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Jupiler Pro League

Felice Mazzu, ses racines lui donnent des ailes

17 août 2019 à 06:002 min
Par Pierre Deprez

Waterschei, à côté de Genk, mercredi 17h. Mijndepot est un musée du charbonnage, où nous emmenons Felice Mazzu après une longue journée au club. Racines obligent. "Goede morgen", lance l’entraîneur Carolo, dans un néerlandais volontariste mais encore un peu maladroit. "Bonjour, bienvenue à vous", répondent les 4-5 anciens mineurs limbourgeois disponibles pour la visite guidée. Et très honorés. "Buona sera", ajoute l’un deux, avec un clin d’œil en direction du fils de Pasquale et Anna, venus de Calabre dans les années 50 pour trouver du travail en Wallonie.

Le ton est donné : la mine, la vie incroyable de ces hommes luttant pour assurer la subsistance des leurs au prix de sacrifices et de dangers, l’admiration et la reconnaissance de Felice pour son papa, etc. "Ca me conforte dans l’idée que les joueurs et les entraîneurs qui vivent de leur passion et gagnent si bien leur vie doivent savoir quelle chance ils ont. Si à un moment je vois que mes joueurs sont trop dans la facilité, je pourrais imaginer les emmener ici pour qu’ils se rendent compte des conditions de vie jadis." Genk et Charleroi ont ceci de commun qu’ils ont connu la grande époque des charbonnages. "Il y a des similitudes entre les gens de ces deux régions, j’y suis sensible. Et j’espère que je connaîtrai avec les supporters de Genk la même connivence qu’avec les Carolos."

La visite est terminée, l’amitié naissante et la nostalgie pas. Le petit groupe se retrouve à la cafétéria du Musée, Felice, sourire au coin des lèvres et le regard enjoué entonne "Marina, Marina, Marina,…" en italien, et tous reprennent en cœur, enthousiastes et émus, cette chanson chantée jadis par leurs amis italiens, forçats de la mine avec eux.

Dimanche, 14h, nous sommes accueillis à Charleroi, chez Pasquale et Anna Mazzu. Accueil chaleureux. Fatalement, serait-on tenté d’ajouter, car les chiens ne font pas des chats ! "Je crois que Felice parle souvent de mon passé de mineur parce que ça l’a impressionné qu’un jeune garçon italien, pauvre, manœuvre, arrive en Belgique, s’adapte, travaille et construise une famille", glisse le papa. "Il sait que nous avons réussi à faire faire des études universitaires à nos trois enfants et que ce n’était pas facile. Il est fier de nous mais nous de lui aussi", ajoute maman Mazzu.

Il y a quelques temps, en collaboration avec notre regretté confrère Jean Derycke, Felice publiait son livre "Papa je te promets qu’un jour…"Pasquale : "Il voulait dire : je te promets qu’un jour je deviendrai quelqu’un de bien, un bon coach. Pour le moment c’est plutôt réussi. La suite, on verra, ça dépend de lui." Anna : "Partir à Genk, c’est courageux de sa part, parce qu’il est loin de sa femme, de ses enfants, de tout ce qu’il connaissait si bien à Charleroi. Mais pour nous, c’est autre chose encore : on est tristes, il nous manque. Avant il passait tous les jours faire la bise et boire un café. Maintenant, on doit regarder la TV pour le voir."

Mijndepot à Waterschei, chez les Mazzu à Charleroi : deux moments chaleureux et vivifiants. Grazie mille a tutti. Un reportage de 11 minutes consacré à Felice Mazzu sera diffusé ce dimanche 18/8 dans le Week-end Sportif, sur la Une TV et sur RTBF Auvio.

En visite chez la mère et le père de Felice Mazzu

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