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Matin Première

Faut-il faire confiance aux applications mobiles de santé mentale ?

Faut-il faire confiance aux applications mobiles de santé mentale ?

Plusieurs dizaines d’applications proposent aujourd'hui de s’occuper de notre santé mentale. Un rapport de la fondation Mozilla les a analysées et classées : la plupart d’entre elles posent de sérieux problèmes. Analyse avec notre chroniqueur nouvelles technologies Gilles Quoistiaux, journaliste à l’Echo.

Les applications mobiles de santé mentale promettent de vous aider à vous sentir mieux. Il y a différentes sortes d’applications. Certaines vont vous mettre en contact avec un spécialiste pour une consultation par téléphone. D’autres vous proposent un chatbot, un robot conversationnel avec lequel vous allez pouvoir échanger. Il y a aussi des applications de relaxation qui vous proposent des petits exercices pour vous déstresser.

Selon une étude de Deloitte, on dénombre plus de 20.000 applications de santé mentale. Les téléchargements ont explosé pendant la période du Covid. Le confinement, l’isolement, la difficulté d’accéder à des séances classiques de psychothérapie, ont fait exploser les téléchargements. Certaines applications comptent aujourd’hui plusieurs millions d’utilisateurs. C’est devenu un vrai business estimé à 500 millions de dollars.

Un business qui pose question

La fondation Mozilla a enquêté sur ces applications. Les conclusions de l’étude sont assez catastrophiques. Ces applications ne seraient pas toujours très respectueuses de la vie privée. 

Sur 32 applications étudiées, à peine 4 respectent les standards en matière de protection des données. Les 28 autres applications sont rangées dans les catégories creepy, donc flippantes ou super creepy, super flippantes.

Certaines applications utilisent les données de leurs utilisateurs à des fins publicitaires. C’est le cas de Woebot. Woebot c’est un chatbot, vous allez pouvoir chatter avec ce robot dont les conversations sont des scripts écrits par une intelligence artificielle. Woebot se décrit comme "un allié personnel en matière de santé mentale qui vous aide à vous sentir à nouveau vous-même". Sauf que Woebot profite de cette séance de psy virtuelle pour siphonner vos données privées (adresse mail, numéro de téléphone mais aussi les conversations intimes que vous avez avec votre robot). Ces données très privées, qui permettent de vous profiler, sont ensuite revendues à des annonceurs.

L’application Rainn, qui a été créée pour permettre aux victimes d’abus sexuels de dialoguer entre elles, n’aurait pas mis en place suffisamment de dispositifs pour protéger l’identité des utilisateurs et donc des victimes. Il s'agit là plutôt de mauvaise gestion technique, mais c’est interpellant. Des applications comme BetterHelp ou Talkspace ont aussi été épinglées. Elles permettent de dialoguer avec des thérapeutes. Mais elles collectent aussi les retranscriptions des conversations, ce qui pose question au niveau de la protection du secret médical.

Peut-on télécharger ces applications en Belgique ?

Le rapport de la fondation Mozilla concerne plutôt des applications américaines. Mais certaines sont disponibles chez nous.

Donc, prudence si vous vous tournez vers ce type d’outils !

En Europe, nous avons la chance de disposer d’une législation plus protectrice de la vie privée, qui s’appelle le GDPR et que les grandes plateformes doivent aussi respecter, souligne Gilles Quoistiaux.

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