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On n'est pas des pigeons

Faut-il se ruer sur les voitures électriques ? Pas si vite, selon certains experts

Faut-il se ruer sur les voitures électriques ?

On n'est pas des pigeons

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24 janv. 2022 à 08:004 min
Par Christine Lenaerts

En ce mois de janvier, les conditions salon fleurissent chez les concessionnaires de voiture. Mais faire l’acquisition d’un véhicule est aujourd’hui un vrai casse-tête. Le marché souffre d’importants retards de livraison en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Mais, en plus, les automobilistes ne savent plus très bien sur quel pied danser en matière de motorisation.

Garçon charge la voiture électrique familiale à domicile
Garçon charge la voiture électrique familiale à domicile © Tous droits réservés

Faut-il renoncer dès maintenant aux véhicules thermiques ? Acheter électrique ou hybride ou attendre ? Pour les particuliers, le choix est cornélien. Alors, nous allons tenter d’y voir un peu plus clair…

Les publicités vantent les électriques et hybrides

Ça n’a pas pu vous échapper, à travers leurs pubs, les marques mettent le paquet sur les voitures électriques et hybrides. Normal, poussées dans le dos par l’Europe, elles ont beaucoup investi dans ces motorisations.

Il faut à tout prix décarboner et la technologie la plus aboutie à ce jour pour atteindre les objectifs en matière d’émissions de C02, c’est l’électrique.

Alors, maintenant, il faut les vendre ! Pour Jean-Marc Ponteville, porte-parole du plus gros importateur de Belgique, pas de doute, " Il faut à tout prix décarboner et la technologie la plus aboutie à ce jour pour atteindre les objectifs en matière d’émissions de C02, c’est l’électrique ", nous dit-il.

Des propos qui sèment le trouble

Vendeuse et clients dans un showroom de concessionnaire de voitures électriques
Vendeuse et clients dans un showroom de concessionnaire de voitures électriques © Tous droits réservés

Le marketing est si intense que, chez les concessionnaires, nous rencontrons beaucoup de clients complètement perdus.

Les électriques sont trop chères, alors j’ai choisi une solution intermédiaire: j’ai opté pour un modèle micro-hybride, c’est-à-dire non rechargeable.

L’électrique, oui, mais cela représente un énorme surcoût à l’achat, sans compter les problèmes d’autonomie des batteries ou le manque de bornes de recharge. "J’ai beaucoup hésité", nous explique une automobiliste sur le point de conclure son achat. "On a l’impression que les voitures thermiques sont diabolisées. On ne sait pas comment va évoluer la fiscalité. Les électriques sont trop chères, alors j’ai choisi une solution intermédiaire, j’ai opté pour un modèle micro-hybride, c’est-à-dire non rechargeable. "

Il faut dire que le marché est dans un flou inédit. Et certaines déclarations n’arrangent rien. Celles de Carlos Tavares, par exemple. En décembre dernier, le patron du groupe Stellantis regrettait encore que l’évolution vers l’électrique soit trop rapide.  Et risque de poser des soucis aux revenus moyens, qui ne pourront pas se les payer. Et entraîner ainsi des conséquences sur les ventes. Avec, à la clé, des pertes d’emplois dans le secteur.

Ces modèles, testés en montagne, consomment autant que les moteurs diesel.

Plus récemment, des chercheurs suisses ont carrément fustigé les hybrides et ils ne mâchent pas leurs mots puisque, selon eux, il s’agit ni plus ni moins d’une arnaque. " Ces modèles, testés en montagne, consomment autant que les moteurs diesel ", concluent-ils. Un constat qui, précisons-le, vaut peut-être dans le Valais, mais pas partout. Il n’empêche, ce genre de sortie jette encore un peu plus le trouble.

Tout miser sur l’électrique, une erreur ?

Femme attend la recharge de sa voiture électrique près de panneaux solaires
Femme attend la recharge de sa voiture électrique près de panneaux solaires © Tous droits réservés

Et les chercheurs belges, dans tout cela ? Nous avons rencontré le responsable de l’école polytechnique de l’UCLouvain, Francesco Contino, et il n’est pas plus indulgent avec l’évolution actuelle. " Tout miser sur l’électrique est une erreur", dit-il. "Mettre dans tous ses œufs dans un même panier conduira à une bulle, comme cela s’est passé pour le photovoltaïque. " Pour Francesco Contino, le maître- mot, c’est diversification. " Il faudrait soutenir beaucoup plus la recherche sur l’éthanol, le méthanol, l’hydrogène ou les carburants synthétiques', dit-il, "mais pas seulement." Il préconise: "Il faut aussi repenser la mobilité. Il va falloir développer le système des voitures partagées, et bien sûr ,utiliser davantage les transports en commun. "

Je déconseille à mes clients d'acheter électrique

Le tout à l’électrique, ici et maintenant, même dans le secteur de l’automobile, tout le monde n’y est pas favorable. En off, un vendeur nous a dit ceci : " La marque nous pousse à vendre les modèles électriques, mais, moi, aux clients que je connais et qui achètent en tant que particuliers, je leur déconseille d’acheter électrique maintenant. Dans 5 ans, les batteries auront deux fois plus d’autonomie, donc les modèles actuels que l’on paye bien cher, ne vaudront plus rien. "

Il va falloir penser sa mobilité au quotidien et non plus en semaines. ​​​​​​

Alors, que faire ? Selon Francesco Contino, si l’achat d’un véhicule est inéluctable, mieux vaut dans les tous cas opter pour un modèle petit et léger. Inutile aussi de choisir des voitures avec une grande autonomie. " Il va falloir penser sa mobilité au quotidien et non plus en semaines… "

Il faut imaginer une nouvelle façon de posséder une voiture.

Face à tant d’incertitudes, Jean-Marc Ponteville, le porte-parole du gros importateur belge nous livre un autre conseil : " Il faut imaginer une nouvelle façon de posséder une voiture. En privilégiant des formules comme le leasing privé, vous faites peser le risque de décote sur l’organisme financier ou sur le concessionnaire. "

Autre solution : attendre et faire le gros dos, si possible, dans l’espoir que l’on y voit un peu plus clair dans un marché automobile en pleine mutation. 


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