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Familles à vélo : à quand suffisamment d'infrastructures cyclables en Wallonie et à Bruxelles ?

Familles à vélo : à quand suffisamment d'infrastructures cyclables en Wallonie et à Bruxelles ?
04 mai 2022 à 11:24 - mise à jour 04 mai 2022 à 12:313 min
Par RTBF La Première/Marie-Laure Mathot

Qu’est-ce qui va permettre aux familles d’enfourcher leurs vélos ? Les pistes cyclables bien sûr ! Et malheureusement, elles sont souvent manquantes. Un constat qui concerne surtout la Wallonie. Explications avec Marie-Laure Mathot, journaliste du Ligueur.

Un exemple ? Bénédicte habite le village de Léglise, en province du Luxembourg, avec son mari et ses deux filles. Elle aimerait que la famille puisse se déplacer à vélo, mais elle constate le manque absolu d’infrastructure, de pistes cyclables disponibles et entretenues. C’est typique de ce qu’on retrouve en Wallonie : de grandes nationales qui traversent les villages, où les voitures sont censées faire du 50 mais roulent à 90 et où il n’y a que des petits trottoirs, bien souvent utilisés comme parking.

Dans ces conditions-là, on n’a pas très envie de se déplacer à vélo, surtout avec ses enfants.

Tout à l’auto !

C’est exactement le constat que fait l’Iweps dans une récente étude. L’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique fait le lien entre infrastructures et moyens de transport.

On peut dire que la Wallonie c’est 'tout à l’auto'. Trois quarts des déplacements se font d’ailleurs en voiture dans le sud du pays, que ce soit pour aller à l’école, au travail mais aussi pour les loisirs ou pour aller faire ses courses.

La plupart des centres d’activités se trouvent aujourd’hui en périphérie des villes wallonnes, dans de grands zonings. Et on y arrive comment ? Par des grand-routes, accessibles seulement en voiture. Parfois peut-être en bus…

Mais même là, les tarifs ne sont pas toujours adaptés. Bénédicte nous explique par exemple que sur les 9 km qui séparent l’arrêt de bus à côté de sa maison à Neufchâteau, le bus traverse trois zones TEC. C’est donc l’abonnement le plus cher pour 25 minutes de trajet.

La solution passe-t-elle par le Ravel ?

Pourtant, on fait du vélo en Wallonie. Le Ravel, par exemple, est un réseau formidable pour rouler en toute sécurité. Les points-nœuds se répandent aussi petit à petit, ainsi que les routes Eurovélo.
Mais ce sont des itinéraires de cyclotourisme, ce ne sont pas des chemins directs pour des trajets au quotidien.

Une analyse récente de la Cour des Comptes regrette que la Wallonie ait choisi le Ravel comme rôle central de la stratégie cyclable, parce que ce réseau n’est pas adapté pour avoir un rôle structurant. Autrement dit, on ne va pas perdre 10 minutes à prendre le Ravel le matin pour se déplacer.

La Cour des Comptes, assez sévère, pointe aussi le manque d’articulation entre les politiques menées à l’échelle régionale et celles menées par les communes. On se retrouve avec des pistes cyclables sur certaines routes et puis plus rien, parce que le réseau n’a pas été pensé entre les différents niveaux de pouvoir.

Et à Bruxelles ?

A Bruxelles, le tournant a été amorcé. Pendant la crise sanitaire et les confinements, une quarantaine de kilomètres de pistes cyclables ont été construites, créant un réseau continu, ce qui n’était pas du tout le cas avant.

Le Gracq, le groupe des cyclistes quotidiens se réjouit de ces avancées mais espère obtenir des réaménagements encore plus complets, pour assurer davantage d’espace et de sécurité aux cyclistes, explique Florine Cuignet, chargée de politique pour Bruxelles.

Ces pistes cyclables sécurisées sont de vrais produits d’appel. C’est de la place récupérée pour le cycliste sur la voirie. Ça met davantage de gens en selle et c’est un bon indicateur pour les pouvoirs publics, parce qu’on voit qu’il y a une vraie demande.

Une nécessaire transition énergétique et environnementale

La demande est aussi en réponse à l’augmentation des prix des carburants que l’on connaît aujourd’hui.
L’Iweps le dit aussi dans son étude :

Vu les prix de l’énergie, il est complètement aberrant que des citoyens soient actuellement contraints d’utiliser leur voiture.

Et même en dehors du fait qu’on n’a pas forcément envie de se ruiner en finançant le pétrole de Poutine, il y a tout simplement le fait qu’on pollue moins à vélo. Et là encore, l’Iweps insiste sur la nécessaire transition énergétique et environnementale : la Wallonie va "payer le prix d’une inertie collective à ne pas vouloir changer de modèle, le prix du déni climatique et des limites physiques de la Terre."

Autrement dit : tous à vélo !

Le Ligueur vous donne d’ailleurs plein de filons dans ce grand dossier : des masses critiques, manifestations cyclistes spécialement faites pour les enfants, des idées de cours pour apprendre à rouler dans la circulation, un topo des équipements les plus adéquats pour les différentes architectures de famille. Mais aussi des initiatives à découvrir à Bruxelles et à Charleroi.

Tendances Première : Les Tribus

Les familles à vélo : quid des infrastructures cyclables en Wallonie et à Bruxelles ? Avec Le Ligueur

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