Belgique

Facture énergétique : le gouvernement doit cesser de jouer au ping-pong, selon François De Smet (DéFI)

François De Smet (DéFI)

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11 sept. 2022 à 11:52Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par Alain Lechien

Le président de DéFI, François De Smet a lancé dimanche un appel aux partis de la coalition gouvernementale et à l’ensemble du monde politique pour que la Belgique se dote d’un plan énergétique sur 25 ans. Dans l’immédiat, le gouvernement doit passer à l’action dès les prochains jours et cesser de se réfugier derrière le Codeco ou l’Union européenne, a-t-il dit, devant les militants de son parti réunis à Wavre en Université d’été.

"Cela ne peut plus durer….Ce ping-pong de bonnes intentions sans actions est insupportable", a commenté le président des amarantes, lors d’une allocution de clôture d’une matinée consacrée à la mobilité et au troisième volet de mise à jour programmatique du parti consacré à l’esprit d’entreprendre.

François De Smet s’est montré assez critique par rapport aux pistes avancées récemment dans le dossier énergétique notamment celle d’un report de remboursement de crédit hypothécaire évoquée par le Premier ministre De Croo sur fond de limites de capacités financières de l’Etat.

"Venir dire aux ménages qui se retrouvent avec des factures de 8000 euros par an qu’ils vont pouvoir étaler leurs factures ou reporter quelques tranches de crédit hypothécaire, c’est une forme de renoncement", a commenté le président de DéFI.

Pour celui-ci, si la Commission européenne peut rapidement plafonner les prix du gaz, c’est toujours cela de pris, mais cela ne dispense pas la Belgique d’agir tout de suite sur le prix de l’électricité. Elle doit donc immédiatement fixer un tarif plafonné et limité, par exemple pour une consommation normale, pour les simples citoyens consommateurs. Cela évite de devoir aller récupérer après coup des montants qui n’auront pas été dépensés. Ce tarif doit aussi bénéficier aux entreprises, sur la base de leur consommation moyenne, afin de soulager les PME, a-t-il souligné.

"Il faut une solution cette semaine", a insisté M. De Smet.

Le président de DéFI souhaite plus largement la mise sur pied d’un plan énergétique sur 25 ans reposant sur trois piliers : le renouvelable, le nucléaire et la modération énergétique.

François De Smet plaidait il y a un an pour le maintien des deux réacteurs les plus récents. Il estime, en regard de l’évolution de la situation qu’il faut aller plus loin.

"Aujourd’hui, on est en train de se demander s’il ne faudrait pas en prolonger quatre, cinq ou six. Je réponds : oui, bien sûr, si les autorités habilitées estiment qu’il n’y a pas de risque. Mais il faut, de manière résolue, forte et planifiée, investir dès à présent dans la quatrième génération. La Belgique peut jouer un rôle moteur dans cette filière, à condition de s’y investir dès à présent", a-t-il dit.

Pour augmenter l’indépendance énergétique de la Belgique et de l’Europe, il faut en outre accentuer massivement la production d’énergie renouvelable, en poursuivant le développement des parcs actuels, et en investissant dans la mutualisation européenne de ces énergies. Le président de la formation amarante en appelle ainsi à la création d’un marché commun de l’énergie et du climat, sous la forme d’un nouveau "traité de Rome" qui tirerait parti des différences climatiques sur le plan géographique.

Dernier axe : la "modération énergétique". "A l’horizon de 20, 30 ou 50 ans, nous serons confrontés à une forme de décroissance par simple épuisement des ressources fossiles. Les technologies pourront freiner ce mouvement, mais pas l’empêcher. Pour ne pas subir la décroissance, il faut organiser la modération".

François De Smet a reproché aux écologistes et aux libéraux leur attitude exclusive sur l’un ou l’autre pilier de ce plan, certains "par idéologie ou calcul politique".

"L’écologie politique est, aujourd’hui, incapable d’inclure l’énergie nucléaire dans la solution, alors que cette ressource décarbonée est le seul amortisseur dont nous disposons pour pouvoir décarboner nos économies sans drame social. Les libéraux sont incapables d’intégrer le concept de modération énergétique parce qu’ils sont idéologiquement inaptes à imaginer un monde sans croissance infinie… et ils se leurrent en s’imaginant que la technologie viendra nous sauver in extremis face à l’épuisement des ressources…", a-t-il conclu.

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