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Belgique

Fedasil ferme des places pour l'accueil des demandeurs d'asile

Fedasil ferme des places pour l'accueil des demandeurs d'asile
30 juil. 2013 à 02:55 - mise à jour 30 juil. 2013 à 15:313 min
Par Belga News

Depuis le début de l'année 2013, le nombre de demandeurs d'asile a baissé en moyenne de 25% par rapport à l'année précédente. Autant de personnes qu'il ne faut plus loger. Résultat, le taux d'occupation des places mises à disposition par Fedasil est passé de 94% en octobre dernier à 75% actuellement.

L'agence fédérale d'accueil des demandeurs d'asile a donc commencé à supprimer des places. Les premiers centres qui ont fermé étaient les centres de transit ou des centres d'accueil comme celui de Stoumont en région liégeoise il y a quelques semaines.

Désormais, Fedasil entend donc diminuer le nombre de lits disponibles dans ce qu'on appelle les ILA, les initiatives locales d'accueil, c'est-à-dire des structures mises en place par les CPAS.

Difficile d'expliquer les causes exactes de la diminution du nombre de demandes d'asiles en Belgique. Des demandes qui varient selon de nombreux facteurs comme le contexte international par exemple.

Mais de nombreux observateurs attribuent cette baisse à la politique mise en place par la secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Maggie De Block, avec des mesures comme les retours forcés ou volontaires des demandeurs d'asile déboutés. Ou encore la liste des pays sûrs pour lesquels les demandes d'asile font l'objet d'une procédure accélérée.

Fermeture annoncée des centres FEDASIL

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A Bruxelles, Yvan Mayeur (PS) veut la fermeture du Petit Château

Yvan Mayeur, le président du CPAS de la Ville de Bruxelles, se réjouit et demande la fermeture du Petit-Château. "C'est cohérent de fermer des centres quand la demande est moindre."

Il demande dès lors que la fermeture du Petit Château, situé le long du canal, soit envisagée. "Les conditions n'y sont pas optimales et le centre pose quelques problèmes dans le quartier", explique-t-il.

Le président du CPAS de la Ville de Bruxelles souhaiterait également que Fedasil profite de l'occasion pour trouver des solutions quant à la situation des Roms. "C'est un problème permanent, insupportable", estime-t-il avant de dénoncer "l'hypocrisie" dont font preuve les autorités européennes. "Les Roms ne peuvent être considérés comme des demandeurs d'asile car ils proviennent de pays de l'Union européenne. Il nous est interdit de les aider sur fonds propres. Il faut saisir l'UE et adapter la situation", conclut-il.

Risque de surcharge pour les CPAS, craint Philippe Defeyt (Ecolo)

Philippe Defeyt, également vice-président du comité directeur de la Fédération des CPAS wallons, juge quant à lui cette décision "logique mais difficile à accepter". "Il y a un an, nous avons été sollicités par Fedasil pour ouvrir des ILA, alors que les taux de financement ont été réduits ces dernières années. Aujourd'hui, Fedasil veut fermer ces ILA. Cette décision est le fruit d'atermoiements", déplore Philippe Defeyt.

Même si Namur n'est pas directement concerné par la fermeture des initiatives locales, puisque le CPAS avait privilégié d'autres types de soutien, Philippe Defeyt craint un "overshooting". "Il est logique de réduire le nombre de places mais les CPAS ne doivent pas compenser un manque de places" en cas de flux inattendu de demandes. Il espère dès lors qu'il sera tenu compte de l'évolution du fonctionnement du réseau.

Ecolo dénonce un durcissement de la politique d'asile

Ecolo a dénoncé mardi par voie de communiqué l'annonce de la fermeture de petites structures d'accueil familiales pour demandeurs d'asile, une décision de la secrétaire d'Etat Maggie De Block motivée par des impératifs budgétaires, que les Verts considèrent comme une "nouvelle atteinte à la qualité" de traitement des demandes alors que de l'argent sera investi dans un nouveau centre de retour à Holsbeek (Brabant flamand).

Face aux critiques du secteur de l'accueil des réfugiés, le cabinet De Block a reconnu que les structures ILA coûtaient moins cher que les centres d'accueil. "Chaque demandeur d'asile aboutit d'abord dans un centre collectif. Ensuite, si une aide complémentaire est encore nécessaire, il peut bénéficier du soutien des ILA" mais aujourd'hui avec la chute du nombre de candidats, une restructuration s'impose, selon la secrétaire d'Etat.

Pour Ecolo, cette situation de baisse des demandes n'est pas sans rappeler la situation de 2005-2006 où le gouvernement avait fermé des centres d'accueil pour, dès 2007, se retrouver dans une situation humanitaire "inacceptable" avec des centaines de familles de demandeurs d'asile laissées à la rue, hiver comme été.

Evoquant la suppression de 1143 places locales temporaires et de 1500 à 2000 places définitives, le cabinet De Block est d'avis que la Belgique saura faire face à d'éventuelles nouvelles crises humanitaires à l'étranger.

Pour Ecolo, la conclusion est claire, c'est moins l'objectif budgétaire qui est visé qu'un "nouveau durcissement de la politique de l'asile" en Belgique.

 

Belga et B. Hupin

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