Cinéma

"Fauve" : l'adolescence mouvante

“Fauve” : l’adolescence mouvante
15 oct. 2018 à 10:31Temps de lecture1 min
Par Flora Eveno

Le court métrage du jeune réalisateur montréalais Jérémy Comte a reçu le Prix du Jury au Festival Sundance 2018. 

 

Deux garçons livrés à eux-mêmes déambulent dans la nature, le long de chemins de fer abandonnés, sur des routes de campagne et jusqu’à une mine à ciel ouvert. Se joue entre eux un étrange jeu de domination dans lequel il ne peut y avoir qu’un seul gagnant. De façon naïve et malsaine à la fois, les deux pré-adolescents entament une lutte pour le pouvoir, comme un rite de passage pour devenir un homme. A tout moment, le bras de fer peut déraper, d’autant plus que l’immensité et le vide angoissant de la nature environnante est seule juge. 

 

“Fauve” est un court métrage sur les rapports de force et les rites de passage à l’âge adulte. Interprétés par deux garçons, comédiens non-professionnels, ces deux petits hommes en devenir ne cessent de rechercher les limites de l’autre. L’un jette des cailloux sur l’autre, qui à son tour se moque du premier. La réplique de l’un d’eux fait entrer le court métrage vers un film plein de tensions, étouffant et oppressant. Le court métrage québécois de Jérémy Comte joue avec les émotions du spectateur et sa trame est sur le fil du rasoir, prête à basculer à tout moment. 

 

Le jeune réalisateur explique que “Fauve” lui est venu d’un rêve qu’il faisait souvent étant enfant. Alors qu’il courait sous la pluie sur une route de campagne, le souvenir lui est revenu et il a voulu le transposer dans un court métrage. Présenté à Sundance cette année, “Fauve” a reçu le prix du jury et a obtenu une quarantaine d’autres distinctions à travers le monde. Porté par deux acteurs non-professionnels très doués et une esthétique brute et onirique, le court métrage mérite bien tout son succès.

 

 

Regardez “Fauve” (2018) de Jérémy Comte en Staff Pick Premiere sur Vimeo. 

 

 

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