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Belgique

Fedasil: la diminution des demandes d'asile va toucher l'emploi

Jean-Pierre Luxen, le directeur de Fedasil, revenait sur la réduction de la capacité d'accueil en Belgique
31 juil. 2013 à 06:05 - mise à jour 31 juil. 2013 à 07:423 min
Par Germain Renier

"Cette meilleure gestion permet d'éviter que les demandeurs ne séjournent trop longtemps et inutilement dans les centres", explique Jean-Pierre Luxen, invité de Matin Première ce mercredi.

Alors que la crise de l'accueil battait son plein il y a un an, que les centres d'urgence étaient bondés et que des hôtels ouvraient leurs portes aux demandeurs, le quotidien Le Soir évoque ce matin la suppression de 5000 places d'accueil. Des chiffres "corrects", déclare le directeur de Fedasil, "mais qui concernent déjà 2012 et ont essentiellement touché les structures temporaires, comme les centres d'urgence ou de transit", ajoute-t-il.

Jean-Pierre Luxen entend donc développer un réseau adéquat "pour répondre à cette diminution des demandes et à cette accélération des dossiers." Il évoque dès lors "un réseau qui répondra à une capacité de 16 à 18 000 places auxquelles des 'places tampons' seront ajoutées. Soit une capacité à rouvrir rapidement des centres ou parties de centres afin d'éviter les ouvertures en urgence telles qu'on les a connues."

Quelles conséquences sur l'emploi ?

Il ne le cache pas, ce désengorgement de la demande d'asile va générer des pertes d'emploi. Mais le directeur de Fedasil veut aussi tempérer : "Beaucoup de membres du personnel avaient un contrat à durée déterminée et savaient donc qu'il se terminerait avec la fin de la crise."

"Mais, ajoute-t-il, il y aura effectivement des mi-temps ou des temps pleins qui seront réaffectés ailleurs ou devront trouver autre chose." Une annonce qui avait déjà suscité l'inquiétude des CPAS.

Jean-Pierre Luxen veut tout de même positiver, en rappelant une chute du nombre de demandeurs d'asile de 25% par rapport à 2012. Et s'il entend adapter le réseau de l'accueil, les centres collectifs resteront la solution privilégiée : "Les demandeurs y sont reçus pendant quatre mois au cours desquels il vont être préparés et accompagnés pour pouvoir être hébergés dans des structures individuelles, comme les CPAS ou les ONG."

Pourtant les CPAS, entre autres, avaient critiqué la fermeture d'ILA - initiatives locales d'accueil - qui a accompagné cette réduction de la demande, considérant ces structures individuelles comme la meilleure solution d’intégration et de suivi. Jean-Pierre Luxen met en garde à ce sujet, en invitant à "ne pas opposer les structures collectives et individuelles" : "Placer trop vite les personnes en centre individuel leur donne un message trop positif et les pousse à s'installer alors qu'il seront peut-être déboutés quelques jours plus tard."

La Belgique émet-elle des messages plus négatifs aux demandeurs ?

Pour le directeur de Fedasil, "on ne tente pas ici de dissuader les demandeurs". "Au contraire, dit-il, le fait que les dossiers soient plus rapidement gérés est un message positif. Mais nous insistons tout de même sur le fait que la Belgique n'est pas l'Eldorado."

Aujourd'hui, Jean-Pierre Luxen parle d'une gestion de dossiers qui dure entre six et neuf mois, et des séjours de 9,3 mois en moyenne.

Environ 25% des demandeurs obtiennent gain de cause en bout de course. Mais que deviennent les 75% restant ? Disparaissent-ils dans la nature ? "Des programmes de retour volontaire ont été mis en place", explique Jean-Pierre Luxen, en ajoutant que "ceux qui sont déboutés sont préparés à retourner dans leur pays." "Des aides financières sur mesure leur sont octroyées, puis ils sont accueillis sur place et encouragés à, par exemple, monter un petit commerce."

Et en réponse à Yvan Mayeur, le président du CPAS de la Ville de Bruxelles qui proposait de fermer le "Petit Château" (le plus grand centre de Fedasil, à Bruxelles), M. Luxen évoque "un 'masterplan' à partir de 2015". Il veut profiter de la fin de la crise "pour redéfinir la spécificité des centres, et pour offrir une réponse spécialisée en fonction des groupes, et non plus anonyme."

G.R.

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