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Faut-il encore construire une nouvelle centrale à gaz aux Awirs ?

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Avec la crise ukrainienne et l'explosion du prix du gaz, cela a-t-il encore un sens de construire une centrale TGV neuve aux Awirs ? Sur cette question, Engie ne donne pour l'instant aucune réponse. Nous nous sommes heurtés à un black-out complet. 

Engie estime ne rien pouvoir dire de pertinent avant... le 17 ou le 18 mars. Entretemps, au niveau fédéral, on discute d'une éventuelle prolongation du nucléaire belge. Pour le professeur Damien Ernst, de l'Université de Liège, cette non-réponse d'Engie est en soi un indice. 

"C'est significatif. Parce qu'il faut voir aussi si Engie va toujours construire cette nouvelle centrale au gaz si le nucléaire est prolongé. La volonté de ne pas commenter avant le 18 mars montre que du côté d'Engie, c'est toujours possible de prolonger les centrales nucléaires. Il n'y a aucune autre raison pour laquelle ils ne commenteraient pas ce dossier.

D'ailleurs, c'est un secret de polichinelle dans le milieu de l'énergie : tout le monde y sait que maintenant Engie a changé son fusil d'épaule et est prêt à envisager à nouveau la prolongation de deux - voire plus - réacteurs  nucléaires." 

Le professeur Damien Ernst souligne un autre problème qui risque de se poser à Engie : c'est l'inflation. "Le problème, c'est qu'il est très difficile de mener des projets de construction complexe en période d'inflation. Parce que dans ces périodes, il y a aussi souvent des difficultés d'approvisionnement en composants et en matériaux. Ces projets prennent du retard.

Et puis souvent, quand il s'agit d'ingéniérie complexe, on fait appel à des sous-traitants. On négocie un prix des mois ou des années auparavant. Et parfois, au moment de la réalisation, le prix est devenu trop bas. Le sous-traitant n'arrive plus à honorer ses contrats, risque la faillite et vous devez aller vers d'autres compagnies. 

Tout ça me laisse penser que construire des centrales au gaz et commencer à les construire mi-2022 pour les terminer fin 2025 risque d'être extrêmement problématique. La sécurité d'approvisionnement du pays en électricité est plus menacée que jamais."

Pour ce qui est de la vieille centrale à biomasse des Awirs, celle qui doit être remplacée par la nouvelle centrale à gaz, Engie confirme que le démantèlement a bel et bien commencé. Celle-là, il inutile de songer à la relancer.

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