RTBFPasser au contenu

Societe

Faut-il réduire la durée de la quarantaine en Belgique, sur base de quels critères ?

Faut-il réduire la durée de la quarantaine en Belgique, sur base de quels critères ?
03 janv. 2022 à 18:22 - mise à jour 04 janv. 2022 à 06:524 min
Par Kamel Azzouz

La cinquième vague de Covid 19 et son variant Omicron conduisent certains pays à l’allègement de la période de quarantaine, et ce afin de sauvegarder la vie socio-économique. Des études scientifiques ont démontré que le variant Omicron est moins létal, 40% plus transmissible, et a un temps d’incubation plus court que ses prédécesseurs. Pour ces raisons certains experts pensent que la Belgique devrait aussi envisager de réduire la durée de la quarantaine.


►► A lire aussi: Comité de concertation: vers un changement pour les stratégies concernant les quarantaines et le testing ?


Si le nombre de contaminations lié au variant Omicron ne cesse d’augmenter de manière exponentielle, le taux d’hospitalisation est inversement proportionnel. C’est sur base des dernières données scientifiques que des pays ont déjà adapté certaines mesures sanitaires comme la durée de la quarantaine.

La France, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal et la Suisse ont décidé de réduire cette durée d’isolement de 10 à 7 jours si les personnes contaminées sont entièrement vaccinées. Quant aux États-Unis fortement impactés par Omicron, les autorités ont réduit ce temps à 5 jours.

Le variant Omicron moins létal que le variant Delta

Yves Coppieters, professeur de santé publique et épidémiologiste à l’ULB, soulève la spécificité du temps d’incubation et de contagion du variant Omicron : "C’est vraiment un variant moins létal, moins dangereux. Les études ont montré que les formes graves de complications pulmonaires sont 10 fois moins importantes avec le variant Omicron qu’avec le variant Delta. Donc, on peut se permettre une circulation plus importante de la population et une reprise plus rapide des activités."

Lorsqu’on est touché par le variant Omicron, on est contagieux 3 jours avant les symptômes environ et encore 2 à 3 jours après l’expression des symptômes

"Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que lorsqu’on est touché par le variant Omicron, on est contagieux 3 jours avant les symptômes environ et encore 2 à 3 jours après l’expression des symptômes."

Je pense qu’il faut absolument que la Belgique revoie ses critères de quarantaine

Si la durée de la quarantaine a été réduite en France, le port du masque devient obligatoire dès 6 ans dans tous les transports en commun. La Grande-Bretagne s’inscrit dans la même logique. Au-delà de la période d’isolement raccourcie, le port du masque est désormais aussi recommandé pour les élèves du secondaire.

Favorable à l’idée d’une levée de la quarantaine après cinq ou sept jours avec un test négatif, Yves Coppieters souligne l’importance des gestes barrières en évoquant la piste du masque FFP2 : "Je pense qu’il faut absolument que la Belgique revoie ses critères de quarantaine, de testing. Ce qui serait intéressant, c’est de plus insister sur le critère du port du masque après ces 5 jours de sortie de quarantaine."


►►► À lire aussi : Coronavirus en Belgique : pour Yves Coppieters, il serait raisonnable de réduire la durée de quarantaine


"Certains pays parlent de l’utilisation systématique du masque FFP2. Face à un variant très contagieux, on peut comprendre que des masques de meilleure qualité sont une protection supplémentaire. Quoi qu’il en soit, si on sort de quarantaine plus tôt, il faut absolument respecter les gestes barrières."

D’un point de vue épidémiologique, il y a encore un grand nombre d’incertitudes

La vitesse de propagation du virus est telle que les entreprises et les autorités politiques craignent un taux d’absentéisme très élevé dans les semaines à venir. Ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la reprise des activités socio-économiques après les fêtes de fin d’année.


►►► À lire aussi : Face à la déferlante Omicron, des règles d’isolement allégées pour éviter la paralysie


Différents pays ont opté pour une période de quarantaine plus courte, sur base des premières études scientifiques sur le variant Omicron.

Niko Speybroeck, épidémiologiste à l'UCLouvain, considère que les données ne sont pas encore assez complètes : "D’un point de vue économique, c’est une bonne chose de raccourcir les périodes de quarantaine, surtout dans des secteurs critiques où avoir un absentéisme généré par ces quarantaines n’est pas une bonne chose pour les entreprises. Mais d’un point de vue épidémiologique, il y a encore un grand nombre d’incertitudes. On doit encore évaluer la période de contagiosité une fois qu’on est infecté par le virus."

C’est quand même encore un petit peu risqué et peut-être un peu trop tôt pour prendre cette décision

"On va avoir plus de réponses dans plusieurs semaines, en comparaison avec les données qu’on a maintenant. D’un point de vue épidémiologique, c’est quand même encore un petit peu risqué et peut-être un peu trop tôt pour prendre cette décision. On a déjà des études préliminaires, mais pas encore une méta analyse qui permettrait de prendre une décision rigoureuse."

Pour lutter contre la vague du variant Omicron, les autorités tentent de trouver un équilibre pour préserver à la fois la santé publique et la vie socio-économique. La prochaine CIM santé (Conférence interministérielle Santé), prévue ce jeudi, nous livrera sans doute plus sur les prochaines mesures sanitaires qui seront appliquées en Belgique. 

Extrait du JT du 03/01/2021

Sur le même sujet

22 janv. 2022 à 17:01
2 min
05 janv. 2022 à 05:04
2 min

Articles recommandés pour vous