Serie A - Football

Fautif sur le premier but, à niveau par la suite : De Ketelaere a découvert l'exigence de la Serie A

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04 sept. 2022 à 05:00 - mise à jour 04 sept. 2022 à 09:19Temps de lecture2 min
Par Lancelot Meulewaeter

Les Milanais aiment les choses qui brillent. Héritiers de cette tradition d’une Lombardie nantie, ils vivent encore autour de stéréotypes qui les associent au luxe et au savoir-vivre. La rencontre entre le Milan AC et Charles De Ketelaere est donc faite pour devenir une storia d’amore. Parce que le Prince Charles a été reçu là-bas comme un gendre idéal. Grand, blond au sourire publicitaire, d’une éducation manifestement aisée, dénué de tatouage outrancier, il a convaincu le monde rossonero par son élégance naturelle, de celle qui fait mouche là-bas en Lombardie, au point d’être comparé à l’iconique Kaka. Et ce avant même d’avoir touché le moindre ballon.

La confiance de Pioli

Le public milanais demeure cependant exigeant, certainement envers un joueur qui a coûté plus de 30M€ à un club qui n’est plus connu pour ses folies comptables. Les Rossoneri s’attendaient à ce que Charles De Ketelaere joigne les actes à cette image de jeune premier. Il l'avait fait face à Bologne en délivrant son premier assist dans le Calcio. Mais il était attendu face à plus grand. Titulaire pour la première fois dans un derby de la Madoninna à son poste privilégié de numéro 10, le poupon a découvert les affres d’un derby face à l’Inter. Surpris par un démarrage de Marcelo Brozovic, il endosse une partie de la responsabilité de l’ouverture du score intériste. Une approximation restée sans conséquence vu la victoire des siens (3-2). Et si le Diable (qui s’est révélé lors du Final Four de la Nations League disputé… en Italie) n’a joué que 60 minutes, cela semblait s’inscrire dans un processus prévu par Stefano Pioli, un coach qui croit en son nouveau poulain et veut lui laisser le temps d’imprimer sa marque sur cette équipe. Car sur l'heure de jeu qui lui a été conférée, CDK a eu le temps de montrer un éventail de ses atouts : sa vision du jeu, son sens du tempo pour s’infiltrer dans la surface, son timing dans le jeu de tête, son dribble et sa capacité de résister aux chocs. Et c’est sans doute par pudeur qu’il s’est retenu d’armer une frappe en début de rencontre, préférant se tourner vers un coéquipier, alors que l’assistance avait déjà préfiguré la trajectoire que devait prendre l’envoi.

Son maillot commence à fleurir

En cédant sa place à Brahim Diaz (pas fort en vue sur sa demi-heure de temps de jeu), De Ketelaere a reçu d’un San Siro bouillonnant une première ovation qui sonnait comme une envie de le revoir aussi vite que possible. Dans les travées du stade, derrière les chouchous que sont Théo Hernandez, Sandro Tonali et Zlatan Ibrahimovic, le numéro 90 de CDK commence à fleurir sur le dos des supporters milanais. Les jeunes ont déjà adopté celui dont ils peinent pourtant à prononcer le nom, alors que les vieux laissent du temps au Belge avant de trancher. Il ne lui manque qu'un but pour emmener tout son monde rouge et noir avec lui. La Ligue des champions, que Milan abordera en champion d’Italie, doit permettre au Belge de prendre la mesure de ce qui est attendu de lui. Ca tombe bien, l’air de la plus grande compétition européenne lui donne souvent des idées.

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