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Fanfares ouvrières & Puits énergétiques du futur

Fanfares ouvrières & Puits énergétiques du futur
13 juin 2020 à 12:00Temps de lecture6 min
Par Fabienne Vande Meerssche

Ce samedi 13 juin 2020, Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans LES ECLAIREURS : Chloé Ponsart, Ingénieure civile, Project Manager chez Emphase Environnement et Lauréate 2020 des Hera Awards dans la catégorie " Sustainable Engineering " & Elise Van Schingen, Harpiste et Doctorante en Musicologie à l’UClouvain.

DIFFUSION : samedi 13 juin 2020 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 14 juin 2020 à 23h10’

 

 

 

 

Chloé Ponsart

Chloé Ponsart

Chloé Ponsart est Ingénieure civile et Project Manager chez Emphase Environnement. Cette PME située à Mons est spécialisée dans l’optimisation des ressources techniques et financières des bâtiments, des infrastructures et des process. Chloé y avait fait un stage lors de ses études et y travaille depuis août 2019.

Fanfares ouvrières & Puits énergétiques du futur

Chloé Ponsart est titulaire d’un Master d'Ingénieure civile en Génie électrique à la Faculté Polytechnique de Mons (UMons) dans le cadre duquel elle a réalisé un mémoire intitulé " Valorisation économique d’un système de stockage gravitaire d’énergie électrique placé en carrière immergée ". Cette recherche lui a valu d’être la lauréate des Hera Awards 2020 dans la catégorie " Sustainable Engineering ".  

Carrière immergée

Dans ce mémoire, Chloé Ponsart réfléchit à la possibilité d’utiliser les carrières wallonnes désaffectées comme puits énergétiques pour palier l’indisponibilité, en flux continu, des énergies renouvelables produites par des technologies telles que les panneaux solaires ou les éoliennes.

En effet, l’instabilité de la météo -notamment- limite la production de ces énergies renouvelables et empêche de baser la totalité de la consommation énergétique sur de telles technologies. Actuellement, cette intermittence dans la production des énergies vertes est donc compensée par la mise en marche ponctuelle d’unités de production électrique utilisant des ressources fossiles- en d’autres termes des batteries chimiques polluantes.  

Fanfares ouvrières & Puits énergétiques du futur
Fanfares ouvrières & Puits énergétiques du futur Libre de droits
Stockage gravitaire par masses immergées

Pour pallier ce problème, Chloé Ponsart a étudié la faisabilité physique et financière d’une solution alternative : le stockage gravitaire par masses solides immergées dans l’eau des carrières wallonnes désaffectées.

Le stockage gravitaire par masses immergées est une solution imaginée et brevetée par Christophe Stevens de la société SinkFloat Solutions. Le principe est le suivant : quand il y a un surplus d’énergie, un moteur remonte des masses immergées en profondeur. Ces blocs solides ainsi remontés à une certaine hauteur possèdent une énergie potentielle qui peut être restituée, en les redescendant à leur position initiale. A la demande, ces masses solides sont donc redescendues dans les profondeurs, entrainant le moteur qui libère ainsi leur énergie sous forme d’électricité.

Pour réfléchir aux possibilités d’utilisation concrète de ce système énergétique alternatif dans les carrières, Chloé Ponsart a d’abord identifié les meilleurs matériaux à utiliser pour minimiser les nuisances environnementales. Le but est, en effet, d’offrir le choix entre un matériau conventionnel comme le béton, et des matériaux issus de la filière de recyclage tels que les gravats. Dans cette perspective, Chloé développe aussi les composants électriques et physiques qui constituent le système complet ainsi que leur coordination.

Elle a ensuite envisagé la viabilité financière d’un tel système de stockage. Dans le cadre d’une utilisation locale, le but de l'auto-consommation est de diminuer le renvoi, par les entreprises, de surplus d'énergie renouvelable (au prix du marché de gros) en la stockant pour la consommer lorsque la production renouvelable est insuffisante pour couvrir la charge appelée. Cela permet ainsi d’éviter l’achat de l'électricité manquante au prix du fournisseur (prix du marché de gros auquel s'ajoutent les coûts de transport ainsi que les différentes taxes et plus-values).

Dans le scénario d’une intégration de ce système de stockage au réseau et au marché de l’électricité, l'idée est de maximiser sa rentabilité en stockant l'électricité sous forme d'énergie gravitaire lorsque les prix du marché sont bas et de la restituer au réseau quand ces derniers sont élevés.

Dans ces deux scénarios d’utilisation, analysés via différents exemples, Chloé Ponsart estime la durée d’amortissement des installations de ce système à dix ans, pour une durée de vie de quarante ans.  Autrement dit, ce système énergétique alternatif semble constituer une solution d’avenir durable et rentable.

