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Facebook était conscient de la radicalisation politique aux USA, mais n’a rien fait, selon de nouvelles révélations

Facebook était conscient de la radicalisation politique aux USA, mais n’a rien fait, selon de nouvelles révélations

Facebook avait conscience de la radicalisation de nombreux utilisateurs et du flot de désinformation en lien avec l’élection présidentielle américaine de 2020, mais n’a pas réagi en conséquence d’après des documents de la lanceuse d’alerte Frances Haugen, obtenus par différents journaux américains.

Début novembre, quelques jours après le scrutin, un analyste faisait par exemple savoir à ses collègues que 10% des contenus politiques visionnés par les utilisateurs américains de la plateforme étaient des messages assurant que le vote avait été truqué, d’après le New York Times.

Cette rumeur sans fondement, martelée par l’ex-président Donald Trump, a alimenté la colère de nombreux conservateurs et conspirationnistes, qui a culminé avec les émeutes du Capitole le 6 janvier.

"Le voyage de Carol vers Qanon"

Dans la foulée, Facebook, comme Twitter et les autres grandes plateformes, ont banni Donald Trump et les mouvements extrémistes impliqués dans les émeutes. Mais d’après les nouvelles révélations publiées vendredi, des employés du groupe californien estiment qu’il aurait pu mieux anticiper le problème.

Ces informations ont été extraites de milliers de documents internes remis à la SEC, l’autorité boursière, par Frances Haugen. Cette ancienne employée avait déjà fait fuiter des études montrant que Facebook a conscience des problèmes psychologiques des adolescentes surexposées aux vies et corps apparemment "parfaits" des influenceuses sur Instagram.


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Les articles de vendredi évoquent ainsi un rapport intitulé "Le voyage de Carol vers QAnon".

Carol Smith, une "mère conservatrice de Caroline du Nord", était un faux compte créé par un chercheur payé par Facebook pour étudier le rôle de la plateforme dans la polarisation des utilisateurs.

D’après ce chercheur, dès l’été 2019, Carol Smith était exposée par l’algorithme du réseau social à un "torrent de contenus extrêmes, conspirationnistes et choquants", dont des groupes de la mouvance QAnon.

Tentatives de défense

Face à cette nouvelle vague de critiques, Facebook a publié un communiqué rappelant ses investissements conséquents pour assainir ses plateformes et soutenir le processus démocratique. Cette défense a peu de chances de satisfaire des élus remontés à bloc contre le réseau social.

D’autant que le flot de révélations ne tarit pas : un consortium d’une dizaine d’organisations de presse, de CNN au Monde, s’apprête à publier des articles basés sur ces documents, d’après le site spécialisé The Information.


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Un nouveau lanceur d’alerte menace la crédibilité de Facebook

Et un nouveau lanceur d’alerte s’est manifesté, selon un article du Washington Post paru vendredi. Ex-membre de l’équipe d’intégrité civique, il a fait une déposition auprès de la SEC le 13 octobre, où il accuse Facebook de faire passer les profits avant les enjeux humains.

Dans ce document, l’ancien employé relate notamment des propos tenus en 2017, quand l’entreprise décidait de la meilleure façon de gérer la polémique liée à l’interférence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016, via sa plateforme.

"Ce sera un feu de paille. Des élus vont râler. Et d’ici quelques semaines, ils seront passés à autre chose. En attendant on imprime de l’argent au sous-sol et tout va bien", aurait alors déclaré Tucker Bounds, un membre de l’équipe de communication de Facebook.

D’après le Washington Post, le deuxième lanceur d’alerte assure dans sa déposition que les managers de Facebook sapaient régulièrement les efforts de lutte contre la désinformation et les discours haineux par peur de mettre en colère Donald Trump et ses alliés, et pour ne pas risquer de perdre l’attention des utilisateurs, essentielle à ses volumineux profits.

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