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Fata morgana, un mirage en mer : une nouvelle explication pour le naufrage du Titanic ?

Dessin représentant le naufrage du paquebot "Le Titanic", dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 dans l'Atlantique nord, après avoir heurté un iceberg au cours de son voyage inaugural.

© AFP

15 avr. 2022 à 14:05Temps de lecture2 min
Par Jean-François Herbecq

Le paquebot, réputé insubmersible, a coulé il y a 110 ans. On sait que le Titanic a violemment heurté un iceberg au large du Grand Banc de Terre-Neuve causant la mort de 1500 de ses 2200 passagers. Une équipe de Météo France s’est penchée sur les circonstances climatiques de la nuit de l’accident, du 14 au 15 avril 1912, et a publié ce jeudi des données qui fournissent une nouvelle explication au drame.

Les spécialistes ont toujours pointé plusieurs causes à la catastrophe : la vitesse trop élevée du paquebot, 41 km/h, malgré la présence signalée d’icebergs, ce qui a réduit sa marge de manœuvre, mais aussi des erreurs de la part des veilleurs et enfin une mauvaise organisation des évacuations et la présence de trop peu de canots de sauvetage.

Des défauts de conception du navire et un incendie qui couvait dans la soute à charbon ont aussi été évoqués.

La question centrale reste de comprendre pourquoi l’équipage n’a pas réussi à éviter cet immense bloc de glace, un obstacle de 30 mètres de haut. La vigie, postée sur la passerelle supérieure à 23 mètres hauteur aurait dû l’apercevoir de très loin compte tenu du fait que ce soir-là la visibilité était excellente : il n’y avait pas de brouillard, ni de vent, de vagues ou de courants.

Fata Morgana : mirage marin à l’horizon

Pour mieux comprendre cela, l’équipe de Météo France s’est replongée dans les données atmosphériques et océaniques de l’époque.

"Le Titanic est au centre d’un vaste anticyclone. Il fait très beau, il n’y a pas de vent, pas de nuages, le temps est parfait", explique Marie-Hélène Pépin, du département documentation de Météo-France à France Inter.

Et c’est justement ce beau temps qui est peut-être à l’origine de l’erreur des hommes de vigie.

Il fait bon en ce printemps 1912 et des températures clémentes ont fait se détacher plus d’icebergs que de normal des glaciers du Groenland et de la Terre de Baffin. Et ceux-ci dérivent plus au sud qu’à l’habitude.

L’eau reste froide en surface dans ces régions mais l’air est plus chaud. Et cela peut générer des mirages.

Il existe une différence notoire entre les mirages sur terre, dits inférieurs car ils apparaissent sous la ligne de l’horizon, reflétant par exemple le ciel ou des arbres, et puis les mirages en mer, dits mirages supérieurs et encore appelés Fata Morgana ou Fata Bromosa, au-dessus de la ligne d’horizon. Ces derniers reflètent alors plutôt ce qu’il y a à la surface, à savoir la mer qui se présente alors comme une masse de brouillard.

Un faux horizon se forme alors, plus élevé que le vrai, cachant ce qu’on aurait pu apercevoir.

Ici les conditions semblent réunies pour générer ces mirages supérieurs. Non pas de la vraie brume ou un brouillard, mais un mirage de brume. Les hommes de vigies ont pu voir cela, qui leur cachait sans doute la réalité : un iceberg.

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