Par conséquent, Chloé Ponsart clôture son mémoire sur la suggestion d’adapter le cadre législatif wallon dans le contexte des " communautés énergétiques ".

Pour la vidéo HERA Awards sur le mémoire de Chloé Ponsart, cliquez ici.

HERA Awards Sustainable Engineering 2020 - Lauréate : Chloé Ponsart

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Consultez au format PDF son mémoire " Les carrières wallonnes, puits énergétiques du futur ".

 

Actuellement, Chloé Ponsart souhaite réaliser un prototype de son projet d’étude et est à la recherche d’investisseurs pour lancer sa propre start-up.

Elise Van Schingen

Elise Van Schingen

Elise Van Schingen est Harpiste et Doctorante en Musicologie à l’UClouvain.

Elise est titulaire d’un Master du Conservatoire supérieur de Namur en section instrumentale, option harpe, et d’un second master en Musicologie à l’UClouvain. Depuis 2015, elle mène une recherche doctorale grâce à une bourse octroyée par le FNRS.

Ses recherches portent sur les sociétés instrumentales (harmonies et fanfares) qui se sont développées dans le milieu industriel des charbonnages, en Belgique à la Belle Époque (1870-1914).

Évolution du nombre d’harmonies et fanfares en Belgique entre 1853 et 1924

Du XIXe siècle jusqu’au début du XXe siècle, la Belgique connait une évolution exponentielle des sociétés musicales amateures, voyant le nombre d’harmonies et de fanfares se multiplier à une vitesse ahurissante : leur nombre passe de 59 en 1810 à 2633 en 1914 !  Avant la première guerre mondiale, un belge sur 59 est musicien dans une société musicale Ceci représente plus de 130 mille musiciens !

Fanfare de Flénu

Si de nombreux éléments expliquent l’émergence de ces groupes musicaux, notamment l’évolution de la facture instrumentale et de l’édition musicale, ils ne sont pas les seuls. Plus rarement mis en perspective, l’essor industriel peut aussi apporter un éclairage sur l’épanouissement de ce mouvement, tant en Belgique que dans d’autres régions industrialisées (le Nord-Pas-de-Calais en France, la Ruhr en Allemagne, etc…).  Les zones géographiques où la densité des sociétés musicales est la plus importante correspondent aux régions industriellement développées. En Belgique, les régions riches en industries charbonnières, métallurgiques et textiles font figure de proue dans ce domaine musical. Pourquoi les harmonies et fanfares émergent-elles majoritairement dans ces régions industrielles ? L’essor économique impacte-t-il celui des sociétés musicales ? 

Carte des harmonies et fanfares belges en 1853

Dans une perspective paternaliste, les entrepreneurs industriels diversifient leurs activités dès le milieu du XIXe siècle en se penchant sur le bien-être ouvrier. Des établissements scolaires et sociaux sont créés : athénée, école industrielle, coopérative alimentaire, hospice, logement, etc. Une fois ces investissements " utilitaires " effectués, se pose la question des loisirs :  comment détourner les ouvriers des cabarets, bars ou autres lieux de débauche ??

Fanfare ouvrière l’Avenir de Frameries

À une époque où le sport n’est pas encore populaire, la pratique musicale s’impose comme une évidence ! Certaines usines décident de soutenir une société instrumentale ou chorale. Ce partenariat est décisif pour beaucoup de sociétés musicales, notamment pour les infrastructures et le financement des activités. La récession économique de l’entre-deux-guerres, accompagnée de la fermeture de nombreuses usines, sonne d’ailleurs le glas pour beaucoup  de ces phalanges musicales.

Le Charbonnage de Bois-du-Luc

Il existe donc un lien concret entre l’ouvrier, l’usine et la musique ; un lien qui dans certains cas s’avère déterminant : l’Harmonie des Charbonnages de Mariemont et de Bascoup et la Fanfare des Charbonnages de Bois-du-Luc (charbonnage classé à l’UNESCO) en sont des exemples éloquents. Les archives administratives inédites de ces deux sociétés permettent d’étayer les liens sociaux, musicaux et professionnels. Les archives musicales, quant à elles, nous permettent de reconstruire une partie méconnue du paysage sonore de la fin XIXe- début XXe siècles.

Elise Van Schingen a notamment participé notamment au congrès international de l’Historic Brass Society en 2017 à New-York. Elise a obtenu en 2019, le Prix du soutien à la recherche de l’Observatoire des politiques culturelles de la Fédération Wallonie Bruxelles.

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