l'interdiction des manifestation en intérieur et la fermeture du secteur culturel, cinémas compris, à l'exception des musées et lieux d'exposition.

Le gouvernement a-t-il vu juste et où risque-t-on le plus d’être contaminé au Covid-19 ? On fait le point.

Près de 70% des cas recensés en Belgique ignorent où a eu lieu la contamination

Où se contamine-t-on le plus en Belgique? Difficile à évaluer avec précision.

Dans ses rapports hebdomadaires, Sciensano donne des renseignements sur les foyers ("clusters") identifiés: au cours de lsemaine du 6 au 12 décembre, les nouveaux clusters se  trouvent  principalement  dans  le secteur  de  l’éducation  (71,5 %),  les  lieux  de  travail  (13,1%),  les  maisons de repos (6,2%) et les  résidences  pour  personnes  handicapées (3,4%).

Outre les clusters, Sciensano donne ponctuellement des détails sur les lieux de contaminations sur base du suivi des contacts, mais ces données restent floues et surtout très incomplètes. Environ  66,4  %  des cas  confirmés COVID19  contactés  ont  indiqué  ne  pas  savoir  où  ils  avaient  contracté  l’infection", note le bilan de l’Institut scientifique de santé publique dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire du 17 décembre 2021. Cela signifie que dans deux tiers des cas, il est impossible de définir où les personnes ont été contaminées.

Pour les 33,6% restants, il apparaît selon les personnes positives contactées entre le 15 et le 21 novembre 2021 que la contamination a majoritairement lieu à leur domicile (17,92%), au domicile de leur famille ou d’amis (3,04%) ou encore lors de ce que Sciensano appelle des "activités pour adolescents" (6,66%) et au travail (2,52%).

Contacté par la RTBF, l’institut scientifique précise que "l’investigation du lieu de l’infection est une compétence régionale et est organisée par le suivi des contacts", ce qui rend la tâche de centralisation plus complexe lorsqu’il s’agit de préciser les chiffres.

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Une analyse française pour éclairer la situation belge

Pour des données comparatives, il faut se tourner vers l'étranger, et notamment la récente étude de l’Institut Pasteur, publiée dans The Lancet Regional Health Europe, qui va un pas plus loin et permet d’éclairer les potentiels lieux de contamination en France de 12.000 Français testés positifs, en comparaison avec 5000 Français constituant un groupe témoin sur la période entre le 23 mai et le 13 août 2021.

Il est à noter que cette période est située en plein cœur de l’été mais aussi dans une période marquée par de nombreuses réouvertures dans l’Hexagone, avec l’appui du pass sanitaire censé filtrer les personnes contaminées ou non-vaccinées. Les terrasses et lieux culturels puis l’intérieur des restaurants et les salles de sport et enfin les boîtes de nuit ont pu consécutivement rouvrir le 19 mai, le 9 juin et le 9 juillet.

Les réouvertures en France n’ont pas suivi le même calendrier qu’en Belgique puisque les restaurants ont pu rouvrir en intérieur dès le 9 juin, tout comme les salles de sport et les lieux de culture. L’étude est donc bien relative à la situation en France mais permet toutefois de faire apparaître les lieux les plus à risque d’être contaminé, une valeur qui manque cruellement à l’analyse de la situation en Belgique.

Les risques explosent en discothèque

Selon les résultats établis par l’Institut scientifique français, les bars, les soirées privées et les boîtes de nuit sont les lieux où l’on risque le plus d’être contaminé au Covid-19. Pour les citoyens français de moins de 40 ans, avoir fréquenté un bar augmentait de 90% les risques d’être ensuite testé positif. Et cette multiplication du danger d’infection explose même à 350% de chances en plus d’être contaminé lors d’une fête chez des amis ou en famille et jusqu’à 790% de risque supplémentaire lorsqu’une personne de moins de 40 ans fréquente une discothèque. Un résultat interpellant puisque les boîtes de nuit ont rouvert en France selon un protocole très strict, avec tests à la clé.

Si les bars sont souvent mis dans le même sac que les restaurants, aucun surrisque n’a été enregistré pour les seconds par l’Institut Pasteur durant l’étude. L’ouverture progressive en commençant par les terrasses, les jauges mises en place en France et le pass sanitaire, déjà d’application lors de l’analyse des données collectées, pourraient en partie expliquer pourquoi.

Même constat pour les lieux de culture regroupant les cinémas, théâtre et autres salles de spectacle assis mais aussi pour les salons de coiffure. 

Ce résultat rejoint les conclusions d'une étude allemande parue en avril dernier, montrant que  les théâtres, salles de concert et musées respectant les consignes sanitaires habituelles sont les lieux publics où le risque de contamination est le plus faible.

A titre de comparaison, même avec port du masque, cette étude démontre que le risque est double dans les supermarchés, triple dans les bureaux en open space occupés à 20%, et multiplié par 6 dans les écoles secondaires à moitié remplies.

Pourquoi? Selon les responsables de l’étude, il s’agit des seuls endroits publics où les participants restent globalement silencieux.

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On peut rappeler aussi les différents tests effectués avec les six spectacles-tests organisés en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec des protocoles différents: "Le risque additionnel de contamination lors de l’un de ces 6 événements-tests, par rapport à un groupe comparable n’y ayant pas participé, est inférieur à 1%" concluait le rapport.

Extrait du JT de 19H30 du 23/12/2021

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